12 mai 2008
En Mai, c'est férié...
Bonjour à toutes et à tous,
Avec ce bain de soleil, j'espère que votre moral remonte en flèche. Pour ma part, c'est le cas. J'espère que vous ne me prendrez pas pour un clown car je peux vous assurer que mon nez rouge depuis quelques jours n'altère en rien mes neurones, bien protégés de tout les coups, a fortiori de ceux de l'astre roi. Outre le moral et le bon teint, le soleil me donne également le goût d'écrire, alors je me lance sans plus tarder dans une tirade printannière bien française.
Le premier Mai tout d'abord. Le premier Mai n'est pas seulement la fête de Jeanne d'Arc. Même si cette jeune demoiselle est Lorraine, et même si le Lorrain que je suis en est fier, ce n'est pas ce qui nous marque quand on pense au premier Mai. Non, le premier Mai, c'est la fête du Travail ! Et ce, depuis plus d'un siècle aujourd'hui. Avec le premier Mai vient le temps des manif', ces grandes cérémonies de piétinement du pavé sous un soleil de plomb avec des slogans martelés jusqu'à l'usure, des poings levés de moins en moins fermes, le tout rythmé par les sonos et généralement enveloppé dans quelques drapeaux rouges, agrémenté d'odeurs de merguez grillées et de bières toujours tiède. Tous les ans, c'est la même chose : une sorte de baroud régulier ou de pense bête permanent destiné à on ne sait qui, aux mots d'ordres répétitifs et aux déclarations tellement prévisibles qu'on ne prend même plus la peine de les écouter... Pourtant, le premier Mai n'a pas toujours été cette fête ringarde que l'on connait aujourd'hui. En 1886, à Chicago, l'origine de cette fête est bien étatsunienne, ce sont six ouvriers qui furent abattus après des grèves qui avaient mobilisé plus de 340 000 personnes dans tous les USA. Le premier Mai est né de la transgression. Dès lors, l'ériger en jour férié, c'est lui enlever tout son sens. Le combat, la lutte, la revandication légitimés par la transgression sont devenus coutume et tradition rituelles. Le premier Mai du XXIième siècle repose paisiblement sur son édredon. Il ne frappe ni ne marque plus personne. C'est devenu la fête du muguet et du printemps plus que celle du Travail. Celle des premiers rayons de soleil et des premières communions plus que des travailleurs. Mais que faire pour lui redonner un sens ? La moindre des choses serait tout d'abord de commencer par supprimer le caractère chômé de ce jour pour que l'on travaille enfin lors de la fête du Travail ! Il faut ensuite trouver un moyen pour fêter le travail autrement. Pourquoi ne pas en profiter pour insister sur la cohésion sociale, au sein de chaque entreprise, en organisant des fêtes, en soirées, entre employés de tous niveaux ? Une meilleure connaissance et de meilleurs liens entre eux ne peut que servir le travail, l'entreprise et finalement chaque personne qui en constitue le coeur. Pourquoi ne pas en profiter pour en faire une journée nationale (ou européenne) des portes ouvertes de l'entreprise, pour que les familles des travailleurs viennent voir comment leurs pères, leurs mères, leurs frères, leurs amis travaillent ? Le travail constitue une part importante de nos vie et reste bien souvent méconnu de ceux que nous cotoyons le plus intimement. Une journée grand public, vitrine du travail et du travailleur Français (ou Européen), et pourquoi pas de sa promotion internationale ? Je suis certain que la presse s'interesserait plus à cette initiative qu'à une quelconque manifestation. Et quoi de mieux pour dénoncer certaines conditions que de laisser parler les travailleurs eux-mêmes ? Plus que toute organisation syndicale ou politique décrédibilisée, ce sont eux qui sont les plus légitimes pour revandiquer quoi que ce soit. Mais non, en France, le premier Mai, c'est férié...
Le 8 Mai non plus n'est pas travaillé. Le problème est ici d'une toute autre nature. Chacun sait encore ce que le 8 mai représente, même si bien peu de monde prend, je le regrette, part aux commémorations. Cependant, et sans rien renier de ce qu'a été la Seconde Guerre Mondiale, de la souffrance qu'a enduré la population dans toute sa diversité, sans même vouloir effacer ce qui constitue aujourd'hui le vaccin le plus efficace contre toute tentation fasciste, raciste, eugéniste, je pense qu'il faut regarder de l'avant. Je prends d'autant plus conscience de ce que j'écris ici que je suis moi-même historien, que je sais tous les enjeux mémoriels actuels et que je comprends ce que représente cette date pour tous, autant ceux qui l'ont vécu que ceux qui sont nés après. Je pense que ce jour férié devrait être transformé, non pas pour oublier, mais pour lui ajouter une espérance qui contribuerait à construire notre futur sur des bases plus saines et plus solides. Pour quelles raisons ? J'enseigne la méthodologie historique à de jeunes étudiants depuis plusieurs années. Cette année, j'ai notamment eu parmi mes étudiants de jeunes Allemands qui effectuaient un parcours franco-allemand entre Metz et Saarbruck. Nous parlions du premier mai, de son caractère férié, quand ils me posèrent la question du 8. J'avoue avoir été un peu géné. J'ai ressenti une sorte de malaise à dire que oui, la défaite du pays que je considère comme notre pays frère aujourd'hui, notre plus sûr allié, notre partenaire le plus important dans tous les domaines, l'Allemagne, était chez nous non seulement fêté mais férié. Les étudiants discutèrent en allemands pendant une minutes en face de moi qui n'y comprenait rien et attendait le verdict. Ils ne souriaient pas et j'étais pressé d'en finir et de passer à autre chose. Une étudiante me dit alors qu'effectivement, ce n'était pas seulement la chute de Berlin qui était fêtée, mais celle d'une dictature. Je répondis simplement que pour cette raison, le 8 mai pouvait aussi être une fête en Allemagne. L'étudiante répondit en hochant la tête, mais pas plus convaincu que je ne l'étais personnellement. Peut-on réellement fonder un avenir de paix, de prospérité, d'échange avec un partenaire dont on fête la chute ? Même s'il s'agissait d'une dictature, celle-ci était allemande et l'ambiguité demeurait. Plus que le 8 mai, c'est le 9 mai qui devrait être férié. C'est le 9 mai 1950 que Robert Schuman, alors Ministre des Affaires étrangères de la France, proposa à l'Allemagne un partenariat. C'est le 9 mai 1950, par cette proposition, par cette main tendue du vainqueur au vaincu, par cette alliance pour la paix, que se termina réellement la guerre entre les deux pays. L'Allemagne et la France, unies pour se construire un meilleur futur, ensemble dans une même communauté, mettaient fin à une guerre héréditaire et séculaire. Le 9 mai porte en lui toutes les leçons de la Seconde Guerre Mondiale tout en regardant vers le futur, toutes les espérances que l'Europe a fait naître et porte en Elle. Mais non, le 8 Mai, comme le premier, en France, ça reste férié...
La pentecôte enfin. Que de bordel (excusez moi mais c'est le mot) pour en arriver là ! Trois ans, trois ans qu'on nous rabat les oreilles avec ce foutu lundi de pentecôte pour finalement le réhabilité en jour chômé. Le journée de solidarité avec les personnes âgées, qui a fait suite à l'hécatombe caniculaire de 2003, a fait long feu. Ce prétexte n'était, à l'évidence, pas crédible aux yeux des citoyens. Remarquez, dès qu'on touche à leurs petits conforts et à leurs petites habitudes individuelles, les Français n'ont que faire du reste. C'était mal les connaitre que de croire qu'on pouvait les faire travailler un jour entier, gratuitement, pour l'intérêt général et la solidarité nationale entre les générations. Il est vrai que la droite n'étaient certainement la mieux placée, a fortiori Raffarin, pour les jouer grand coeur solidaire et devenir la garante du pacte républicain... Mais quand même, que signifie le lundi de pentecôte ? Qui peut seulement dire aujourd'hui ce qu'il représente ? Qui fête quelque chose en ce lundi ? A mon humble avis, la réponse est : pas grand monde. Dès lors pourquoi le conserver chômé ? Plus que le lundi de pentecôte, et pour la même raison, c'est toute une série de fêtes religieuses catholiques qui sont à mettre dans le même sac. Cela n'a aucun sens pour notre société laïque et républicaine de les conserver en l'état. Un ménage drastique s'impose. Par ailleurs, j'estime que l'introduction d'un jour férié pour les Juifs et d'un autre pour les Musulmans, entre autres, s'impose. La laîcité veut que la République reconnaisse tous les cultes, il est temps que le calendrier soit à l'image de la République. Même après décompte, il semblerait que le différentiel jours fériés avant/ après réforme soit à la défaveur des premiers. Pourquoi ne pas rajouter une semaine de congès payés pour compenser cette mise en ordre ? La République aurait son calendrier laïc et les travailleurs leurs jours de repos mérités, que demande le peuple ? Mais non, malheureusement en France, on revient toujours en arrière, qu'on se le dise : la pentecôte c'est de nouveau férié !
