01 juillet 2008

Coup de soleil

Bonjour à toutes et à tous,

Je reprends aujourd'hui le clavier pour vous parler du long chemin qui nous mènera doucement mais surement vers notre bonne ville de Reims. Reims, la ville du sacre des Rois de France. Des Rois uniquement, j'entends par là des hommes, comme le dit et l'exige la loi Salique. Reims, la ville du champagne. Celui des victoires attendues ou moins attendues. On se souvient de Jeanne d'Arc bien sûr, bravant les troupes britanniques avec hardiesse pour faire sacrer "son" Dauphin dans la fameuse cathédrale. On se souvient aussi de cette image, que dis-je, cette action héroïque, de femmes et d'hommes de la Croix rouge qui, pendant la première Guerre Mondiale, pour signifier que la cathédrale était désormais transformée en hopital, avaient hissé un drapeau de l'institution au sommet de la tour Ouest de l'édifice sous une pluie de bombes. Non, la capitale de la Champagne n'était pas prise, elle résiste et finalement triomphera de l'adversaire, d'où qu'il vienne ! Plusieurs fois en ruine, Reims s'est toujours relevée envers et contre tout grâce à la force du symbole qu'elle incarne pour le reste de la France. Ville historique, ville résistante, ville de victoire, Reims représente la transition entre notre grand passé et un avenir qu'on espère plus grand encore. C'est pour toutes ces raisons qu'elle devient cette année plus que jamais, en acceuillant le prochain Congrès, le symbole d'un socialisme à la fois ancré dans ses valeurs, tourné vers les Français et surtout vers le XXIième sècle. Vers notre avenir. Et pour y arriver, notre chemin passe, en ce 28 juin 2008, par Paris.

 

Le ciel de la capitale est un peu couvert en ce samedi matin. Ciel sombre, quelques gouttes d'eau nous tombent parfois sur le visage. De la brume plus qu'une averse. Il ne fait pas très chaud, il ne fait pas froid non plus. Un petit vent frais nous caresse la peau au sortir de l'immeuble où nous étions arrivés la veille. De mauvais augure pensais-je en moi-même. Je n'avais pas dormi de la nuit. Les cernes et les poches étaient visibles sous mes yeux que la fraicheur et la volonté permettaient de maintenir ouverts. Cette journée était particulière. Pas parce que nous étions à Paris, pas parce que nous étions à la veille de vacances, pas parce que le hasard du calendrier faisant, ce 28 juin était le jour d'une "autre manifestation", c'était un jour particulier parce qu'on allait enfin savoir. On allait savoir si oui ou non, ça vallait le coup de s'accrocher malgré les désaccords, malgré les contradictions, malgré les débats intérieurs qui devenaient combats puis dégâts, souvent tellement intellectualisés qu'ils n'engendraient dans mon esprit que chaos et destructions. On allait savoir si oui ou non, ça vallait le coup de continuer le chemin et de faire une confiance qui, malgré les apparences, les méthodes et les tempéraments, ne pouvaient qu'être aveugle. Nous demandions, aujourd'hui, à voir, à savoir, à comprendre pour croire. Nous demandions, je demandais, comment. Nous demandions, je demandais, pourquoi. Nous demandions, je demandais, avec qui. Nous marchions, je marchais...

Passage dans le métropolitain, ce monstre souterrain centenaire qui nous ingurgite, nous digère et nous libère à volonté. Sortie Clémenceau ou Invalides ? Le héros d'une guerre attroce ou l'hopital de la Grande armée ? Fondée par Louis XIV et marquée à jamais par l'Empereur qui y repose, l'institution des Invalides est un des premiers exemples d'"Etat providence". Simplement, fondée pour une armée qui ne pu surmonter la Bérézina et Waterloo, elle ruaient aux brancards pour l'honneur d'un pays et d'un homme. Si grande elle était, cette armée n'avaient pas triomphé. Pour la forme donc, nous choisissons Clémenceau et ses Champs Elysées. Le Tigre, ce héros d'une guerre qui déchira les socialistes mais qui su conduire toute la France à la victoire totale. Ce grand homme incompris mais reconnu dont le nom est aujourd'hui associé à la plus belle avenue du monde, couronnée par l'Arc de triomphe et assis sur la place de la Concorde. Nous descendons à Clémenceau-Champs Elysées. (Heureusement que tout le monde ne choisit pas ses sorties de métro de la même façon, n'est-ce pas ? :-) Mais le symbole, ça compte aussi !) Nous marchons jusqu'à cette maison. Non pas le Grand et le Petit Palais à l'architecture admirable, non pas les Invalides que nous saluons à défaut d'y être passés, non pas l'Assemblée nationale, ce temple républicain, non pas non plus le 2-8-2 du Boulevard Saint-Germain qui soulève en nous un vent de nostalgie présidentielle, non pas enfin Solférino, notre maison malgré tout. La maison vers laquelle nous allons a une dénomination technologique pour une déclaration très technique : Maison de la Chimie, rue Saint Dominique. Nous marchons, je marche...

