29 avril 2008

L'art excquis

Bonjour à toutes et à tous,

 

On avance, on va y arriver ! Vous avez bien entendu noté que je viens de créer une catégorie spéciale "Sarkozy", il ne me manquait plus que ça. Mais pour une fois ce nom n'est pas synonyme de superflux tant le nombre d'articles et de références à l'égard de ce personnage sont nombreux dans ces colonnes.  On avance, je vous dis !

 

Sarkozy. Un ami me faisait remarquer, il y a quelque jours, la capacité que les gens ont, tous les gens sans aucune distinction ni de couleur, d'âge, de sexe, de religion ou encore d'orientation (politique biensûr !) à prononcer le nom de "Sarkozy" en une journée. Testez-vous, c'est fou quand on y pense ! Vous aussi, vous arrivez à parler de "Sarkozy" au moins une fois par jour ? Ne vous inquiétez surtout pas, vous êtes tout à fait normal. Nicolas, Nico, Nabot, Napoléon, Nicolas Ier, Sarko, Sarko-ci, Sarko-ça, t'as entendu Sarkozy ?, t'as vu Sarkozy ?... Peu importe qu'on l'aime ou le déteste, aucune sortie, aucun diner, aucune discussion avec sa famille, ses amis, ses collègues, ses voisins ne peut se faire sans passer par la case "Sarkozy". Il fait presque partie du patrimoine national. Mieux, c'est une tradition, une coutume. A quand les processions pour assurer de bonnes récoltes ? A quand le défilé de Sarkozy ? A quand la Saint Sarkozy ? Tenez, vous allez rire, je faisais une rencontre la semaine passée, avec quelqu'un que je connaissais plus ou moins mais avec lequel j'avais soigneusement évité d'aborder le sujet politique (pour une rencontre, ce n'est jamais très porteur la politique, pour peu qu'on soit de l'autre bord, ça casse tout de suite l'ambiance, d'autant plus que Sarkozy est un personnage très clivant. Moins aujourd'hui, il est vrai, tant il semble faire l'unanimité contre lui... Mais passons). Et bien j'ai appris quelque chose, tout comme Lagardère, si tu ne vas pas à Sarkozy, Sarkozy ira à toi ! Je ne voulais pas en parler, il est venu à moi tout seul, sans perche, sans même prononcer son nom. Et si on l'appelle trois fois, apparaît-il ? Je laisse les plus courageux (les plus fou ?) tenter pour moi l'expérience. Avec le Gin Sarkozy, tout devient possible ! Mais attention, il ne se cache pas dans un diamant, rubis ou émeraude. Non, il vaut mieux chercher à brosser une rolex, un stylo plaqué ou un costume prada. Ca marche aussi avec Dior et D&G ! Les spécialistes en ésothérisme ne seront pas dépaysés, tout se trouve toujours Place Vendôme ! Quel art excquis que celui de médire !

 

Sartre. Mais il y a mieux, "l'art excquis de comprendre sans comprendre" écrivait J.-P. Sartre dans Les mots. C'est fou la capacité qu'ont les Français à passer au dessus de l'essentiel. Je dis les Français, mais c'est parce que je connais beaucoup moins bien les autres. Peut-être est-ce une caractéristique commune à tous les êtres humains, voire vivants, je ne sais. Toujours est-il que je perçois chaque jour un peu plus ce sentiment de jouissance directe. Cette obscession devrais-je dire. Cette volonté de jouir "plus" que les autres, ou du moins tel qu'on s'imagine que l'autre jouis. Parce qu'au final, tout est question de représentation. Les humains se retrouvent tout à coup lancés dans une course effrénée contre un autre dont l'image qu'il a de sa jouissance est telle, qu'il ne peu jamais l'atteindre. Du coup, il renchérit, se trouvant piégé dans un cercle vicieux duquel il ne peut sortir puisque sa vision est erronée et que l'autre ne jouit pas plus que n'importe qui. "Travailler plus pour jouir plus", ce solgan était en filigrane sous celui du "Président" et que le prochain se fasse élire avec un slogan du type "Jouisons maintenant" ne me parait pas improbable. En tout cas, Sarkozy l'illustre bien et, en cela, représente bien les gens de son pays. Je parlais des valeurs d'aujourd'hui que je n'aimais pas avec un ami, le culte de la vitesse, le profit personnel au détriment des autres, la disparition du sens de l'honneur et de la parole...  Malheureusement pour eux, tous ces gens n'ont pas compris que la jouissance instantanée, c'est comme le sucre, c'est comme l'énergie, c'est dix fois meilleur et dix fois plus fort et dix fois plus permanent quand c'est durable. Quand on résiste au mouvement, qu'on a le sentiment de pouvoir s'en affranchir à notre bon vouloir, quand on a même le sentiment de le contrôler par notre analyse en retrait. Bref, quand on maîtrise son monde en ne respectant que son propre calendrier et ses propres règles, c'est là une délectation sans fin, une jouissance permanente qui permet de profiter dix fois plus de la vie, en respectant les autres, que n'importe quel type de plaisir instantanée dont les effets disparaissent aussitôt. Beaucoup en ont conscience, bien peu peuvent prétendre le réaliser. C'est très difficile de lutter contre le courant, mais quel plaisir de pouvoir se dire qu'on en fait partie. Un art excquis vous dis-je !