N'allez pas penser que je divague, tout ceci est très réfléchi. Un mot dit est une parole mais un mot écrit est plus que cela, c'est un mot. Ceci dit (et écrit !), je fais confiance à la France et à son gouvernement pour ne surtout rien changer... En ce mois de Mai, le soleil brille, les oiseaux chantent ! Profitez et n'oubliez pas : en Avril ne pas perdez le fil car en Mai, en France, c'est toujours férié !
A défendre !
Thomas
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25 avril 2008
Ces loups qui hurlent...
Bonjour à toutes et à tous,
Après deux semaines vierges, j'ai réussi à me mettre quelque chose qui vaut le coût sous la dent. C'est pas trop tôt me direz-vous ! Mais il faut prendre son temps dans ce monde obsédé par la vitesse. A ce propos, depuis deux semaines que je vais nager tous les jours, en observant tous ceux qui pataugeaient plus ou moins bien autour de moi dans le grand bain, il m'est venu la remarque suivante : ce n'est pas celui qui fait le plus de vagues qui avance le plus vite ! On pourrait bien appliquer cette réflexion à la pensée, a fortiori quand on prétend vouloir "penser autrement". Allons donc !
Il ne vous a pas échappé que le Président de la République (c'est la première fois que je l'appelle ainsi lol) est intervenu hier soir sur vos écrans de télévision. Je ne l'ai pas écouté, comme d'habitude. J'ai lu ce matin dans la presse ce qui en est dit. La même chose, comme d'habitude. Beaucoup essayent de mettre en avant ses incohérences. Elles existent, certes, sur des sujets mineurs. Néanmoins, et malgré tout le respect que je dois aux familles nombreuses, aux agriculteurs cultivant des OGM et autres manifestants anti-JO2008, ces thèmes sont loin d'être centraux dans la mise en oeuvre d'une politique. Ils restent des sujets ponctuels qui peuvent aisément être déconnectés de la philosophie globale. Parce que finalement, qu'on aille ou pas à Pékin, n'est-ce pas qu'une question de point de vue ? Cela changera-t-il la donne mondiale ? Qu'on donne ou pas des réductions aux familles nombreuses résoudra-t-il la crise économique ? Qu'on autorise ou pas la culture d'OGM en plein champ fera-t-il que chaque Français mange bien, mange mieux ? Personnellement, je ne le pense pas. Ce sont des points sur lesquels chacun a sa position, mais qui, au final, ne sont qu'une question de sensibilité personnelle. La preuve ? Ce sont des sujets qui divisent les personnalités au sein de la Droite comme de la Gauche. Pour dire les choses comme je les pense, le travail de sappe engagé par les médias et l'opposition sur ces incohérences est légitime mais il ne faudrait pas que cela fasse oublier l'exceptionnelle cohérence de la pensée politique de la droite au pouvoir. J'ai peur de la démobilisation de l'électorat populaire (au mieux) et de la remontée du "blanc bonnet et bonnet blanc", de "l'UMPS" donc des votes extrêmes (au pire). Je revois, quand je vois les nouveaux éléphants de la Gauche tonner contre le Président, les cris des dinausaures du PS contre Chirac cinq ans auparavant. La Droite qui fait mal contre la Gauche qui ne propose rien. N'oublions pas que la Droite n'a besoin de personne pour se ridiculiser. Laissons la faire tant que nous ne sommes pas en mesure ""idéologique" et programmatique de la combattre et de la battre. Laissons la faire au lieu de hurler avec les loups...
Sur la choérence idéologique de la Droite, j'ai pu lire hier une remarque frappée au coin du bon sens dans le Monde diplomatique de ce mois d'avril 2008 intitulé "L'art de faire rêver les pauvres", écrit par Mona Chollet, l'auteure de Rêves de droite. Défaire l'imaginaire sarkozyste paru cette année. Je vous la retranscris telle quelle : "Dans le modèle marxiste, le travailleur est invité à se défaire de la mentalité servile et autodépréciative qui lui interdit de comparer son sort à celui des nantis pour revendiquer sans complexe le partage des richesses ; en même temps, il s'identifie à ses semblables, salariés ou chômeur, nationaux ou étrangers, envers qui il éprouve empathie et solidarité." J'avoue me reconnaître dans ce modèle de pensée, peu importe le nom qu'on lui donne, plus qu'un choix, il me semble que c'est un sentiment, une façon de voir le monde qui est par elle-même. Et comme je me sens appartenir à cette catégorie qui existe par opposition à celle des "nantis", j'ai le réflexe, dans tous les domaines, de tenir avec le plus faible contre le plus fort. C'est un réflexe. Mais peu importe cela, c'est la suite qui est interessante : "Désormais, le travailleur s'identifie aux riches, et il se compare à ceux qui partagent sa condition : l'immigré toucherait des allocations et pas lui ; le chômeur ferait la grasse matinée alors que lui "se lève tôt" pour aller trimer... Son ressentiment est ainsi habilement dévié de sa cible légitime, et l'on voit s'enclencher un redoutable cercle vicieux : plus ses conditions de vie se dégradent, plus il vote pour des politiques qui les dégradent encore plus. Chacun étant incité par le matraquage médiatique à se penser environné de flemmards, de parasites, de voyous qui veulent le saigner à blanc, au propre comme au figuré, il ne peut désormais cultiver que des espoirs strictement individuels." Autrement dit, Mona Chollet décortique ici le fond de commerce que la droite extrême a fait tournée depuis le milieu des années 80 et que Sarkozy a tout bonnement repris à son compte pendant la présidentielle de l'an passé. Voilà ce qu'il nous faut comprendre et voilà à partir de quoi on doit réfléchir pour renflouer l'individualisme ambiant. Voilà la phrase, s'il en fallait une, qui justifie toute la cohérence actuelle de la Droite au pouvoir depuis 6 ans. Mona Chollet termine ainsi : "Il n'imagine pas changer les règles afin d'améliorer le sort commun, et pour cela, s'allier avec d'autres, mais seulement tirer son épingle du jeu." Et voilà comment cela amène toute une classe politique à réfuter le changement global pour le profit personnel. Le changement pour tous et non pour quelques uns, voilà notre piste. Je ne résiste pas, pour finir cette mise en cohérence, à vous parler de l'excellent édito, sinon dans l'écriture, du moins pour son contenu, d'un journaliste Espagnol paru ce mois-ci dans le Courrier International et mettant en parallèle les politiques, les méthodes, les valeurs et les personnes de Nicolas Sarkozy, Silvio Berlusconi et Vladimir Poutine. Si vous n'avez rien à manger, cet édito est comme un bon saucisson dans un monde où on ne mange que du toffou, il se déguste !