Nous arrivons en même temps que notre hôte dans ce beau batiment. Nous ne la voyons pas, nous ne l'entendons pas, nous observons cette nuée, cette ruée, de caméras et de micros, de journalistes et de cameramen. Il ne fait aucun doute, il n'y a qu'elle pour déclancher une tornade de cette sorte et de cette couleur : blanche, toujours. Habitude oblige, sans trop réfléchir, je sens revenir l'excitation de ses escapades messines. Je m'engouffre, sans élan ni but précis, d'instinct. Je plonge dans le mouvement, je me prépare à jouer des coudes, je vais pousser, j'avance de pied ferme, je...  Je me lance dans cette nébuleuse. Un détail, je n'avais pas de caméra. Les camarades qui m'accompagnaient me tirent pas le col en arrière... Que voulez-vous que je vous dise ? Réflexe lol Cette fois, personne ne m'avait assigné de mission et je n'étais qu'un figurant parmi d'autres. Energique et volontaire certes mais simple figurant d'une pièce dans laquelle mon rôle était de faire acte de présence. Un parmi tant de nombreux autres (1500, je pense). Un militant dont le but était de faire ce que chaque militant sait le mieux faire : applaudir. Dur retour à cette difficile réalité qui, malgré ce que les uns et les autres peuvent dire ou proclamer, n'est toujours là que pour coller des affiches, assurer la claque lors des meetings et signer les textes sans alternative qu'on lui propose. Dur retour à la réalité. Je n'étais là que pour être là. Ceci dit, je ne suis pas déçu, je sais qu'il faut parfois savoir s'applatir. La principal qualité d'un militant est certainement sa capacité à accumuler les humiliations. Je dois rentrer dans le rang, au moins pendant quelques heures, ce n'est que partie remise ! Nous entrons, j'entre...

La salle est grande. Pas très large mais d'une hauteur qui donne l'impression d'entrer dans un cube géant. Les murs sont lisses, d'une pierre ocre tirant sur le jaune pâle aux reflets brillants, certainement du marbre. A intervalles réguliers, des colonnes en bas relief de couleur orangées quadrillent les trois murs de bas en haut. A leurs sommets, des lumières dont l'intensité sera sans cesse modifiée au cours de cette longue présentation. Des éclairages incorporés au coffrage du plafond donneront toute son ambiance à une salle sur deux étages. Le par-terre est plein. Nous nous faisons refouler. Nous montons au premier, toutes les places sont prises : qu'à cela ne tienne, nous nous asseillerons sur les marches ! Nous nous serrerons, nous nous asseillons. Nous n'avons pas à attendre. La lumière se fait vive, la foule se fait remuante, les mains se mettent à claquer, ça commence. Il est dix heures et, pour une fois, elle est à l'heure ! Pourvu que ça dure. Autour de moi, des gens de tous âges et de tous sexes. Je suis bien encadré, je ne pourrai pas bouger pendant 4 heures, je ne pourrai pas même étendre mes jambes. Terrible. Dans le public, quelques fanatiques comme toujours, malheureusement, lançant des "Ségolène Présidente", chantant a capella et en choeur "Tous Unis", l'hymne de la campagne passée. La campagne du passé devrais-je plutôt dire, les hymnes du passé, les slogans de l'an passé... Je suis géné. Ces gens, certainement plein de bonnes intentions, me gènent. On fait tellement d'efforts pour travailler sérieusement, être nuancés, bref, on fait tellement d'efforts pour être crédibles aux yeux d'une certaine gauche comme aux yeux des Français, il serait dommage que la presse et ceux qui la lisent, écoutent et regardent, ne voient que cet aspect de la réunion. Ségolène leur adressera d'ailleurs une remarque qu'ils n'entendrons pas et qu'elle m'avait déjà faite à Metz en Février quand j'évoquais "la ferveur" : "Pas de nostalgie, droit devant toujours". Elle l'a redit dans son discours de samedi et avec ces mêmes mots. Il serait temps qu'ils s'aperçoivent du discrédit qu'ils nous jettent, sur nous, sur moi en tout cas, qui essaye d'avoir un jugement raisonné, sain, et de faire un vrai travail, sur Ségolène dont les ennemis de tous bords ne perdent jamais une seule occasion de caricaturer ses soutiens... Nous. Ceci-dit, ces quelques supporters n'étaient qu'une poignée et je ne sentais pas le reste du public dans cet état d'esprit. Comme moi, ils semblaient être présents pour écouter. Ils étaient enthousiastes et joyeux certes mais surtout impatients. Nous attendons, j'attends...

