23 décembre 2007
La classomanie
Bonjour à toutes et à tous !!
La Classomanie de ces jours me laisse perplexe.
Ne cherchez pas dans le dictionnaire : ce mot est bien un néologisme ! Il est volontaire, assumé et revandiqué (je démine les éventuels procès en incompétence lol). Qu'est ce que la classomanie ? Littéralement, cela signifie la manie des classements. Un TOCTIC (et non un TICTOC attention !) : Trouble Obsessionnel Compulsif Traditionnel dans l'Information et la Communication. Ces classements sont, en général, drôles pour le lecteur, souvent polémiques et généralement sans intérêt sinon celui de rigoler et d'alimenter les conversations de comptoires. Il faut bien avouer qu'ils sont aussi fait pour nous divertir pendant les longs repas des fêtes de fin d'année... Prêtons-nous à ce petit jeu. Commentons.
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Je ne résiste pas à l'envie de vous parler de la nommination, désignation ou élection, je ne sais, par le Time Magazin de Vladimir Poutine, homme de l'année 2007. Ce non-événement fait pas mal jaser. Pour ma part, je pense que pour juger la manière dont la Russie est gouvernée, il faut se remémorer deux choses.
La première, c'est que la Russie n'a jamais, au cours de son histoire, connu la démocratie. Empire autoritaire jusqu'en février 1917, brève république sans réel ancrage puis oligarchie jusqu'en 1989-1990-1991. Les années 90 ont été celles des grands boulversements et pas toujours dans le bon sens (accroissement des inégalités, chute démographique, privatisation et ultralibéralisme à outrance). Surtout, pendant cette decennie, la Fédération a failli littéralement éclater, travaillée qu'elle était par ses forces centrifuges. De ce point de vue, le maintien de l'autorité Russe en Tchétchénie est justifiée par la raison d'Etat. Un échec en Tchétchénie et c'est toute la Fédération qui s'effondrerait.
D'autre part, et même si cela n'excuse pas tout, je pense qu'il faut arrêter de juger le monde selon nos valeurs occidentales. Il faut parler de tout, avec tout le monde, mais arrêtons de donner nos leçons de moral aux autres peuples.
Ces deux raisons expliquent la confiance que le peuple porte à Vladimir Poutine, un homme fort qui a redonné sa fierté aux Russes sur la scène internationale, qui a stopé les excès du libéralisme et de l'économie de marché en reprenant les rênes de l'Etat, qui a stopé l'accroissement des inégalités et tenté de le sécuriser, bien souvent au profit des plus faibles. Alors, même si cet homme n'est pas parfait, même s'il n'a pas toutes nos valeurs, même s'il peut être autoritaire, il a le mérite d'avoir réussi à tenir son pays. Les Russes veulent, après le choc organisationnel qu'ils ont subi ces dernières années, plus de stabilité, plus de sécurité, moins d'inégalités. Vladimir Poutine est le seul capable en Russie de leur donner, aujourd'hui. Le monde dangereux dans lequel nous vivons a besoin d'une Russie unie et forte. Vladimir Poutine est le seul capable en Russie de leur donner, aujourd'hui. Je ne sais pas si Vladimir Poutine est l'homme de l'année 2007, mais il est d'ores et déjà l'homme de la Russie de ce XXIième siècle.
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Je ne résiste pas non plus à évoquer le classement des personnalités préférées des Français. Yannik Noah grand premier pour 2007. Du coup, il lance une tirade politique. C'est bien, mais quelle autorité a-t-il pour le faire ? Remarquez, chacun a ses opinions et le droit de les exprimer, c'est normal. Mais pas besoin d'attendre d'être l'homme préféré des Français pour cela. Au point ou nous en sommes dans les mascarades municipales, pourquoi le PS ne l'inscrit-il pas sur une liste ? Après tout, son ami Toreton y est bien, lui... La gauche caviar n'est malheureusement pas encore morte. Il faut ajouter, pour leur défense, un argument qui n'est pas négligeable. Quand les politiques ne font pas leur travail, il faut bien que d'autres s'en charge. Où sont les DSK, les Royal, les Fabius, les Jospin, les Hollande, les Delanoe, les Valls, les Peillon, les Aubry et tous les députés ? Où sont-ils quand on en a besoin dans les rues, dans les associations, dans les simples réunions de militants ? Réponse : ils planifient les cinq années à venir pour leur compte personnel. Dans ces conditions, heureusement que les gens ayant assez de notoriété pour que leur parole porte sont présents pour dire ce que nos élus n'ont pas le courage de dire. Pour info, Mimi matti est troisième et nos hommes et femmes politiques très loin derrière. Comment font ils pour être dans le classement avec tout ce qu'ils nous prennent pour des boeufs ? Je ne comprends pas. Moi, je ne pense pas que les Français soient des boeufs et je leur fais volontier confiance pour savoir l'exprimer dans les prochaines semaines et années.