Pour revenir sur l'individualisme, j'ai assité à un Comité Consultatif Citoyen au Conseil Régional jeudi soir. Il s'agit, sous son intitulé bizarre, d'un "débat participatif" organisé par le Conseil Régional de Lorraine. Le thème portait sur les obstacles au travail transfrontalier. N'étant moi-même ni travailleur, ni frontalier, et encore moins travailleur frontalier, n'aspirant même pas à le devenir, j'avoue avoir été un peu largué par la technicité et la complexité du sujet. Je me suis donc attaché à observer (à défaut de pouvoir participer) deux choses qui me tenaient à coeur : l'organisation du débat "participatif" d'une part, la place de l'idée européenne dans les échanges. Je vous le dis tout net, je ne suis pas vraiment convaincu. Concernant l'organisation du débat, il connait tous les grands défauts des réunions politiques depuis toujours, à savoir la difficulté de faire se déplacer les gens jusqu'au lieu de réunion, en semaine ou en week end, à 20 heures. On pouvait compter au mieux, en très gros, une cinquantaine de personnes dans la salle des délibérations du Conseil mise à disposition pour l'occasion. Souvent, il s'agit de personnes qui se connaissent, syndicalistes, associatifs, politiques... Rarement, des curieux, simples citoyens. L'avantage pour ces derniers, c'est que quand ils viennent, le fait qu'ils soient peu nombreux permet de traiter chaque cas individuellement et toute une batterie d'experts se retrouvent tout à coup devant eux pour répondre à toutes leurs questions sur le sujet voire prendre les contacts nécessaires. Avis aux amateurs. Sur la question du "citoyen expert", j'ai trouvé qu'aucune intervention n'a été inutile, bien au contraire. Toutes m'ont semblé cadrées et pertinentes, les gens qui venaient savaient pourquoi ils venaient et n'avaient pas froid aux yeux pour essayer de prendre la parole. C'est notable. Concernant l'idée européenne dans les interventions, la réponse est simple : quasi nulle aussi bien du côté des "citoyens experts" que des "experts" tout court ! C'est certainement ce qui a été le plus frappant, toutes les questions trouvaient des réponses dans des accords binationaux. Exit le niveau européen, trop complexe. Exit la Grande région, reléguée au rang de simple gadget impuissant. Autre chose frappante, quand on pense travail transfrontalier, pour le Thionvillois que je suis, on pense automatiquement Luxembourg. Or toutes les questions et problèmes, sans exception, portaient sur le travail transfrontalier franco-belge et franco-germanique, pas une question sur le Luxembourg. Le Luxembourg serait-il le pays où tout va pour le mieux pour le travailleur Français ? Je voudrais, pour finir, revenir sur le point qui m'a marqué en général, l'absence de l'intérêt général dans les discussions. "Moi, je, mon, ma, à moi, combien pour moi, comment je fais moi, je dis, je veux"... La démocratie participative, le citoyen seul face aux experts, serait-elle le dernier avatare de l'individualisme triomphant ?
Moralité ? Il faut que chacun choisisse entre deux possibilités : hurler individuellement ou hurler avec les loups. Dans tous les cas, on est pas certain d'être entendu !
A améliorer !
Thomas
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14 avril 2008
Olympisme et Chinoiseries
Bonjour à toutes et à tous,
Cette semaine je comptais vous faire une longue tirade sur la confiance et la fidélité. Mais aux vues des derniers événements, j'ai pensé qu'un petit tour par la Chine s'imposait. Elle s'impose car elle semble aujourd'hui faire partie de ces pays qui vont compter dans les prochaines années, peut-être plus qu'aucun autre dans l'histoire. Les Etats-Unis sont sur le déclin, l'Europe et le Japon stagnent dans leurs contigüités, l'Amérique du Sud poursuit son bonhomme de chemin, l'Afrique est plus pauvre que jamais. Avec la Russie et l'Inde, la Chine est le pays du XXIième siècle. Cela peut nous paraître frustrant, à nous, occidentaux, habitués que nous sommes à faire la leçon au monde, mais c'est ainsi, et il va falloir s'y habituer car ce n'est, à mon humble avis, que le début.
Des images, encore. Revenons d'abord sur ces images que nous avons tous vus. Un bordel sans nom, il n'y a pas d'autres mots. Des sportifs pris en otages d'une mini guerre civile le long du parcours de la flamme. Les CRS, les ProChines, les Pro Tibétains, certains défendant les libertés, d'autres le soit-disant "esprit olympique". Les présidents de CIO et ceux de défense de la liberté de la presse. Une joyeuse castagne comme les Français savent le faire. J'ai à l'esprit l'image de cette Chinoise en fauteuil roulant qui protége la flamme comme son bébé, étonnée des réactions de la foule à son passage. Des gens qui courent dans tous les sens, des organisateurs complètement dépassés autant du côté Chinois que du côté Français. Je ne crois pas que quelqu'un y ait gagné grand chose, même si les images sont fortes. Qui ne peut être sensible à ce jeune Tibetain hurlant "free Tibet, free Tibet !", bouche en sang et entrant dans un fourguon ? Par le coup de matraque reçu par ce photographe, assomé par un CRS ? Par l'image d'une flamme éteinte sous les yeux de notre judoka national ? Mais ces images sont le règne de l'émotion plus que de la raison. N'est-ce pas pour avoir ce genre d'images qu'on a donné les Jeux Olympiques à la Chine ? Est-ce une manière de la glorifier ou un cadeau empoisonné pour la faire vaciller ? La chute de l'URSS n'a-t-elle pas commencé, entre autres, avec les JO de Moscou en 1980 ? En choisissant Pékin pour acceuillir les Jeux, nous savions tout ça. Il fallait le dire avant, qu'attendent-ils pour avoir une politique économique en accord avec leurs idées ? Si on peut brûler les symboles, ils n'ont pas l'intention de changer ce gros coffre-fort économique que constitue l'Empire du Milieu. Je pense tout le contraire, je pense qu'il faut mettre nos actes en accord avec nos valeurs et nos idées, mais on ne doit jamais toucher un symbole !
Quelle position prendre ? Vous le savez, je ne suis pas un partisan du droit d'ingérence. Je pense que personne n'a de leçon à reçevoir concernant sa politique intérieure et surtout pas de notre part. Les Européens sont les premiers à faire la leçon aux autres, mais lequel d'entre eux accepterait qu'un autre pays lui dise comment il convient de régler ses problèmes intérieurs ? Qui accepterait l'humiliation publique que l'on fait subir au peuple Chinois ? Qui accepterait de se coucher par terre devant le monde comme l'a fait l'Irak en 2003 face aux inspecteurs de l'ONU ? Quel pays d'Europe accepterait de se voir dicter sa politique de défense comme l'Iran ? Quel pays de notre continent accepterait de se voir dicter toute une politique intérieure comme la Turquie ? Avouez qu'il n'y en a pas beaucoup... Que nous nous occupions de nous même avant de donner des leçons aux autres. Il appartient à chaque peuple d'écrire son histoire et je fais confiance aux Chinois pour continuer d'écrire la leur. Il est évident qu'un si grand peuple, si ingénieux, si fier, si puissant, si riche, de toutes les manières qu'un peuple puisse être riche, ne peut s'arrêter à ce gouvernement autoritaire, à cette barbarie, à cette rigidité.
Ceci dit, si nous n'avons pas de légitimité pour donner des leçons à d'autres, nous avons le devoir de donner et dire notre avis, a fortiori quand ces gens viennent sur notre sol. Nous ne devons pas cacher ce que nous pensons, ce serait mentir à ces gens, ce serait nous mentir à nous-même. Oui, nous continuerons de promouvoir nos valeurs, nous les défendrons, nous devons le faire savoir. La liberté individuelle et collective, les Droits de l'Homme, l'autonomie voire l'indépendance du peuple Tibétain comme de tout peuple souhaitant disposer de lui-même, nous devons réaffirmer ces positions chaque fois que cela est possible, mais dans le dialogue avec l'autre et non pas dans le rapport de force et l'humiliation. Il ne faut pas se tromper de cible. Humilier un pays c'est humilier son peuple et cela risque de produire les effets inverses de ceux recherchés. Que disons-nous, nous, Français, quand un autre pays comme les USA ou Israël nous donnent des leçons sur notre politique religieuse ? Qu'avons-nous fait quand les USA ont voulu nous forcer la main pour s'enfermer dans le bourbier Irakien ? Nous avons fait l'union sacré autour de nos dirigeants, autour de notre République, même si nous savions que tout n'était pas parfait. Notre cible, c'est le gouvernement chinois, pas la Chine ! Notre cible, c'est la dictature et l'arbitraire, c'est l'autoritarisme ! Pas les Chinois, pas les Jeux Olympiques !
Nous sommes le pays de la liberté, soyons juste nous-même. Sachons respecter les autres, qui ont d'autres cultures, d'autres histoires, d'autres perceptions du monde. A nous de défendre nos valeurs mais sans violence ni humiliation, sans nous ériger constamment en Juge suprême d'un prétendu Bien occidental contre le soit disant Mal que représente l'étranger. Les valeurs se partagent et se discuttent, elles ne s'imposent jamais. Nous devons participer à ces Jeux Olympiques. Nous devons aller voir les Chinois. Nous devons aller défendre nos valeurs sur leur territoire, chez eux, avec eux. Le dialogue est la clef.