La présentation de la contribution commence. Après une standing ovation de près de 5-10 minutes, Ségolène Royal se fait Madame Loyal. Elle nous présente son équipe qui nous présentera sa contribution. La scène est haute. Une toile blanche servira aux projections. Derrière celle-ci, de lourdes rideaux aux plis prononcés tombent au raz de la scène. Les lumières lui donneront d'abord une couleur violette puis bleue et enfin, au moment où Ségolène s'avancera vers le pupitre, un rouge intense. Effet garanti. De part et d'autre du micro sont disposés cinq fauteuils ocres pour elle et son équipe. Après un petit film sur la confection de la contribution et sur le travail en France, Ségolène ne quittera plus la scène et fera défiler, en les présentant, chaque oratrices et orateurs, un par un, pour de brèves intenventions thématiques. David Assouline, qui ne prendra pas la parole fait des va-et-vient entre la scène et le public. Apporte eau et missives. On en saura pas plus. Tout commence avec le délégué CFDT Arcelor-Mittal. On prend nos aises, j'avais déjà pu le croiser lors de sa rencontre avec la socialiste en février. Gandrange est à quelques kilomètres de chez moi, leurs problèmes sont notre lot quotidien. Ségolène choisit de faire le tour de France en commençant par la Lorraine. Ca fait d'autant plus plaisir que notre région est très bien représentée sur scène (les députés Mosellans Liebgott et Filipetti) comme dans la salle où le comité Moselle d'avenir, dont je suis, a su se faire entendre. S'en suit une fabuleuse, et je pèse mes mots tant je l'ai dégustée, intervention d'Ariane Mnouchkine. Je ne saurais la retranscrire ici, j'en suis incapable. A la limite de la politique et de la philosophie, au summum de la rhétorique, sans élever la voix, elle nous a parler de l'Etat providence, de la démocratie et du peuple. Si l'intervention a été filmée, je vous conseille vivement de l'écouter ! Un pur plaisir. Edwy Plenel, le collectif "Sauvons la recherche" et d'autres ont suivi. Je retiens Delphine Batho, qui nous a parler de sécurité de façon très professionnelle malgré l'émotion visible. Je retiens Jean-Pierre Mignard qui a littéralement enflammé la salle par ses talents de tribuns. Je retiens enfin, et surtout, Thomas Piketty. Il n'a pas de talent d'orateur particulier mais il nous a présenté une "révolution fiscale' clef en main : les retraites, la sécurité sociale, l'impot, tout y passe. La droite n'a qu'à bien se tenir. Le pacte présidentielle est totalement dépassé. Concrètement, sans grandes déclarations ni grands mots, sans injonctions ni anathèmes contre d'autres socialistes, Ségolène propose. De mémoire, je ne crois pas qu'on ait entendu un discours aussi technique de la part d'un leader d'opposition depuis bien longtemps. On sentait le travail, on sentait le concret, on sentait le solide. J'aime ça ! Il est bien loin le temps des expressions toutes faites et répétées jusqu'à overdose. Il est bien loin le temps où on avait autant les yeux sur les sondages que sur le guidon. Il est bien loin le temps du soutien irrationnel. Deux ans se sont écoulés et le tableau est aujourd'hui tout autre. On savait désormais où on allait, je sais...