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Enfin, je ne résiste pas à vous faire part du fou rire qu'a provoqué chez moi le débat nationalo-réunionais qui agite le microcosme miss Francesque ! (et non Francisque...) Honnêtement, cette Miss Réunion, et même si tout le monde se fout éperduement de qui peut bien être Miss France, c'était quand même la mieux foutue, celle qui avait le plus d'aisance à l'oral et celle qui avait les réponses les moins stéréotypées ("Je veux promouvoir la paix dans le monde", "je veux défendre les enfants dans le besoin")... Alors qu'elle ait posé avec un doigt dans la bouche, qu'elle ait fait des photos nues, bref, qu'elle ait voulu gagner sa vie avec son physique avantageux, qui ne l'aurait pas fait ? Soit dit en passant, avec tous les portables, les appareils numériques, les blogs et site internet, il sera bientôt très difficile pour quelqu'un de n'avoir pas au moins une photo saoul, une photo un peu explicite, une photo inconvenante, il n'y aura bientôt plus personne pour être candidat, ni à Miss France, ni à la présidentielle, ni ailleurs... Tout ca pour dire qu'on la laisse un peu tranquille cette Miss. Les temps changent et c'est une femme de son temps. Peut-on lui reprocher d'être Miss France 2008, en 2008 ?
Vous me direz que dans le classement des "gens qui résistent à l'envie de vous dire", je ne me placerais certainement pas dans les premières places. Je vous répondrai : "Chut ! N'allez pas donner des idées à ces classomaniaques !!"
Bonne journée à vous !
Thomas.
15:15 Publié dans Autour du pot, Europe et pays européens, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Vladimir Poutine, Russie, Yannik Noah, Philippe Toreton, Ségolène Royal, Bertrand Delanoe, DSK
21 décembre 2007
La pauvreté interdite
Bonjour à toutes et à tous,
Aujourd'hui, j'ai compris que l'année 2007 restera une année importante dans l'histoire de mon pays. Non, pas pour son élection présidentielle, pas pour ses mouvements sociaux, pas non plus pour la coupe du monde de Rugby (vous l'aviez oublié n'est-ce pas ? ;-) )... Non, l'année 2007 restera à jamais célèbre pour une réforme ô combien symbolique : la France a interdit la pauvreté. Non, je ne fabule pas. Les pauvres sont bien devenus personae non gratae depuis l'élection de Mickey. Je m'explique.
Hier encore, pour en revenir au précédent article, j'ai pu assister à une scène pour le moins rageante, dans les rues de Metz cette fois-ci. Je vous avez parler de tous ces mendiants qui, dans quasiment toutes les rues, font la manche. Parfois agressifs, surtout en soirée quand les rues sont désertes. Cela se comprend facilement par les conditions dans lesquelles ils vivent : tiraillées par la faim et le manque de sommeil (il faut rester sur ses gardes en journée), le froid de ces derniers jours ne vient rien arranger. La seule personne en qui ils ont confiance, c'est eux-même (et encore je n'en suis pas certain) et leur fidèle animal de compagnie. La plupart du temps, ils sont inoffensifs.
Simplement voilà, ils dérangent et chacun trouve son subterfuge pour ne pas voir la réalité en face. Certains les évitent pour ne pas les voir, ce qui est très difficile en ce moment tant ils sont partout. Certains feignent de ne pas les voir ni de les entendre, après tout, "ils ont qu'à bosser" n'est-ce pas ? D'autres appellent carrément les agents de police. Et précisément, hier soir, je suis passé à côté d'une voiture de la police municipale qui contrôlait, non vous ne rêvez pas, les mendiants alignés à genoux sur les bas-côtés. Il faisait -5°C, ils paraissaient exténués et littéralement gelés, et tout ce que la police trouve à faire c'est de contrôler leurs papiers et ce, sans mettre le pied dehors, en restant à l'intérieur de la voiture. Ils ont fait toute la rue comme cela. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire une remarque à haute voix "Il n'ont que ça à faire, contrôler de pauvres gens !". Ca ne change rien mais ça fait du bien ! Et c'est avec une certaine satisfaction que j'ai pu entendre quelques voix autour de moi, je ne sais d'où elles venaient, les rues sont tellement pleines pour les fêtes de noël, reprendre ces mots. Qu'on se le dise, la pauvreté est interdite dans notre pays.