Bon nirvana à tous.
Thomas.
12:02 Publié dans Autour du pot | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chine, jeux olympiques, tibet, manifestation
05 avril 2008
Le candidat ou la candidate
Bonjour à toutes et à tous,
Je vous prie avant toute chose de m'excuser pour ce long silence post électoral. Parfois, il vaut mieux se taire plutôt que dire des bêtises trop vite regretées. D'autres fois, il vaut mieux se mettre en retrait un moment pour pouvoir embrasser un plan plus large et donc mieux comprendre ce qui se joue, les non-dits, les sous-entendus, les coups tordus et finalement, pouvoir faire l'état des lieux des forces en présence. D'où part-on ? Dans quelle direction va-t-on ? Pourquoi ? Avec quelles forces ? Avec quelle méthode ? Avec qui pour nous guider ? Je ne pense pas me tromper de beaucoup en disant que quelqu'un de responsable a besoin de connaître la réponse à chacune de ces questions pour pouvoir aller de l'avant et progresser. Quand on ne sait plus répondre à l'une d'entre elle, on hésite, à deux, on doute, à trois, on s'arrête et on réfléchit. C'est ce que j'ai pu faire pendant ce mois. Et j'ai trouvé mes réponses.
D'où part la Gauche ? En ce début de mois d'avril, la tableau est clair, encore faut-il reconnaître plusieurs évidences. La première est que la Gauche est à la fois riche de sa diversité mais surtout forte de son unité. Partout où la Gauche était partie unie, elle a eu de grands succès. Je ne vous fait pas l'énumération des villes tombées, je pense que vous les connaissez. Il faut donc travailler à l'unité de la Gauche, en mettant en valeur et en respectant sa diversité. De l'extrême au centre gauche. Toute la Gauche mais rien que la Gauche. La deuxième réflexion qui me vient à l'esprit, c'est l'importance du travail à la fois des élus en place pendant leur mandature, ce qui leur a permis, bilan et projet portés ensemble, de conserver largement leurs cités, et des militants et candidats, sur le terrain, au porte à porte, avec les gens dans les villes conquises. Le travail, encore le travail, toujours le travail, avec énergie mais surtout avec constance. Balzac avait raison "La constance est la plus haute expression de la force". Il faut donc donner la priorité, à tous les niveaux dans tout ce que l'on fait au travail. Je dirais même plus, le travail ensemble, avec toutes les bonnes volontés ayant le même objectif, sans a priori. Il faut aujourd'hui réhabiliter le travail collectif, avec toutes les formations de la Gauche et différentes tendances à l'intérieur de ces formations, sans oublier bien sûr le travail participatif, avec les Français. Troisième remarque, les leaders qui ont gagné, étaient des leaders forts. Mais ils ne l'étaient que parce qu'ils arrivaient à faire travailler entre eux tout le monde. Le collectif renforçait le leader et portait plus loin sa parole, l'assurait sur ses arrières, c'est, à mon sens, ce qu'il a manqué pendant la campagne présidentielle. Ségolène Royal n'arrivait pas à faire travailler le PS comme la Gauche et la Gauche était, avec le PS, en incohérence avec la candidate. Les tords sont partagés à 50/50. Il faut donc faire émerger un leader ayant à la fois le tempérament mais aussi la capacité à faire travailler tout le monde ensemble, assurant le rassemblement nécessaire de la Gauche. Le dernier point, c'est la question des alliances. Ces élections ont confirmé l'inexistence d'un MoDem qui n'a toujours été qu'un loeur à mes yeux. Un coup à droite, un coup à gauche. Le MoDem s'est révélé être ce qu'il n'a jamais cessé d'être, un mirage créé de toute pièce par François Bayrou et pour François Bayrou. Un outil personnel, sans implantation locale, sans cohérence nationale et pour tout dire, une illusion plus qu'une force politique. D'ailleurs l'alliance Modem a souvent été l'alliance perdante, à Marseille, à Toulouse, à Metz, à Lyon entre autres. La Gauche de Gauche a pour sa part retrouvé une vigueur d'autant plus exceptionnelle que ces scrutins locaux sont d'habitudes très difficiles pour elle, vigueur que la plupart des dirigeants PS ont feint d'ignoré mais qu'ils ont bien remarqué. Par exemple à Quimper où la LCR a fait 15%, à Toulouse où les Alternatifs ont fait 10%, à Nancy la LCR et LO ont atteint les 10%, à Montpellier la LCR et les Verts ont pratiquement atteint les 20% ! Un cinquième du corps électoral ! A Thionville, Lutte Ouvrière a fait pratiquement 7% et c'est à la fois grâce à eux qu'un second tour fut possible et grâce à eux, appelant à battre le sortant de droite malgré l'humiliation infligée par un candidat de Gauche cachant son étiquette que ce dernier a pu l'emporter. Partout où on attendait le centre, c'est finalement la Gauche qui a permis la victoire. Je crois que ce comble mérite d'être aujourd'hui signalé et souligné ! La Gauche est bien vivante.
Dans quelle direction va-t-on ? Avec quelle méthode ? Pourquoi ? Je rajouterais même dans quel sens va-t-on, parce qu'avoir la direction c'est bien, mais qu'avoir le sens, c'est encore mieux... Plusieurs choses que j'ai déjà défendu ici me viennent à l'esprit. Tout d'abord, il faut que notre projet commun soit une vision. Nous sommes de bons gestionnaires, même s'il faut toujours le défendre. Nous avons des capacités et de l'énergie humaine, nous avons bien plus de talents que sur l'autre bord, même s'ils l'utilisent beaucoup plus contre eux que contre la droite. Des idées, ce n'est pas ce qui manque chez nous. Nous en avons beaucoup, les 100 propositions du Pacte Présidentiel et les milliers de propositions municipales en sont l'exemple le plus concret. Ce qui nous manque, au fond, aujourd'hui c'est la mise en cohérence de l'ensemble. Quel est notre projet de société global pour le pays et pour les Français ? Quel monde voulons nous pour nos enfants et nos petits enfants ? Quelles sont les grandes valeurs qui nous animent et vers lesquelles nous volons tendre, à défaut d'y arriver car nous savons tous qu'elles sont tellement grandes que nous ne pouvons les atteindre complètement ? Nous devons dessiner la société que la Gauche peut proposer aux Français en 2012. Nous devons peindre la France, l'Europe et le monde de ce siècle déjà bien entamé. Nous devons inspirer les Françaises et les Français. Ceci dit, cette vision ne doit pas être cause de rigidité comme ce fut le cas des grandes idéologies du passé. Le monde change et il serait stupide de vouloir revenir en arrière, un temps chimèrique où tout était parfait. Il serait stupide de vouloir empêcher toute évolution, on ne peut pas lutter contre le progrès, la nouveauté, le renouvellement, les modes, l'imprévisible. Il serait enfin stupide de vouloir le sanctuariser, synonyme de mort pour une nation. Pour cette raison, une fois fixés les valeurs et objectifs de cette vision, ce tableau de la société que nous voulons construire, il est important de laisser carte blanche à nos dirigeants qui arriveraient aux responsabilités concernant les moyens mis en oeuvre pour pouvoir commencer à concrétiser cette vision. Puisqu'il faut nommer une chose pour la clarifier, j'ai appelé ce concept "le pragmatisme visionnaire". Il est chargé de concilier nos valeurs et nos rêves parfois trop ambitieux pour pouvoir être réalisés d'un claquement de doigt et la politique de gestion quotidienne à laquelle sont confrontés nos dirigeants. Le temps des "ya qu'à" et le temps des "l'Etat ne peut pas tout" est révolu. Le nouveau compromis que j'ai défendu ici il y a quelque temps peut être considéré comme l'exemple le plus abouti de ces deux nécessités : faire rêver et répondre aux besoins quotidiens de chaque citoyen. Concernant les valeurs, j'ai déjà écrit beaucoup dans ces colonnes, et je continuerai à le faire durant les prochains mois : bien-être, changement, solidarité, savoir-vivre et vivre-ensemble, justice, lutte contre toutes les formes d'exclusion et d'autoexclusion pour préserver l'harmonie d'une société universaliste, réhabilitation de l'honneur... Autant de thèmes qui me tiennent à coeur et que je continuerai à défendre coûte que coûte.