Ségolène n'aura pas tellement parlé pendant ce meeting. Une demi heure tout au plus et c'est bien comme ça. Elle a mis en avant son équipe, chose qu'elle avait du mal à faire auparavant. Elle a mis en avant des idées travaillées et concrètes qui répondent aux vraies préoccupations des Français autant que des socialistes. L'organisation était bien meilleure que d'habitude. L'ambiance finale était soulagée, joyeuse et "combattive" selon le terme consacré. Je ne crois pas que quelqu'un soit sorti déçu de la salle. Il fallait vraiment être très difficile ou d'une mauvaise foi totale. Même ceux qui ne la portent pas dans leur coeur peuvent reconnaitre le sérieux du travail réalisé depuis bientôt un an. Je ne suis pas toujours gentil avec elle, souvent critique même. Je ne dis pas aux autres ce qu'ils doivent penser. J'essaye plutôt de poser les questions qui fâchent en général. Je n'hésite pas à défendre des points de vue différents sur un certain nombre d'idées et de grands principes. Je sais dire quand je ne suis pas d'accord et j'accepte la différence. Mais je ne peux qu'approuver un tel discours aujourd'hui. Concernant les divergences que j'ai avec Ségolène, elle semble avoir évoluée. Sur les alliances, elle a mis un peu d'eau dans son vin, elle n'a pas parlé d'alliance avec le "modem". Elle n'a d'ailleurs pas prononcé ce mot. Elle a parlé de rassembler d'abord la gauche pour élargir ensuite à "tous les démocrates". Terme de compromis acceptable à mon sens. Ambigü, certes, mais acceptable. J'aime. Sur l'Europe, autre point de gros désaccord, elle semble avoir repris la position qui était la sienne pendant la campagne. Elle profite du Non Irlandais au Traité de Lisbonnes pour en appeler à l'Europe par la preuve, celle des projets, à plus de démocratie européenne aussi et à une Europe plus proche des gens. Il faut laisser le problème des institutions de côté et, quand il en sera de nouveau question, il faudra associer les citoyens de tout le continent à la fois à son élaboration et à sa ratification par le biais d'une consultation européenne. Exit le Traité de Lisbonnes, exit la question de la ratification parlementaire et le passage en force qu'elle avait pourtant cautionné. J'aime. Pas de provocation à noter non plus, ni sur le marché ni sur l'individualisme. Même si elle le pense certainement toujours, elle ne croit pas bon de l'exhiber. On s'en accomode. Bref, sur tous les points de heurt, elle arrive à trouver un terrain d'équilibre. Sur ceux de fond, elle arrive à clarifier sa pensée et à l'enrichir considérablement. Sur la participation, il reste encore un chemin à faire, même si la mise en avant de son équipe et de sa contribution écrite à "3000 mains" a franchement de la geule ! J'aime.

 

Nous sommes sortis satisfaits de cette réunion. J'en suis sorti content. Très fatigué mais content. Je n'avais pas fait tout ça pour rien. Je n'étais pas ridicule. L'honneur est mieux que sauf, il était gratifié. On se sent fort dans ces moments. Ca s'éclaircit dans mon esprit et le Soleil cogne sur ma tête. Il est bientôt 14h. Je me tape un gros coup de Soleil. Comme à chaque fois qu'on croise Ségolène... Au final, je pense que si les militants se basent vraiment sur les contributions, sur le fond, comme ils le proclament. S'ils veulent vraiment défendre un texte cohérent qui donne au Parti Socialiste tout à la fois une vision et des solutions concrètes. S'ils arrivent à sortir des hypocrisies, des petites phrases et des faux débats que certains leur imposent. S'ils arrivent à mettre leurs aigreurs de côté et savent remettre leurs ego dans la poche. S'ils veulent prendre la peine de lire la contribution avant de la critiquer avec tous les a priori que cela comporte, alors la motion qui en découlera sera très certainement majoritaire tant elle est sérieuse. J'espère que les militants sauront être responsables et que le Parti Socialiste fasse de Reims une ville historique pour la Gauche en hérigeant une femme à sa tête, une ville résistante au Sarkozysme grâce à une équipe soudée, renouvelée et organisée et, en définitive, une ville de victoire pour la Gauche toute entière ! C'est pour cela que j'ai choisi de "Combattre et de Proposer" avec Ségolène Royal !