Toujours il y a quelques jours, je suis passé deux fois dans la rue entre la rue Serpenoise et la rue des clercs à Metz, à quelques mètres à peine des Galeries Lafayette, du Virgin Megastore : haut lieu des boutiques de luxe. Une première fois, le matin, aux alentours de 8heures, il devait faire près de -5°C, un vieil homme était là, à genoux, à parler aux gens. Il récitait je ne sais quoi en je ne sais quelle langue. Je ne saisissais que les "Bonjour" et les "Monsieur". Une deuxième fois vers 17h, la nuit était déjà tombée, le froid était autant voire plus intense et pourtant ce vieillard était toujours au même endroit, toujours à genoux, il parlait toujours. J'étais glacé de mes quelques minutes dehors alors qu'il y avait passé sa journée... Il fallait voir les gens le contourner, on aurait dit un lépreux que tout le monde évitait d'approcher. La pauvreté serait elle également devenue une maladie dans ce pays ?
Personnellement, je trouve qu'il faut un courage exceptionnel pour arriver à faire la manche, pour arriver à tendre la mains à des passants inconnus qui nous ignorent. Il faut savoir mettre sa fierté dans sa poche. Pauvre aux yeux des autres, cela pourrait être l'humiliation totale dans un monde où l'argent est Roi, où les vraies valeurs (l'honneur, la solidarité, la bienséance) disparaissent, pourries par son pouvoir hégémonique. Moi je l'ai trouvé très digne. Je ne sais pas si j'arriverais à faire ce qu'il fait mais il est vrai que je ne suis pas (pas encore, qui sait) dans la même situation. Même si ce genre de pratique ne doit pas laisser indemn, c'est la société qui se sent humiliée, c'est nous, c'est moi qui me sent humilié. Cela explique peut-être, en partie seulement, nos réactions.
Ceux qui disent que ces gens se font beaucoup d'argent ou profitent du système, ce sont ceux qui se cherchent des excuses pour éviter de culpabiliser. Je voudrais les voir, moi, essayer une fois de faire la manche. Quand on sait qu'ils ont déjà honte de quitter les grands centres commerciaux et d'aller acheter, baisse du pouvoir d'achat oblige, leur nourriture au Lidl, au Norma ou au Leader Price, on imagine ce qu'ils pourraient ressentir à faire la manche. Je mets ce type de réaction sur le compte de la peur. La peur explique peut-être, en partie seulement, ces réactions.
Pendant ce temps là en France, les campements des associations sont virés par les CRS à coup de matraques. Les hauts fonctionnaires du Ministère du logement préparent Noël dans des appartements à loyer modéré, dans le très cossu cinquième arrondissement, dans une appartement Haussmannien de 180m²... Syndrome Gaymard quand tu nous tiens ! Les hommes de Gauche ne sont pas en reste, Boulogne, Haut de Seine, je ne cite pas de noms, mais ce n'est pas vraiment les quartiers de leurs électeurs. Comment, dès lors, peuvent ils prétendre les comprendre ? Coeur à gauche, porte feuille à droite ? Je crois que ce qu'il faut surtout aujourd'hui, c'est que nos représentants vivent en conformité avec ce qu'ils prônent. L'homme politique, et les hommes en général, doit être moral, éthique, totalement transparant. Il doit être honnête avec lui-même autant qu'avec les Français.
Il est quand même surprenant que dans un pays riche, on accuse le pauvre d'être à l'origine de tous les maux quand il se contente de quelques centaines d'euros pour vivre (et encore) alors que certains profitent allègrement des yachts, des rolex, des walt disney ou des tournées des plages... Suivez mon regard. Il y a vraiment quelque chose qui tourne à l'envers dans ce pays. Classe laborieuses, classes dangereuses écrivait Louis Chevalier pour qualifier la manière dont les bourgeois du XIXième siècle se représentaient les ouvriers, les populations pauvres des villes aussi bien que les marginaux. Et ça prétend faire une politique du XXIième siècle... A quand les dragonnades ?
2007 restera une année importante pour la France, celle où on prétendait, à droite comme à gauche, entrer dans le nouveau millénaire avec des méthodes du XIXième. On dit que la modernité d'une société se mesure au soin qu'elle prend des plus faibles de ses membres. Les relans nauséabonds de ces derniers mois seraient ils un signe supplémentaire de notre archaïsme et de notre déclin ?