Quelles forces pour porter ces valeurs ? Qui pour guider la Gauche ? Vous allez dire que je me répète. C'est vrai. Mais la répétition n'est-elle pas la clef passe-partout pour transmettre un message ? Adage bien connu des professeurs comme des conseillers en communication... Même si ces questions seront cruciales lors du combat qui s'ouvre avec ce Congrès du Parti Socialiste, début novembre, ce n'est pas la question principale et ça ne doit certainement pas le devenir ! D'ailleurs, et avant toute chose, je tiens à préciser qu'à mon sens, ce Congrès du PS n'est pas un Congrès comme les autres et qu'il convient de relativiser son importance. Il n'est qu'un préalable à un futur Congrès de la Gauche, citoyen, participatif et populaire, qui devra se tenir lors des prochaines années et qui aura pour but de la fédérer dans toute sa diversité. Je prendrai un soin particulier à examiner ce que chaque motion propose à ce sujet. Le but étant moins d'uniformiser la Gauche, rêve utopique et contre productif, que de créer une discipline globale entre ses différentes tendances, notamment au moment des élections nationales : législatives et présidentielles. Je fais de l'élection du candidat de la Gauche, et pas simplement du PS, à la présidentielle de 2012 au moyen de primaires à l'italienne une condition sine qua non de nos victoires futures. Le prochain Premier Secrétaire devra clairement se positionner sur ces deux sujets... A ce propos, on glose beaucoup depuis quelques temps sur le portrait de ce futur premier secrétaire... Doit-il être quelqu'un qui fait travailler le PS mais qui n'a aucune chance d'être présidentiable ? Doit-il être un présidentiable dès cette année ou faut il attendre le prochain congrès ? Avouez qu'une telle dichotomie est une preuve de plus de la désagrégation du parti et de son incapacité à se dépasser. Nous savons tous que celui qui deviendra Premier Secrétaire en novembre prendra une sérieuse option pour la candidature de 2012. Nous savons aussi que pour renforcer le PS et la Gauche, on a besoin d'un leader qui fasse travailler tout le monde ensemble et qui ait assez de caractère pour exister malgré tout. Pourquoi vouloir à tout prix séparer le présidentiable de celui étant capable de faire travailler le parti ? Peut-être parce que Bertand Delanoe et Ségolène Royal ne pensent pas avoir les deux qualités. Comment peuvent-ils dès lors prétendre à ce poste et à celui de Président de la République ? Deux fonctions qui font de ces deux points une nécessité... Le Parti Socialiste est-il à ce point en pénurie de talents pour ne se limiter qu'à ces deux gros ? Je ne le pense pas. Je pense par contre qu'il ne faut pas négliger les gens qui bossent mais qui restent dans l'ombre et que, de la même manière que Ségolène s'est imposée, alors que personne ne l'attendait là, entre Laurent Fabius et DSK en 2006, il faut miser sur la jeunesse et le renouvellement pour faire émerger une nouvelle figure ayant les deux qualités : travailleuse et rassembleuse à la fois. Ce n'est pas parce qu'on est pas présidentiable en 2008 qu'on ne le sera pas en 2010 ou 2012... De plus, à ce jour, je ne distingue pas vraiment ce qui sépare réellement Ségolène Royal de Bertrand Delanoe, même conception du monde, même conception des alliances, même style de vie, même rigidité qui les empêche d'avoir l'ouverture d'esprit, celle d'un François Hollande, nécessaire à l'exercice de la fonction de secrétaire... Je le dis franchement, je ne suis aujourd'hui emballé par personne. Mais vue les erreurs du passé concernant l'emballement, c'est peut-être une bonne chose que d'attendre et de faire confiance à sa raison. Celle-ci me dicte aujourd'hui de miser sur des gens modestes et sans prétention qui travaillement depuis des années, dans l'ombre, au service de la Gauche mais surtout des Français, qui assument leurs positions et ce qu'ils ont réalisé : les Martine Aubry, Julien Dray, Pierre Moscovici et Benoit Hamon, voilà l'avenir ? Il saura nous le dire...
Ca y est, c'est fini ! Ca y est, c'est reparti pour un tour ! Oui, on finit par s'en lasser... Mais allez leur dire !
A approfondir.
Thomas
13:57 Publié dans Autour du pot, Municipales 2008, Pierres pour l'avenir, Propositions, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, balzac, bertrand delanoe, congrès, parti socialiste, gauche, démocratie participative
25 février 2008
Tornade Blanche sur Metz
Bonjour à toutes et à tous !
Elle est venue, elle a vu, elle a parlé, elle est repartie. Mardi dernier, une tornade blanche a déferlé sur Metz. J'étais au coeur de celle-ci, ou pas très loin. Arrivée à la gare à 17h32, quartier nord de Metz à 17h45, meeting à 18h30, repartie 19h35... Un marathon. Mais plutôt que de m'étendre à vous conter un roman fleuve de l'escapade telle que vous avez certainement pu le lire dans la presse, j'ai préféré vous parler de ce qui m'a frappé personnellement.
La première chose : elle est belle Ségolène ! Elle fait partie de ces femmes dont on est obligé de décrire les longues jambes, la finesse des poignets et des traits du visage. Maquillage parfait. Doudoune blanche, toujours. Je sais, c'est rabajoie ! Je sais, ca ne fait rien ! Je sais, c'est ce qu'il y a dans la tête qui compte ! Je l'ai moi-même dit à une vieille dame, au centre sociale, qui sautillait à côté de moi en me tirant le manteau : "j'ai serré la mains à Ségolène !" - "C'est bien Madame !" - "Je lui ai serré la mains !" - "C'est bien Madame !!" lui répondis je une deuxième fois, avec un léger sourire en coin. Elle était euphorique pendant près de 5 minutes... On aurait dit une petite fille qui venait de voir le Père noël. Je ne savais plus quoi répondre. Quand elle me dit : "Elle ferait une belle présidente hein ?" J'ai répondu d'un ton cassant mais amusé : "Mais Madame, ce n'est pas ca qui compte ! C'est ce qu'elle a dans la tête !". La vieille dame se calma un instant avant de reprendre "Je le sais bien, mais quand même elle est belle !" .... Et elle repartit... C'est comme ça, c'est une belle femme. Tellement belle que cela en devient presque un inconvénient au milieu des politiques éléphantesques de la région. Coincée entre Michel Liebgott, Jean-Marc Todeschini et Jean Pierre Masseret, Ségolène Royal suivie pas à pas par Aurélie Filipetti et Delphine Batho dans la salle des syndicats parait bien seule. Le contraste est saisissant : trois femmes, belles et jeunes (ben oui) devant de corpulents syndicalistes aux voix tonitruantes. J'ai même aperçu certains d'entre eux rougir au moment de la remise du cadeau, en fin de discussion. Je restais silencieux mais j'avais du mal à cacher un petit sourire... Le directeur de campagne et le président de l'Université de Metz ont été jusqu'à se chamailler amicalement pour remettre à la Belle son menteau, on aurait dit deux coqs se battant pour avoir les faveurs de la... poule aux oeufs d'or ? lol Dernière chose frappante, le ballotage de Ségolène. Il n'y a rien de politique là dedans, simplement on aurait dit une poupée qu'on guide en permanence. "Ségolène par ici, Ségolène là !", "Ségolène tu montes dans celle-ci!", "Ségolène vas au soutien scolaire!", Ségolène ci, Ségolène ca... Une poupée qu'on balotte de rue en rue, de salle en salle, de réunion en réunion. Une fois en situation, tout ce petit monde s'éclipse et la laisse parler, faire son petit topo, dérouler son speech, bref : dire ce qu'elle a a dire ! Et tout le monde écoute dans un silence d'autant plus assourdissant que sa voix fluette monte difficilement et que la moindre sonnerie de téléphone portable peut parasiter une prise de son pour un micro de radio ou de télévision... Populations, candidats, politiques, militants, journalistes, syndicats, tous au même niveau : elle parle, on se tait.