A critiquer volontier !

Thomas.

07 juin 2008

La Tapitude

Bonjour à toutes et à tous,

Article décoiffant aujourd'hui ! En effet, il est un jour où chacun est obligé de se retrouver à TapetteLand... Ils appellent ça la "Gay Pride". Un des jours certainement les plus ridicules de l'année où toutes sortes de pédés arrivent en groupes de toute la région habillés en rose bonbon avec dix tonnes de gel sur la tête (ailleurs, c'est pour le soir seulement... quoi que, chez les pédés ya pas d'heures pour baiser...C'est leur sport favori). Ils appellent ça une "manifestation" et ils n'ont apparament honte de rien. Normal me direz-vous, c'est la Pride... Même si utiliser pareil mot pour pareille chose lui enlève toute sa noblesse. Est-ce à dire qu'ils sont fiers d'être des gueux aussi ? A voir.

 

Cette "Gay Pride" est sensée être une manifestation. Une "marche des fiertés" c'est à dire une manifestation sans but sinon celui de se retrouver entre tapettes et de crier au monde qu'ils le sont. Comme si on avait besoin d'une manifestation pour ça. Ils sont fiers d'être gay, mais juste quand ils sont plusieurs dizaines à le dire ? Etrange conception. Etrange conception aussi d'être fier de coucher avec des gens du même sexe. Non que la chose soit condamnable, ce n'est pas moi qui vait écrire cela, mais voit-on les hétéros manifester pour crier qu'ils sont fiers d'être hétéros ? Voit-on les jeunes manifester pour dire qu'ils sont fiers d'être jeune ? Voit-on les croyants manifester pour dire qu'ils sont fiers de croire ? C'est tout simplement ridicule. Quand on est humain, on a pas à manifester pour dire qu'on en est fier. On l'est, simplement, c'est tout. Quand on a pas de problème avec ça, alors ceux qui nous entourent et qui nous cotoient n'en n'ont pas non plus. La question de la sexualité devient un problème pour les autres quand c'est un problème pour la personne concernée. J'irais presque jusqu'à dire que ceux qui manifestent sont certainement les gens qui ont pour partie le plus de problèmes avec ça... Dois-je le dire ? Allez, oui, je le dis ! Ceux qui manifestent aujourd'hui sont ceux qui ont le plus de difficultés à vivre simplement leur différence.

Une manifestation vous dites ? Il faut intégrer, pour tenter d'essayer de les comprendre, que les gays ont peur de l'extérieur et voient toute personne qui les critiquent comme des homophobes. Ce comportement confine à la parainoia, pour pas dire à la xénophobie dans le premier sens du terme : la peur de l'étranger. Je me suis moi-même fait traiter d'"homophobe" parce que j'ai vivement rembarré un soit disant militant associatif distribueur de flyers... Quand on connait ma situation, ça fait rire. Et la seule chose qui lui est venu à l'esprit n'était pas de répondre sur le fond mais de m'insulter. Ils n'ont que ce mot là à la bouche vous dis-je ! Testez, vous verrez, ça marche à 90%, si ce n'est plus ! Pour revenir à ce que je disais plus haut, il existe tout de même une autre marche des fiertés. Oui, au premier mai, à Paris. La fierté d'être Français ! Tout aussi ridicule que la Gay Pride : pourquoi doit-on manifester pour dire qu'on est fier d'être Français ? On est Français, tout simplement. Le point commun entre les deux types de manifestants, c'est la peur du monde, la peur de l'autre, la peur des autres et l'enfermement sur soi dans un monde coupé des réalités. A force de ne voir que des gays, beaucoup ne sortent plus de leur bulle. D'où la méconnaissance de l'autre, d'où la peur, d'où la haine. On appelle cela le communautarisme et pas moins que le communautarisme religieux ou ethnique, le communautarisme sexuel est dangeureux pour la nation et pour la seule communauté qui vaille dans notre pays : la communauté nationale. En France, je ne vois que des Français !