 

Tout ceci pour vous dire qu'il faut constamment garder à l'esprit que le plaisir est décuplé par l'instauration de règles. Que savoir qu'on fait les règles est dix fois plus motivant que de tout pouvoir faire sans qu'il y en ait aucune. On ne parle pas de Sarkozy lors d'un premier rencard ! On ne touche pas les amis des amis, c'est sâcré ! Le bon sens qu'il faut remettre au goût du jour.

J'espère que vous avez compris malgré tout ;-)

A très bientôt, Thomas ! 

25 avril 2008

Ces loups qui hurlent...

Bonjour à toutes et à tous,

 

Après deux semaines vierges, j'ai réussi à me mettre quelque chose qui vaut le coût sous la dent. C'est pas trop tôt me direz-vous ! Mais il faut prendre son temps dans ce monde obsédé par la vitesse. A ce propos, depuis deux semaines que je vais nager tous les jours, en observant tous ceux qui pataugeaient plus ou moins bien autour de moi dans le grand bain, il m'est venu la remarque suivante : ce n'est pas celui qui fait le plus de vagues qui avance le plus vite ! On pourrait bien appliquer cette réflexion à la pensée, a fortiori quand on prétend vouloir "penser autrement". Allons donc !

 

Il ne vous a pas échappé que le Président de la République (c'est la première fois que je l'appelle ainsi lol) est intervenu hier soir sur vos écrans de télévision. Je ne l'ai pas écouté, comme d'habitude. J'ai lu ce matin dans la presse ce qui en est dit. La même chose, comme d'habitude. Beaucoup essayent de mettre en avant ses incohérences. Elles existent, certes, sur des sujets mineurs. Néanmoins, et malgré tout le respect que je dois aux familles nombreuses, aux agriculteurs cultivant des OGM et autres manifestants anti-JO2008, ces thèmes sont loin d'être centraux dans la mise en oeuvre d'une politique. Ils restent des sujets ponctuels qui peuvent aisément être déconnectés de la philosophie globale. Parce que finalement, qu'on aille ou pas à Pékin, n'est-ce pas qu'une question de point de vue ? Cela changera-t-il la donne mondiale ? Qu'on donne ou pas des réductions aux familles nombreuses résoudra-t-il la crise économique ? Qu'on autorise ou pas la culture d'OGM en plein champ fera-t-il que chaque Français mange bien, mange mieux ? Personnellement, je ne le pense pas. Ce sont des points sur lesquels chacun a sa position, mais qui, au final, ne sont qu'une question de sensibilité personnelle. La preuve ? Ce sont des sujets qui divisent les personnalités au sein de la Droite comme de la Gauche. Pour dire les choses comme je les pense, le travail de sappe engagé par les médias et l'opposition sur ces incohérences est légitime mais il ne faudrait pas que cela fasse oublier l'exceptionnelle cohérence de la pensée politique de la droite au pouvoir. J'ai peur de la démobilisation de l'électorat populaire (au mieux) et de la remontée du "blanc bonnet et bonnet blanc", de "l'UMPS" donc des votes extrêmes (au pire). Je revois, quand je vois les nouveaux éléphants de la Gauche tonner contre le Président, les cris des dinausaures du PS contre Chirac cinq ans auparavant. La Droite qui fait mal contre la Gauche qui ne propose rien. N'oublions pas que la Droite n'a besoin de personne pour se ridiculiser. Laissons la faire tant que nous ne sommes pas en mesure ""idéologique" et programmatique de la combattre et de la battre. Laissons la faire au lieu de hurler avec les loups...