J'ai eu l'occasion de discuter avec plusieurs personnes, et non des moindres, bien qu'elles ne soient pas forcément les plus en vue. Le garde du corps de Ségolène par exemple. Un grand monsieur. Il était habillé d'un menteau bleu marine à col ouvert dessinant autour de son cou une sorte de colorette renaissance sur un costume bien de notre époque. Des cheveux argentés et ondulant coiffent un visage fin, une voix bien du sud pare un sourire en coin permanent. Impassible au milieu d'une foule sans cesse en mouvement, il semble s'amuser de tout ce théâtre qui se répète chaque jour. Les décors changent, les situations, les mots, les gestes restent les mêmes. Il a un petit côté Michel Barnier, le caractère hautain en moins. Je parlais de la Fête de la Rose de Melle avec une femme de candidat (modem lol !), quand il s'approcha, regard gourmand. Il en avait des choses à dire ce monsieur qui voyait tout sans jamais se faire voir, qui était partout sans jamais dire un mot, qui écoutait tout sans jamais qu'on lui adresse la parole. Un fantôme à côté d'une femme dont l'aura éblouit les gens à tel point qu'ils n'apercoivent même pas son plus fidèle compagnon. Un ange gardien peut-être. "Désirs d'avenir ?" me demanda-t-il. Mon "oui" tout aussi intrigué qu'il était impatient fut pour lui comme un déclic. Il passa dix minutes à me raconter les bousculades, les mains baladeuses et les caméras indiscrètes qui entourent chaque déplacement de Ségolène. Les violences aussi, par des journalistes gloutons d'images sur un petit garçon de 8 ans dont la tête fut projetée contre une vitre à Vaux-en-Velin, par un passant un peu trop curieux qui tenta de filmer sous les jupes de Madame, par le couple Balkany la veille à Levallois-Perret. Ségolène, c'est une tornade. Elle est le roseau, il est le chêne. Je profitais du seul moment de répit des deux heures pour poser des questions un peu plus difficiles. Ségolène Royal était-elle dans la vie et avec son employé si stricte et cassante qu'elle paraissait dans les médias. Je sentis alors un temps de réflexion de quelques secondes, j'imagine qu'il a dû se demander s'il avait affaire à un militant passionné ou à un journaliste un peu trop curieux. Il me regarda droit dans les yeux, de trois quart, avec un sourire pincé qui en disait long sur le questionnement intérieur. Et finalement, il se lança. Il ne nia pas la dureté, ni le caractère cassant. Il répondit simplement :"Elle est très exigente, mais elle est juste" et s'empressa de nuancer "elle a énormément d'humour". Ségolène sort alors de la salle de réunion, les talons claquant sur le sol était le signale que la tornade blanche allait repartir. Le monsieur s'éclipsa et la foule se remit en mouvement. Singulier monsieur.
Ma dernière petite remarque concerne le sentiment ambivalent, en tant que membre de Désirs d'Avenir, d'être à la fois snobé par les autres socialistes et mis en avant par nos camarades. Après de multiples communications avec Paris, avec des responsables de Meurthe-et-Moselle, du Jura, de Metz et bien entendu de Moselle d'avenir Thionville, notre feuille de route était claire, les passes étaient là, tout le monde était au courant. Pour interpeler n'importe qui, on disait "Désirs d'avenir" aux députées et à Ségolène elle-même et toutes les portes s'ouvraient. Elles nous regardaient, arretaient quelques minutes et prenaient le temps de répondre. L'acceuil a été très chaleureux par les autres DA que nous ne nous connaissions pourtant pas et qui nous ont bien aidé dans notre route.
De l'autre côté, les vents et les fins de non recevoir pleuvaient. Alors que tout était ficelé, je me rendais une première fois au QG de campagne de Dominique Gros où on m'avait dit de me présenter comme membre de DA. Après nous avoir dévisagé de haut en bas, on nous demanda avec un certain mépris dans le ton, "c'est quoi DA ?". Après avoir expliquer qu'on devait filmer la venue de Ségolène à Metz, on me répondit dans un rire "vous devez ? Il faut d'abord demander si vous pouvez !" Ni une ni deux, je relançais aussi sèchement et sûr de moi : "Non non, vous avez bien entendu "on doit"", et d'enchainer non moins sûr : "ce n'est pas moi qui le dit, c'est Ségolène Royal et c'est le Désirs d'avenir national qui m'a demander de me présenter chez vous". Les visages se sont alors fermés et tout le monde s'est volatilisé. Un bon quart d'heure plus tard, le directeur de campagne de Dominique Gros qui nous a reçu, nous a donné sans plus d'explications deux feuilles résumant le parcours qu'elle ferait en soirée, heure par heure, minute par minute... Nous sommes repartis sans trop poser de questions en imaginant qu'ils étaient tous sur le pied de guerre pour l'acceuillir et fatigués par la campagne finissante. Je contactais alors le reponsable Désirs d'avenir de Metz pour l'informer de ce que nous devions faire, il était au courant, lui. Une réunion fut donnée à 16 heure au QG. L'acceuil était cette fois-ci très chaleureux cette fois, mais uniquement par des DA. Conversations amicales et présentations s'enchainaient quand le directeur de campagne est reparu dans la salle, la reponsable de DA Metz lui cria tout sourire, "Ah Antoine, c'est la caméra de Ségolène ! de Désirs d'avenir !", il répondit d'un "ouaiiiiiiii, je sais...." lapidaire et plutôt agacé. Elle lui demandait une place dans le bus officiel pour que je puisse suivre le déplacement et tout filmer. "Ya pu d'place !" répondit-il sur le même ton sans nous regarder. Je me sentais à la fois géné et à la limite de la désillusion. J'étais dans la position inconfortable de l'intrus.
Je n'ai pas insisté, je partais en direction de la gare et contacta le sympathique Philippe du DA national. Après lui avoir raconté la situation, il me rassura et me rappela pour m'informer qu'il venait de briefer Aurélie Filipetti au sujet du bus. Je dois lui sauter dessus à sa sortie du train, j'ai un créneau de 3 minutes pour trouver une place. Quelques minutes avant l'entrée en gare, je ne savais toujours pas comment tout cela allait se passer, sinon que ça irait très vite. Le train arrive, tout le monde se presse, on suit la foule. Luc filme, je vois Ségolène descendre, pas d'Aurélie, la foule commence à se déplacer, je commence à pousser, je m'appuie sur le TGV pour m'approcher de l'entrée. J'ai le vide sous mon pied. Aurélie descend, je lui saute dessus, "Bonjour Aurélie, je suis Thomas, DA, je dois filmer, il me faut une place dans le bus". Un mot au directeur de campagne qui nous avait snobé deux fois en une journée, un grand sourire à Aurélie et deux places dans le bus, carte de presse etc... tout est tombé d'un coup et sans réfléchir on s'est laissé emporté par la tornade comme si on en faisait partie. Dans le bus, entre députés et candidats, je me sentais intrus, je me demandais s'ils s'étaient tous aperçus que nous étions là. Du coup, on a parlé avec le candidat modem(et oui encore lol) et puis avec ceux de Désirs d'avenir et les autres socialistes qui ne disaient rien mais devaient nous prendre pour des conseillers ou des journalistes ou je ne sais quoi encore.... Une femme nous a demandé qui nous étions mais je ne sais si elle a vraiment compris. Autant Désirs d'avenir est un passe partout avec les ségolènistes, autant c'est une entrave avec tous les autres. J'ai bien senti la différence que je ne percevais pas si forte auparavant. A chaque fois qu'on disait DA, on nous répondait "mais vous êtes au PS qd mm ?" Ma situation étant ce qu'elle est, on se sentait coincé entre deux murs au beau milieu d'un torent. On nous a laissé faire ce qu'on avait à faire. Mais on a bien senti que tout était au bon plaisir du prince, ou en l'occurence, de la princesse du jour.
Voilà pour les anecdotes de la semaine. La semaine prochaine je suis à Montbeliard pour la réunion DA Grand Est, je vous confierai mes impressions. Dimanche Arlette Laguiller est à Metz, je vais l'interviewer et lundi 3, c'est au tour de François Hollande de battre le pavé messin... Semaine politique chargée !
A encourager !
Thomas
20:32 Publié dans Autour du pot, Municipales 2008, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, nicolas sarkozy, stylo, roumanie, metz, dominique gros, arcélor-mittal
02 janvier 2008
Enfumage
Bonjour à toutes et à tous,
2008, interdiction de fumer dans les lieux publics. Interdiction, encore. Ce Nain de jardin va devenir Roi en matière d'interdictions. "Car tel est son bon plaisir". Devenir Roi, un comble pour un nain... Tout cela ressemble à une vieille vanne fumeuse, et pourtant...