Une manifestation revandicative parait-il ! Ils prétendent revandiquer des droits ? Mais au nom de qui ? Les gays seraient-ils une catégorie à part de la population qui devrait avoir des droits particuliers ? Je n'ai jamais compris la propension que les gays ont à parler au nom de tous. Comme si tous les homos pensaient la même chose ! Et bien moi je le dis, je ne cautionne pas la Gay pride, je ne cautionne pas les pseudos asociations de défenses de pseudo droits. Il y a ceux qui parlent et qui défilent de toutes les couleurs, en tutu rose bonbon avec un chapeau en forme de capote sur des chars à mousse, et il y a ceux qui font vraiment avancer les choses au quotidien, et ceux là n'ont ni gel ni musique électro branchée en permanence, même pas de montre D&G vous imaginez ?! :-o Moi je vous le dis : "NON au mariage gay ! OUI au mariage pour tous !" Le combat pour l'égalité de tous, et non d'un groupe contre d'autres, c'est un combat beaucoup plus noble, tolérant, ouvert que ce genre de masacarades auxquelles les Français sont obligés d'assister, paralysés par la peur de se faire traiter d'homophobes, dépités par l'image déplorable et faussée que cela donne, chaque année. J'ai la conviction que ce type de truc, enfin... cette chose, ce... Bref... J'ai la conviction qu'au lieu de faire avancer leur cause, elle la dessert. Nous ne sommes plus dans les années 70, le fait de vivre librement sa sexualité est acquis. Les gens l'acceptent dans les lieux les plus urbanisés. Les Marches (je n'aime pas le franglais) sont quelque chose d'urbain et ne gagnent plus rien à se produire sinon à braquer les gens contre eux pour les excès commis. Et il y en a beaucoup. Imaginez, le garçon homo vivant au fin fond de sa campagne, qu'est ce que ça lui apporte que quelques travelos défilent à 30 km ? Va-t-il vivre mieux ? Est-ce que cela va apporter ne serait-ce qu'une toute petite amélioration de sa condition ? Les gens autour de lui n'ayant pour seules images celles de la cage aux folles et de ce défilé de débauche, est-ce que cela crée des conditions meilleurs pour son épanouissement ? Est-ce que ça peut l'aider à mieux vivre, tout simplement ? Et bien moi je ne le pense pas. Est ce que ca peut le complexer ? Ca, j'en suis certain !

 

Tout ça pour dire que, contrairement à ce qu'on pense, une bonne partie des gays ont toutes ces pseudo manifestations en horreur. Je pense en particulier à tous ceux qui sont les plus isolés, qui vivent loin des villes et des "nids", que ces représentations desservent et complexent plus qu'elles n'aident ! Je pense que ceux qui défendent le mieux ces droits à l'égalité des citoyens, à l'universalisme, mais aussi le droit d'être homo sans être forcément mis dans une case "tutu rose et fashionitude" ne sont pas ceux qui manifestent aujourd'hui. Ceux qui défendent le mieux ces droits et aident le mieux ceux qui en ont besoin sont ceux qui bossent au quotidien, dans les institutions de notre pays, dans les syndicats et tous les jours dans la rue pour faire avancer les mentalités. Et on a pas besoin de tutu rose, de péruques et de gestes provocateurs pour faire ça ! Ce genre de manif', ça rend homophobe !

 

Je salue la majorité silencieuse des homos qui ne manifestent pas !

Thomas

12 mai 2008

En Mai, c'est férié...

Bonjour à toutes et à tous,

Avec ce bain de soleil, j'espère que votre moral remonte en flèche. Pour ma part, c'est le cas. J'espère que vous ne me prendrez pas pour un clown car je peux vous assurer que mon nez rouge depuis quelques jours n'altère en rien mes neurones, bien protégés de tout les coups, a fortiori de ceux de l'astre roi. Outre le moral et le bon teint, le soleil me donne également le goût d'écrire, alors je me lance sans plus tarder dans une tirade printannière bien française.