 

Sur la choérence idéologique de la Droite, j'ai pu lire hier une remarque frappée au coin du bon sens dans le Monde diplomatique de ce mois d'avril 2008 intitulé "L'art de faire rêver les pauvres", écrit par Mona Chollet, l'auteure de Rêves de droite. Défaire l'imaginaire sarkozyste paru cette année. Je vous la retranscris telle quelle : "Dans le modèle marxiste, le travailleur est invité à se défaire de la mentalité servile et autodépréciative qui lui interdit de comparer son sort à celui des nantis pour revendiquer sans complexe le partage des richesses ; en même temps, il s'identifie à ses semblables, salariés ou chômeur, nationaux ou étrangers, envers qui il éprouve empathie et solidarité." J'avoue me reconnaître dans ce modèle de pensée, peu importe le nom qu'on lui donne, plus qu'un choix, il me semble que c'est un sentiment, une façon de voir le monde qui est par elle-même. Et comme je me sens appartenir à cette catégorie qui existe par opposition à celle des "nantis", j'ai le réflexe, dans tous les domaines, de tenir avec le plus faible contre le plus fort. C'est un réflexe. Mais peu importe cela, c'est la suite qui est interessante : "Désormais, le travailleur s'identifie aux riches, et il se compare à ceux qui partagent sa condition : l'immigré toucherait des allocations et pas lui ; le chômeur ferait la grasse matinée alors que lui "se lève tôt" pour aller trimer... Son ressentiment est ainsi habilement dévié de sa cible légitime, et l'on voit s'enclencher un redoutable cercle vicieux : plus ses conditions de vie se dégradent, plus il vote pour des politiques qui les dégradent encore plus. Chacun étant incité par le matraquage médiatique à se penser environné de flemmards, de parasites, de voyous qui veulent le saigner à blanc, au propre comme au figuré, il ne peut désormais cultiver que des espoirs strictement individuels." Autrement dit, Mona Chollet décortique ici le fond de commerce que la droite extrême a fait tournée depuis le milieu des années 80 et que Sarkozy a tout bonnement repris à son compte pendant la présidentielle de l'an passé. Voilà ce qu'il nous faut comprendre et voilà à partir de quoi on doit réfléchir pour renflouer l'individualisme ambiant. Voilà la phrase, s'il en fallait une, qui justifie toute la cohérence actuelle de la Droite au pouvoir depuis 6 ans. Mona Chollet termine ainsi : "Il n'imagine pas changer les règles afin d'améliorer le sort commun, et pour cela, s'allier avec d'autres, mais seulement tirer son épingle du jeu." Et voilà comment cela amène toute une classe politique à réfuter le changement global pour le profit personnel. Le changement pour tous et non pour quelques uns, voilà notre piste.  Je ne résiste pas, pour finir cette mise en cohérence, à vous parler de l'excellent édito, sinon dans l'écriture, du moins pour son contenu, d'un journaliste Espagnol paru ce mois-ci dans le Courrier International et mettant en parallèle les politiques, les méthodes, les valeurs et les personnes de Nicolas Sarkozy, Silvio Berlusconi et Vladimir Poutine. Si vous n'avez rien à manger, cet édito est comme un bon saucisson dans un monde où on ne mange que du toffou, il se déguste !

 