Les gens "semblent" apprécier ce nouvel écran de fumée. Moi-même qui n'ai jamais trouvé quelconque plaisir à avaler ce goudron dioxydé, je ne comprends pas comment on peut approuver une privation de liberté supplémentaire alors qu'on nous demande sans cesse des efforts de l'autre côté. Je ne peux pas dire que je n'aime pas nos cafés, ces fêtes, ces styles, ces soirées où les fumées tamisent et diffusent la lumière dans tout l'espace. La brume intérieure ne fait pas tout, certes, mais elle est là, elle fait partie du décor et de ces moments de plaisir. Une soirée sans fumée, c'est comme une fête sans musique, un gateau sans crème... Et je ne parle même pas de ces bons salons narguileh ! Couchés sur nos divans, un thé à la menthe à la mains, l'embout du narguileh dans le bec à regarder un bon match de football, à faire des ronds dans l'air ou à papotter avec les inconnus assis juste à côté. Ambiance chaleureuse. Et toutes ces saveurs. Menthe bien entendu mais aussi citron, fruits rouges, noix de coco, mangue, fraise, pomme qui embaument toute la pièce et imprègnent les vêtements, les tissus, les cheveux... Cela fait partie des endroits les plus conviviaux que je connaisse dans lesquels on parle vraiment aux autres. C'est tellement rare de nos jours ce genre d'endroit, qu'il faut le souligner. Et tout ca c'est aussi grâce à la fumée.
2008, interdiction de fumer dans les lieux publics. Après tout, puisque l'Etat se comporte comme un père ordonnateur, je me dis que c'est parce qu'il considère ses citoyens comme des enfants irresponsables. Je n'aime pas qu'on me dise comment je dois vivre ou pas et je considère qu'infantiliser le citoyen est certainement le meilleur moyen de légitimer toute privation de liberté. Voilà comment du domaine de la santé on passe au domaine des moeurs, et du domaine des moeurs au domaine politique. Finalement, on aboutit au totalitarisme parfait puisqu'il serait légitime, appuyé à coup de sondages approbateurs. Cette méthode est indolore, incolore... Et tout le monde parait content de vivre dans ce monde duquel la vie a été extirpée. Aujourd'hui la fumée de cigarette, demain l'alcool, et après ? Les thrillers ? Les jeux vidéos ? Et pourquoi pas certaines musiques ? Les barbecues dégagent un nombre incalculable de particules bien plus nocives que la fumée de cigarette ! A quand l'interdictions des merguez grillées ? Ils trouveront bien un moyen de nous dire que c'est mauvais pour nous, et il y aura bien un sondage tout frais et "largement" approbateur pour légitimer une nouvelle interdiction. S'il fallait interdire tout ce qui est mauvais pour notre corps, ils devraient commencer par le début : interdire la vie. Après tout l'Homme n'est il pas un loup pour l'Homme ? Tuer l'Homme serait donc un moyen de le protéger lui-même et la planète... Ne rigolez pas, ce raisonnement est de la même accabie que celui utilisé par notre cher Mickey Mouse. Il est simplement mis à nu et sans effet rhétorique.
2008, interdiction de fumer dans les lieux publics. Ras le bol de ceux qui savent, ou prétendent savoir, pour les autres. Aujourd'hui, je veux qu'on me laisse juge de ce qui est bon ou pas pour moi. Je veux qu'on me laisse vivre dans une société qui vit, une société vivante. Pas cette société asceptisée où tout le monde sort du même moule et où chacun doit rentrer dans le sien. L'Homme n'est pas fait pour vivre toute sa vie dans une éprouvette de laboratoire. L'Homme n'est pas condamné à vivre dans un hopital où tout est désinffecté à l'eau de javel, dans une boite hermétique où personne ne se touche et qu'on lui façonne progressivement en lui faisant croire que c'est lui qui le demande. Voilà le nouveau totalitarisme. Il ne cherche pas à contrôler les idées mais les habitudes avec une apparence d'assentiment. Le totalitarisme consentant. Il faut savoir regarder en face ces lois qui ne sont que des écrans de fumée. Elle cachent souvent un plus gros sinistre que ce que les médias et les politiques veulent bien nous montrer. Sachons reconnaitre l'odeur du brulé quand il se présente à nos narines car elle est certainement plus nocive que celle de la cigarette !
Oui à la fumée de cigarette dans nos lieux de vie, oui à la convivialité irremplaçable des bars à chicha et oui au droit de vivre dans un pays qui doit rester vivant !
2008. Je ne vous la souhaite pas bonne, elle ne le sera pas. Autant être lucide.
A très bientôt.
Thomas.
14:15 Publié dans Autour du pot, Europe et pays européens, Institutions, Pauvreté, exclusion, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Liberté, Valeurs, Vie, Bien-être, Monarchie, Totalitarisme, Sondages
23 décembre 2007
La classomanie
Bonjour à toutes et à tous !!
La Classomanie de ces jours me laisse perplexe.
Ne cherchez pas dans le dictionnaire : ce mot est bien un néologisme ! Il est volontaire, assumé et revandiqué (je démine les éventuels procès en incompétence lol). Qu'est ce que la classomanie ? Littéralement, cela signifie la manie des classements. Un TOCTIC (et non un TICTOC attention !) : Trouble Obsessionnel Compulsif Traditionnel dans l'Information et la Communication. Ces classements sont, en général, drôles pour le lecteur, souvent polémiques et généralement sans intérêt sinon celui de rigoler et d'alimenter les conversations de comptoires. Il faut bien avouer qu'ils sont aussi fait pour nous divertir pendant les longs repas des fêtes de fin d'année... Prêtons-nous à ce petit jeu. Commentons.
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Je ne résiste pas à l'envie de vous parler de la nommination, désignation ou élection, je ne sais, par le Time Magazin de Vladimir Poutine, homme de l'année 2007. Ce non-événement fait pas mal jaser. Pour ma part, je pense que pour juger la manière dont la Russie est gouvernée, il faut se remémorer deux choses.
La première, c'est que la Russie n'a jamais, au cours de son histoire, connu la démocratie. Empire autoritaire jusqu'en février 1917, brève république sans réel ancrage puis oligarchie jusqu'en 1989-1990-1991. Les années 90 ont été celles des grands boulversements et pas toujours dans le bon sens (accroissement des inégalités, chute démographique, privatisation et ultralibéralisme à outrance). Surtout, pendant cette decennie, la Fédération a failli littéralement éclater, travaillée qu'elle était par ses forces centrifuges. De ce point de vue, le maintien de l'autorité Russe en Tchétchénie est justifiée par la raison d'Etat. Un échec en Tchétchénie et c'est toute la Fédération qui s'effondrerait.
D'autre part, et même si cela n'excuse pas tout, je pense qu'il faut arrêter de juger le monde selon nos valeurs occidentales. Il faut parler de tout, avec tout le monde, mais arrêtons de donner nos leçons de moral aux autres peuples.
Ces deux raisons expliquent la confiance que le peuple porte à Vladimir Poutine, un homme fort qui a redonné sa fierté aux Russes sur la scène internationale, qui a stopé les excès du libéralisme et de l'économie de marché en reprenant les rênes de l'Etat, qui a stopé l'accroissement des inégalités et tenté de le sécuriser, bien souvent au profit des plus faibles. Alors, même si cet homme n'est pas parfait, même s'il n'a pas toutes nos valeurs, même s'il peut être autoritaire, il a le mérite d'avoir réussi à tenir son pays. Les Russes veulent, après le choc organisationnel qu'ils ont subi ces dernières années, plus de stabilité, plus de sécurité, moins d'inégalités. Vladimir Poutine est le seul capable en Russie de leur donner, aujourd'hui. Le monde dangereux dans lequel nous vivons a besoin d'une Russie unie et forte. Vladimir Poutine est le seul capable en Russie de leur donner, aujourd'hui. Je ne sais pas si Vladimir Poutine est l'homme de l'année 2007, mais il est d'ores et déjà l'homme de la Russie de ce XXIième siècle.
