05 juillet 2009
Temps perdu
Bonjour bonjour :)
"Cherche pas d'explication. Tes amis n'en ont pas besoin et tes ennemis ne te croiront pas de toute façon"... Aussi improbable que cela puisse paraître, cette citation n'est pas celle d'un grand philososphe ou d'un écrivain ou de je ne sais quelle grosse tête (dans tous les sens du terme). Non, cette citation est signée Sarah Palin. J'me la mets de côté, je sens que je vais la ressortir souvent...
Pour autant, après avoir une fois de plus tenu un mois le silence depuis le dernier scrutin (je crois que je vais en faire une règle), j'ai quand même envie d'en donner quelques explications. Comme je l'avais prévu dans la précédente note, le paysage politique n'est plus tout à fait le même avant qu'après. Et ça fait du bien !
Mon sentiment est que les résultats de ce scrutin ont été très positifs pour la gauche. Oui, oui vous avez bien lu.
D'abord elle est majoritaire, divisée, mais majoritaire. Personne n'est dupe de la victoire en trompe l'oeil de la droite et de ses seuls 27%.
Ensuite, dans la division il y a des raisons de se réjouir.
La première c'est la claque du MoDem. Il paye les contradictions qui existent entre ce qu'il laissait espérer (rassemblement des citoyens, dépassement des querelles partisanes, réponses impartiales aux problèmes que rencontrent les Français) et la réalité où le parti autoproclamé le plus européen mène une campagne strictement nationale, où l'ambition personnelle du chef dicte les orientations du parti, où l'attaque basse est reine alors qu'on s'attendait à voir un beau joueur. Les électeurs du MoDem sont partis comme ils étaient venus et surtout d'où ils étaient venus : la gauche. Alors, il ne faut pas l'enterrer trop tôt cependant, 2012, c'est demain comme dirait qui vous savez...
A gauche, le NPA, avec qui la gauche qui veut gouverner ne pourra jamais travailler (Même s'il faut toujours garder une main tendue... Par principe je dirais), a été contenu et devancé largement par le Front de Gauche. Cela les forcera à négocier avec le Front de Gauche et cela crée de facto un rapport de force nouveau et relativement positif pour ceux qui veulent changer les choses.
Mais j'en viens dire directement au point essentiel qui me permet aujourd'hui de dire que ce résultat est relativement positif, la perçée d'Europe-Ecologie qui fait dorénavant jeu égale avec le PS. Cela fait bien longtemps qu'on a pas trouvé le PS à quasi égalité avec une autre formation sur son propre terrain ! Le PC bien entendu jusque dans les années 80... Il faut remonter aux radicaux de la IIIe République pour voir pareille configuration dans la gauche de gouvernement. Alors bien entendu, ce n'est qu'un scrutin, mais quand même... Cela demandera confirmation aux régionales. Il faut noter que dans plusieurs régions, et non des moindres puisqu'il s'agit de l'IDF, Rhône-Alpes, PACA, la Bretagne, l'Alsace et la Corse (je ne crois pas en avoir oublié), les écolos sont arrivés très loin devant le PS. C'est marrant, un peu ironique même, mais de se dire que le PS va peut être sortir de son impasse grâce à la concurrence.... bref. Oui donc, état des forces à suivre.
Maintenant si on regarde les mouvements de l'électorat, on voit que ce sont les déçus du MoDem, anciens déçus du PS, qui se sont tournés vers Europe Ecologie. De même que les déçus du PS actuel dont je suis ! (Ca commence à faire un sacré paquet de déçus quand même) Il faut dire, et je l'ai souligné dans la note précédente, que les points communs programmatiques sont nombreux entre tout ces déçus et Europe Ecologie : écologie au centre de toutes les problématiques socio-économique, engagement sincère et continue (clair surtout) dans le processus européen, ouverture à la société civile, perspective à long terme. J'insisterai aussi sur le caractère suranné qu'instaure de facto les partis politiques. Les interview que Benoit Thieulin a donné ces derniers jours sont à ce titre très interessantes. Il y explique que les partis politiques actuels ne répondent plus aux attentes car ils ne permettent finalement pas ni le débat, ni de préserver l'individualité de chaque militant. On a besoin des partis comme colonne vertébrale pour l'organisation technique des campagnes, mais les débats doivent se passer ailleurs. (ça se passe lentement et sans le nommer au PS avec toutes ces créations de clubs et think tank) EE a compris cela rassemblant presque de façon égale une colonne partisane (les verts) et des membres de la société civiles, associatives et de toute la gauche jusqu'au centre... Cela contraste avec la vieille organisation partisane socialiste. C'est ce que j'avais en tête de faire du PS quand j'y suis arrivé, en adhérant à Désirs d'avenir notamment... J'ai beaucoup apprécié le concept de double appartenance évoqué hier par Daniel Cohn Bendit. On peut être Vert et Europe Ecologie, on peut être MoDem et Europe Ecologie, on peut êre socialiste et Europe Ecologie... Cette double appartenance permettrait de dépasser les clivages partisans sans se renier pour autant. Europe-Ecologie n'est pas un parti. Il se place au dessus de la mêlé. Ca m'empeche pas de continuer à DA, voire éventuellement au PS, et de participer à Europe-Ecologie. C'est pas contradictoire, c'est complémentaire !
Enfin on va suivre tout ça. Dans tous les cas, ça fout la pression grave sur le vieux PS ! Ce qui est sûr, c'est qu'avec ce score pitoyable de 16%, c'est bien l'orientation politique et technique de la direction actuelle qui a été sanctionnée. Ce qui est sûr, c'est que le succès d'Europe-Ecologie valide de bout en bout les idées et la stratégie de Ségolène Royal et renforce dans l'opinion et par conséquent au sein des appareils, les partisans du changement !
Alors, assez de temps perdu !! :)
A suivre de près.
Thomas
22:18 Publié dans Commentaires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
On en vient à se demander si Europe Ecologie n'a pas repris l'esprit de DA ?
Ecrit par : erasme de metz | 11 juillet 2009
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