Pour revenir sur l'individualisme, j'ai assité à un Comité Consultatif Citoyen au Conseil Régional jeudi soir. Il s'agit, sous son intitulé bizarre, d'un "débat participatif" organisé par le Conseil Régional de Lorraine. Le thème portait sur les obstacles au travail transfrontalier. N'étant moi-même ni travailleur, ni frontalier, et encore moins travailleur frontalier, n'aspirant même pas à le devenir, j'avoue avoir été un peu largué par la technicité et la complexité du sujet. Je me suis donc attaché à observer (à défaut de pouvoir participer) deux choses qui me tenaient à coeur : l'organisation du débat "participatif" d'une part, la place de l'idée européenne dans les échanges. Je vous le dis tout net, je ne suis pas vraiment convaincu. Concernant l'organisation du débat, il connait tous les grands défauts des réunions politiques depuis toujours, à savoir la difficulté de faire se déplacer les gens jusqu'au lieu de réunion, en semaine ou en week end, à 20 heures. On pouvait compter au mieux, en très gros, une cinquantaine de personnes dans la salle des délibérations du Conseil mise à disposition pour l'occasion. Souvent, il s'agit de personnes qui se connaissent, syndicalistes, associatifs, politiques... Rarement, des curieux, simples citoyens. L'avantage pour ces derniers, c'est que quand ils viennent, le fait qu'ils soient peu nombreux permet de traiter chaque cas individuellement et toute une batterie d'experts se retrouvent tout à coup devant eux pour répondre à toutes leurs questions sur le sujet voire prendre les contacts nécessaires. Avis aux amateurs. Sur la question du "citoyen expert", j'ai trouvé qu'aucune intervention n'a été inutile, bien au contraire. Toutes m'ont semblé cadrées et pertinentes, les gens qui venaient savaient pourquoi ils venaient et n'avaient pas froid aux yeux pour essayer de prendre la parole. C'est notable. Concernant l'idée européenne dans les interventions, la réponse est simple : quasi nulle aussi bien du côté des "citoyens experts" que des "experts" tout court ! C'est certainement ce qui a été le plus frappant, toutes les questions trouvaient des réponses dans des accords binationaux. Exit le niveau européen, trop complexe. Exit la Grande région, reléguée au rang de simple gadget impuissant. Autre chose frappante, quand on pense travail transfrontalier, pour le Thionvillois que je suis, on pense automatiquement Luxembourg. Or toutes les questions et problèmes, sans exception, portaient sur le travail transfrontalier franco-belge et franco-germanique, pas une question sur le Luxembourg. Le Luxembourg serait-il le pays où tout va pour le mieux pour le travailleur Français ? Je voudrais, pour finir, revenir sur le point qui m'a marqué en général, l'absence de l'intérêt général dans les discussions. "Moi, je, mon, ma, à moi, combien pour moi, comment je fais moi, je dis, je veux"... La démocratie participative, le citoyen seul face aux experts, serait-elle le dernier avatare de l'individualisme triomphant ? 

 

Moralité ? Il faut que chacun choisisse entre deux possibilités : hurler individuellement ou hurler avec les loups. Dans tous les cas, on est pas certain d'être entendu !

 

A améliorer !

Thomas 

14 avril 2008

Olympisme et Chinoiseries

Bonjour à toutes et à tous,

Cette semaine je comptais vous faire une longue tirade sur la confiance et la fidélité. Mais aux vues des derniers événements, j'ai pensé qu'un petit tour par la Chine s'imposait. Elle s'impose car elle semble aujourd'hui faire partie de ces pays qui vont compter dans les prochaines années, peut-être plus qu'aucun autre dans l'histoire. Les Etats-Unis sont sur le déclin, l'Europe et le Japon stagnent dans leurs contigüités, l'Amérique du Sud poursuit son bonhomme de chemin, l'Afrique est plus pauvre que jamais. Avec la Russie et l'Inde, la Chine est le pays du XXIième siècle. Cela peut nous paraître frustrant, à nous, occidentaux, habitués que nous sommes à faire la leçon au monde, mais c'est ainsi, et il va falloir s'y habituer car ce n'est, à mon humble avis, que le début.

 

Des images, encore. Revenons d'abord sur ces images que nous avons tous vus. Un bordel sans nom, il n'y a pas d'autres mots. Des sportifs pris en otages d'une mini guerre civile le long du parcours de la flamme. Les CRS, les ProChines, les Pro Tibétains, certains défendant les libertés, d'autres le soit-disant "esprit olympique". Les présidents de CIO et ceux de défense de la liberté de la presse. Une joyeuse castagne comme les Français savent le faire. J'ai à l'esprit l'image de cette Chinoise en fauteuil roulant qui protége la flamme comme son bébé, étonnée des réactions de la foule à son passage. Des gens qui courent dans tous les sens, des organisateurs complètement dépassés autant du côté Chinois que du côté Français. Je ne crois pas que quelqu'un y ait gagné grand chose, même si les images sont fortes. Qui ne peut être sensible à ce jeune Tibetain hurlant "free Tibet, free Tibet !", bouche en sang et entrant dans un fourguon ? Par le coup de matraque reçu par ce photographe, assomé par un CRS ? Par l'image d'une flamme éteinte sous les yeux de notre judoka national ? Mais ces images sont le règne de l'émotion plus que de la raison. N'est-ce pas pour avoir ce genre d'images qu'on a donné les Jeux Olympiques à la Chine ? Est-ce une manière de la glorifier ou un cadeau empoisonné pour la faire vaciller ? La chute de l'URSS n'a-t-elle pas commencé, entre autres, avec les JO de Moscou en 1980 ? En choisissant Pékin pour acceuillir les Jeux, nous savions tout ça. Il fallait le dire avant, qu'attendent-ils pour avoir une politique économique en accord avec leurs idées ? Si on peut brûler les symboles, ils n'ont pas l'intention de changer ce gros coffre-fort économique que constitue l'Empire du Milieu. Je pense tout le contraire, je pense qu'il faut mettre nos actes en accord avec nos valeurs et nos idées, mais on ne doit jamais toucher un symbole !