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Je ne résiste pas non plus à évoquer le classement des personnalités préférées des Français. Yannik Noah grand premier pour 2007. Du coup, il lance une tirade politique. C'est bien, mais quelle autorité a-t-il pour le faire ? Remarquez, chacun a ses opinions et le droit de les exprimer, c'est normal. Mais pas besoin d'attendre d'être l'homme préféré des Français pour cela. Au point ou nous en sommes dans les mascarades municipales, pourquoi le PS ne l'inscrit-il pas sur une liste ? Après tout, son ami Toreton y est bien, lui... La gauche caviar n'est malheureusement pas encore morte. Il faut ajouter, pour leur défense, un argument qui n'est pas négligeable. Quand les politiques ne font pas leur travail, il faut bien que d'autres s'en charge. Où sont les DSK, les Royal, les Fabius, les Jospin, les Hollande, les Delanoe, les Valls, les Peillon, les Aubry et tous les députés ? Où sont-ils quand on en a besoin dans les rues, dans les associations, dans les simples réunions de militants ? Réponse : ils planifient les cinq années à venir pour leur compte personnel. Dans ces conditions, heureusement que les gens ayant assez de notoriété pour que leur parole porte sont présents pour dire ce que nos élus n'ont pas le courage de dire. Pour info, Mimi matti est troisième et nos hommes et femmes politiques très loin derrière. Comment font ils pour être dans le classement avec tout ce qu'ils nous prennent pour des boeufs ? Je ne comprends pas. Moi, je ne pense pas que les Français soient des boeufs et je leur fais volontier confiance pour savoir l'exprimer dans les prochaines semaines et années.
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Enfin, je ne résiste pas à vous faire part du fou rire qu'a provoqué chez moi le débat nationalo-réunionais qui agite le microcosme miss Francesque ! (et non Francisque...) Honnêtement, cette Miss Réunion, et même si tout le monde se fout éperduement de qui peut bien être Miss France, c'était quand même la mieux foutue, celle qui avait le plus d'aisance à l'oral et celle qui avait les réponses les moins stéréotypées ("Je veux promouvoir la paix dans le monde", "je veux défendre les enfants dans le besoin")... Alors qu'elle ait posé avec un doigt dans la bouche, qu'elle ait fait des photos nues, bref, qu'elle ait voulu gagner sa vie avec son physique avantageux, qui ne l'aurait pas fait ? Soit dit en passant, avec tous les portables, les appareils numériques, les blogs et site internet, il sera bientôt très difficile pour quelqu'un de n'avoir pas au moins une photo saoul, une photo un peu explicite, une photo inconvenante, il n'y aura bientôt plus personne pour être candidat, ni à Miss France, ni à la présidentielle, ni ailleurs... Tout ca pour dire qu'on la laisse un peu tranquille cette Miss. Les temps changent et c'est une femme de son temps. Peut-on lui reprocher d'être Miss France 2008, en 2008 ?
Vous me direz que dans le classement des "gens qui résistent à l'envie de vous dire", je ne me placerais certainement pas dans les premières places. Je vous répondrai : "Chut ! N'allez pas donner des idées à ces classomaniaques !!"
Bonne journée à vous !
Thomas.
15:15 Publié dans Autour du pot, Europe et pays européens, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Vladimir Poutine, Russie, Yannik Noah, Philippe Toreton, Ségolène Royal, Bertrand Delanoe, DSK
17 décembre 2007
La remise à plat
Bonjour à toutes et à tous,
Comme vous pouvez l'entendre, j'ai choisi d'égayer un peu ces pages en y ajoutant un compteur musical. Un livre sans image est comparable à une journée sans lumière, ce n'est jamais très excitant. J'en ai d'autant plus conscience que j'ai eu l'occasion d'en faire la désagréable expérience chaque jour depuis des années... Un livre sans illustration ne devrait pas être appelé "livre". Un bouquin ? Un pavé ? Je ne sais pas, mais pas un livre.
Je me suis donc attelé à cette mise en place, et ce, pendant plus de deux jours : pas plus, pas moins ! Comme dirait un de mes professeurs, il faut toujours voir les choses sous un angle positif, je dirais donc que dans le domaine de l'informatique, je dispose d'une marge de progression importante !
Les choix qui ont été faits ne l'ont bien entendu pas été au hasard. Puisqu'il s'agit de l'illustration du blog, c'est l'ambiance musicale qui lui donnera sa tonalité. La musique adoucie les moeurs dit-on. Moi je pense que la musique adoucie les mots, ce n'est pas la même chose. Ces mots peuvent être forts et violents, ils peuvent nous emporter et traduire la colère, un malaise ou au contraire le bien être, la joie et l'amour. L'insoucience. Dans tout les cas, la musique n'est pas que passion, elle est aussi raison. C'est le mélange des deux qui lui donne tout son intérêt.
C'est précisément cette diversité que j'ai voulu mettre ici en avant. Diversité des genres avec de la House, des varitétés, des chansons plus engagées, des instrumentales et des paroliers. Diversité des époques aussi avec des chansons comme Parlez moi d'amour et le canon de pachelbel jusqu'à Zazie ou Raphaël. Diversité des origines enfin, il y a du français, de l'anglais, de l'allemand, de l'Italien, de l'Espagnol et du Roumain ! Je n'ai pas encore trouvé la chanson Japonaise ni Arabe que je souhaitais, ça ne saurait tarder ;-) Enfin, elles sont toutes des chansons qui ont marqué une époque, si courte soit elle, de ma vie, et cela a également joué dans leur choix. Elles sont rattachées à des moments, à des personnes qui se reconnaîtront peut-être ou peut-être pas.
J'ai essayé de mettre ma personnalité en chanson. Le dosage est difficile, à vous de me dire si l'original correspond à la musique ;-)
A très bientôt.
Thomas.
00:10 Publié dans Autour du pot | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15 décembre 2007
Doux réveil
Bonjour à toutes et à tous,
Depuis quelques temps, le trouble a envahi mon esprit. Ces périodes ne sont jamais agréables à traverser. Mais une fois les épreuves laissées derrières nous, sorti du bois, tout nous parait soudainement moins lourd, plus clair, limpide. C'est ce moment que j'ai choisi pour vous donner de mes nouvelles, plus régulièrement je l'espère, de façon plus simple j'en suis certain.
De retour dans ce havre blogesque, parmi vous, avec une vitrine rénovée, des sujets plus concrets, des réflexions plus personnelles et un grand projet dont je vous ferai part bien assez tôt. Ne soyez pas curieux, laissez le temps au temps, ce qui doit être sera. J'en suis sûr !
A très bientôt.
Thomas.
15:15 Publié dans Autour du pot | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29 juillet 2007
Eloge de la coccinelle
Sans grande valeur sinon celle d'être la "bête au bon Dieu", elle passe sa courte vie à manger pour pouvoir survivre. Loyale, ses minuscules et légères pattes font d'elle une brave ouvrière, agile et travailleuse. Libérée, sa petite taille lui permet d'aller à peu près partout. Patiente, elle peut tout faire et elle le fait bien. Féminine, la coccinelle n'en est pas moins moderne ! Véritable arme de guerre contre les parasites en tout genre, elle ne fait pas de discrimination parmi ses proies. D'une énergie inépuisable, elle se multiplie d'autant plus rapidement qu'elles sont nombreuses. Sans les pucerons, elle n'est rien. Mais plus le mal se développe, plus elle est active et efficace. Véritable santinelle de votre jardin, insecticide naturel, elle est écologique. Quelques taches noires de folie, un soupçon de répartie, très adroite malgré les rougeurs écarlates de ses élytres, les ennemis de vos Roses n'ont qu'à bien se tenir. La coccinelle veille.
Qui de mieux que Victor Hugo pour nous réciter cette humble petite bête ?
La Coccinelle
Elle me dit: "Quelque chose
Me tourmente." Et j'aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.
J'aurais dû — mais, sage ou fou,
À seize ans, on est farouche, —
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l'insecte à son cou.
On eût dit un coquillage;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.
Sa bouche fraîche était là:
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle;
Mais le baiser s'envola.
"Fils, apprends comme on me nomme",
Dit l'insecte du ciel bleu,
"Les bêtes sont au bon Dieu;
Mais la bêtise est à l'homme."
Victor Hugo, Paris, mai 1830.
(Les Contemplations, I, 15, 1856)
Prenons garde à la coccinelle.
Thomas.
02:30 Publié dans Autour du pot | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : coccinelle, rouge, rose, passion