 

Le premier Mai tout d'abord. Le premier Mai n'est pas seulement la fête de Jeanne d'Arc. Même si cette jeune demoiselle est Lorraine, et même si le Lorrain que je suis en est fier, ce n'est pas ce qui nous marque quand on pense au premier Mai. Non, le premier Mai, c'est la fête du Travail ! Et ce, depuis plus d'un siècle aujourd'hui. Avec le premier Mai vient le temps des manif', ces grandes cérémonies de piétinement du pavé sous un soleil de plomb avec des slogans martelés jusqu'à l'usure, des poings levés de moins en moins fermes, le tout rythmé par les sonos et généralement enveloppé dans quelques drapeaux rouges, agrémenté d'odeurs de merguez grillées et de bières toujours tiède. Tous les ans, c'est la même chose : une sorte de baroud régulier ou de pense bête permanent destiné à on ne sait qui, aux mots d'ordres répétitifs et aux déclarations tellement prévisibles qu'on ne prend même plus la peine de les écouter... Pourtant, le premier Mai n'a pas toujours été cette fête ringarde que l'on connait aujourd'hui. En 1886, à Chicago, l'origine de cette fête est bien étatsunienne, ce sont six ouvriers qui furent abattus après des grèves qui avaient mobilisé plus de 340 000 personnes dans tous les USA. Le premier Mai est né de la transgression. Dès lors, l'ériger en jour férié, c'est lui enlever tout son sens. Le combat, la lutte, la revandication légitimés par la transgression sont devenus coutume et tradition rituelles. Le premier Mai du XXIième siècle repose paisiblement sur son édredon. Il ne frappe ni ne marque plus personne. C'est devenu la fête du muguet et du printemps plus que celle du Travail. Celle des premiers rayons de soleil et des premières communions plus que des travailleurs. Mais que faire pour lui redonner un sens ? La moindre des choses serait tout d'abord de commencer par supprimer le caractère chômé de ce jour pour que l'on travaille enfin lors de la fête du Travail ! Il faut ensuite trouver un moyen pour fêter le travail autrement. Pourquoi ne pas en profiter pour insister sur la cohésion sociale, au sein de chaque entreprise, en organisant des fêtes, en soirées, entre employés de tous niveaux ? Une meilleure connaissance et de meilleurs liens entre eux ne peut que servir le travail, l'entreprise et finalement chaque personne qui en constitue le coeur. Pourquoi ne pas en profiter pour en faire une journée nationale (ou européenne) des portes ouvertes de l'entreprise, pour que les familles des travailleurs viennent voir comment leurs pères, leurs mères, leurs frères, leurs amis travaillent ? Le travail constitue une part importante de nos vie et reste bien souvent méconnu de ceux que nous cotoyons le plus intimement. Une journée grand public, vitrine du travail et du travailleur Français (ou Européen), et pourquoi pas de sa promotion internationale ? Je suis certain que la presse s'interesserait plus à cette initiative qu'à une quelconque manifestation. Et quoi de mieux pour dénoncer certaines conditions que de laisser parler les travailleurs eux-mêmes ? Plus que toute organisation syndicale ou politique décrédibilisée, ce sont eux qui sont les plus légitimes pour revandiquer quoi que ce soit. Mais non, en France, le premier Mai, c'est férié...

 