Quelle position prendre ? Vous le savez, je ne suis pas un partisan du droit d'ingérence. Je pense que personne n'a de leçon à reçevoir concernant sa politique intérieure et surtout pas de notre part. Les Européens sont les premiers à faire la leçon aux autres, mais lequel d'entre eux accepterait qu'un autre pays lui dise comment il convient de régler ses problèmes intérieurs ? Qui accepterait l'humiliation publique que l'on fait subir au peuple Chinois ? Qui accepterait de se coucher par terre devant le monde comme l'a fait l'Irak en 2003 face aux inspecteurs de l'ONU ? Quel pays d'Europe accepterait de se voir dicter sa politique de défense comme l'Iran ? Quel pays de notre continent accepterait de se voir dicter toute une politique intérieure comme la Turquie ? Avouez qu'il n'y en a pas beaucoup... Que nous nous occupions de nous même avant de donner des leçons aux autres. Il appartient à chaque peuple d'écrire son histoire et je fais confiance aux Chinois pour continuer d'écrire la leur. Il est évident qu'un si grand peuple, si ingénieux, si fier, si puissant, si riche, de toutes les manières qu'un peuple puisse être riche, ne peut s'arrêter à ce gouvernement autoritaire, à cette barbarie, à cette rigidité.

Ceci dit, si nous n'avons pas de légitimité pour donner des leçons à d'autres, nous avons le devoir de donner et dire notre avis, a fortiori quand ces gens viennent sur notre sol. Nous ne devons pas cacher ce que nous pensons, ce serait mentir à ces gens, ce serait nous mentir à nous-même. Oui, nous continuerons de promouvoir nos valeurs, nous les défendrons, nous devons le faire savoir. La liberté individuelle et collective, les Droits de l'Homme, l'autonomie voire l'indépendance du peuple Tibétain comme de tout peuple souhaitant disposer de lui-même, nous devons réaffirmer ces positions chaque fois que cela est possible, mais dans le dialogue avec l'autre et non pas dans le rapport de force et l'humiliation. Il ne faut pas se tromper de cible. Humilier un pays c'est humilier son peuple et cela risque de produire les effets inverses de ceux recherchés. Que disons-nous, nous, Français, quand un autre pays comme les USA ou Israël nous donnent des leçons sur notre politique religieuse ? Qu'avons-nous fait quand les USA ont voulu nous forcer la main pour s'enfermer dans le bourbier Irakien ? Nous avons fait l'union sacré autour de nos dirigeants, autour de notre République, même si nous savions que tout n'était pas parfait. Notre cible, c'est le gouvernement chinois, pas la Chine ! Notre cible, c'est la dictature et l'arbitraire, c'est l'autoritarisme ! Pas les Chinois, pas les Jeux Olympiques !

 

Nous sommes le pays de la liberté, soyons juste nous-même. Sachons respecter les autres, qui ont d'autres cultures, d'autres histoires, d'autres perceptions du monde. A nous de défendre nos valeurs mais sans violence ni humiliation, sans nous ériger constamment en Juge suprême d'un prétendu Bien occidental contre le soit disant Mal que représente l'étranger. Les valeurs se partagent et se discuttent, elles ne s'imposent jamais. Nous devons participer à ces Jeux Olympiques. Nous devons aller voir les Chinois. Nous devons aller défendre nos valeurs sur leur territoire, chez eux, avec eux. Le dialogue est la clef.

Bon nirvana à tous.

Thomas.