Le 8 Mai non plus n'est pas travaillé. Le problème est ici d'une toute autre nature. Chacun sait encore ce que le 8 mai représente, même si bien peu de monde prend, je le regrette, part aux commémorations. Cependant, et sans rien renier de ce qu'a été la Seconde Guerre Mondiale, de la souffrance qu'a enduré la population dans toute sa diversité, sans même vouloir effacer ce qui constitue aujourd'hui le vaccin le plus efficace contre toute tentation fasciste, raciste, eugéniste, je pense qu'il faut regarder de l'avant. Je prends d'autant plus conscience de ce que j'écris ici que je suis moi-même historien, que je sais tous les enjeux mémoriels actuels et que je comprends ce que représente cette date pour tous, autant ceux qui l'ont vécu que ceux qui sont nés après. Je pense que ce jour férié devrait être transformé, non pas pour oublier, mais pour lui ajouter une espérance qui contribuerait à construire notre futur sur des bases plus saines et plus solides. Pour quelles raisons ? J'enseigne la méthodologie historique à de jeunes étudiants depuis plusieurs années. Cette année, j'ai notamment eu parmi mes étudiants de jeunes Allemands qui effectuaient un parcours franco-allemand entre Metz et Saarbruck. Nous parlions du premier mai, de son caractère férié, quand ils me posèrent la question du 8. J'avoue avoir été un peu géné. J'ai ressenti une sorte de malaise à dire que oui, la défaite du pays que je considère comme notre pays frère aujourd'hui, notre plus sûr allié, notre partenaire le plus important dans tous les domaines, l'Allemagne, était chez nous non seulement fêté mais férié. Les étudiants discutèrent en allemands pendant une minutes en face de moi qui n'y comprenait rien et attendait le verdict. Ils ne souriaient pas et j'étais pressé d'en finir et de passer à autre chose. Une étudiante me dit alors qu'effectivement, ce n'était pas seulement la chute de Berlin qui était fêtée, mais celle d'une dictature. Je répondis simplement que pour cette raison, le 8 mai pouvait aussi être une fête en Allemagne. L'étudiante répondit en hochant la tête, mais pas plus convaincu que je ne l'étais personnellement. Peut-on réellement fonder un avenir de paix, de prospérité, d'échange avec un partenaire dont on fête la chute ? Même s'il s'agissait d'une dictature, celle-ci était allemande et l'ambiguité demeurait. Plus que le 8 mai, c'est le 9 mai qui devrait être férié. C'est le 9 mai 1950 que Robert Schuman, alors Ministre des Affaires étrangères de la France, proposa à l'Allemagne un partenariat. C'est le 9 mai 1950, par cette proposition, par cette main tendue du vainqueur au vaincu, par cette alliance pour la paix, que se termina réellement la guerre entre les deux pays. L'Allemagne et la France, unies pour se construire un meilleur futur, ensemble dans une même communauté, mettaient fin à une guerre héréditaire et séculaire. Le 9 mai porte en lui toutes les leçons de la Seconde Guerre Mondiale tout en regardant vers le futur, toutes les espérances que l'Europe a fait naître et porte en Elle.  Mais non, le 8 Mai, comme le premier, en France, ça reste férié...

 

La pentecôte enfin. Que de bordel (excusez moi mais c'est le mot) pour en arriver là ! Trois ans, trois ans qu'on nous rabat les oreilles avec ce foutu lundi de pentecôte pour finalement le réhabilité en jour chômé. Le journée de solidarité avec les personnes âgées, qui a fait suite à l'hécatombe caniculaire de 2003, a fait long feu. Ce prétexte n'était, à l'évidence, pas crédible aux yeux des citoyens. Remarquez, dès qu'on touche à leurs petits conforts et à leurs petites habitudes individuelles, les Français n'ont que faire du reste. C'était mal les connaitre que de croire qu'on pouvait les faire travailler un jour entier, gratuitement, pour l'intérêt général et la solidarité nationale entre les générations. Il est vrai que la droite n'étaient certainement la mieux placée, a fortiori Raffarin, pour les jouer grand coeur solidaire et devenir la garante du pacte républicain... Mais quand même, que signifie le lundi de pentecôte ? Qui peut seulement dire aujourd'hui ce qu'il représente ? Qui fête quelque chose en ce lundi ? A mon humble avis, la réponse est : pas grand monde. Dès lors pourquoi le conserver chômé ? Plus que le lundi de pentecôte, et pour la même raison, c'est toute une série de fêtes religieuses catholiques qui sont à mettre dans le même sac. Cela n'a aucun sens pour notre société laïque et républicaine de les conserver en l'état. Un ménage drastique s'impose. Par ailleurs, j'estime que l'introduction d'un jour férié pour les Juifs et d'un autre pour les Musulmans, entre autres, s'impose. La laîcité veut que la République reconnaisse tous les cultes, il est temps que le calendrier soit à l'image de la République. Même après décompte, il semblerait que le différentiel jours fériés avant/ après réforme soit à la défaveur des premiers. Pourquoi ne pas rajouter une semaine de congès payés pour compenser cette mise en ordre ? La République aurait son calendrier laïc et les travailleurs leurs jours de repos mérités, que demande le peuple ? Mais non, malheureusement en France, on revient toujours en arrière, qu'on se le dise : la pentecôte c'est de nouveau férié !

 

N'allez pas penser que je divague, tout ceci est très réfléchi. Un mot dit est une parole mais un mot écrit est plus que cela, c'est un mot. Ceci dit (et écrit !), je fais confiance à la France et à son gouvernement pour ne surtout rien changer... En ce mois de Mai, le soleil brille, les oiseaux chantent ! Profitez et n'oubliez pas : en Avril ne pas perdez le fil car en Mai, en France, c'est toujours férié !

A défendre !

Thomas