Bonne méditation.
Thomas.
13:55 Publié dans Pauvreté, exclusion, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 2007, Pauvreté, Froid, SDF, Faim, Mendicité, Indifférence
19 décembre 2007
Vents Glacés de Sibérie
Bonjour à toutes et à tous,
Quelles froides journées mes amis !
Depuis quelques jours maintenant, les vents du nord nous frappent de plein fouet. Le ciel est d'un bleu intense, pas un nuage à l'horizon. La bise insistante carresse les toits des maisons, s'engouffre entre les immeubles, balaye le fond des rues et les bords de Moselle. C'est un vent qui sent la glace, qui sent la neige. L'hiver est là. Un hiver comme je les aime, sec et froid. Celui dont les coups vous découpent le visage telle une lame de rasoir, dont les caresses vous électrisent les cheveux et vous couvrent les mains de rugueuses écailles. Sortir les grosses laines, les bonnets, les gands. Enfiler les menteaux gonflés de plumes d'oies, enrouler les écharpes écossaises autour du cou, couvrant nez et menton, et bien entendu ressortir les vieilles charentaises pour l'intérieur... Je suis certain que vous connaissez vous aussi ce sentiment qu'on éprouve lorsqu'on se promène en ville tout blotti dans son arnachement hivernal comme dans la couhette de la nuit passée. Cette couhette dans laquelle vous n'avez ni trop chaud, ni trop froid et dont la moindre idée d'en sortir pourrait vous plomber la journée, guettant les chiffres du réveil comme le compte à rebours de votre course journalière...
Vous me direz, ce n'est pas la Lorraine que je vous décris là. Cela ressemblerait plutôt à la Scandinavie ?! Pire, si ca ne tenait qu'à moi, ces derniers jours, on aurait presque pu placer la Lorraine en Sibérie ! Et justement, depuis maintenant deux semaines, quel curieux hasard, je passe mes journées à travailler la géographie de la Russie... Après ce que je viens de vous décrire, vous me direz, c'est de saison ! Effectivement, je n'ai pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour rentrer dans mon sujet. Pour avoir un aperçu de l'ambiance, il me suffit de poser le pied dehors. Le Grand Nord Sibérien à quelques pas de chez moi ! Passionnant pays que la Grande Fédération ! Et justement, à propos d'une des régions les plus reculées, les plus froides et les plus isolées au monde, j'ai retenu ce dicton de mes lectures : "Kolyma, Kolyma, ô planète enchantée ! Ton hiver a douze mois, tout le reste c'est l'été !". Je crois que cela résume bien :-) Passionnant pays que la Grande Fédération vous dis-je ! J'y reviendrai plus longuement dans un prochain article, soyez en sûr.
Là vous vous dites, certes, mais où veut il en venir ? Justement, j'y viens. En fait, je ne vous ai pas tout dit concernant cette région sibérienne. Il existe en effet un deuxième dicton pour qualifier Kolyma, un peu moins beau, un peu plus marquant, toujours très parlant. Ce dicton nous dit "Kolyma veut dire mort". Cela refroidit. Cela fait immédiatement revenir sur terre. Fini l'individualisme égoïste de la couhette et l'intellectualisme abstrait sur l'immensité russe. On retourne dans la vraie vie, celle du froid qui frappe, du froid qui tue chaque jours dans nos villes, aux coins de nos rues, aux pieds de nos immeubles... Devant nos yeux s'étallent les corps des plus faibles, des marginaux, des exclus de la société et de la nation. Ils sont Français. Ils sont des hommes et des femmes mais aussi de plus en plus des jeunes. Je le souligne car c'est ce qui me frappe le plus depuis quelques années. Hier, en revenant à la gare de Metz, ils étaient une dizaine allongés dans la salle d'acceuil, chauffée, à dormir. Alignés comme des cadavres recouverts de suaires. Inertes. Tous les jours, ils sont des dizaines que je croise à mendier dans les rues de la ville, qu'il vente, pleuve ou neige... Je me sens coupable de ne pas pouvoir plus pour eux. J'enrage de la non assistance à personne à danger, on est tous Français, on est tous des Hommes, comment peut-on s'accomoder de cette situation ? Comment peut-on être heureux chez soi, au chaud, quand on sait ce qui se passe dehors, dans le froid ? Moi je ne le peux pas.
Pendant ce temps là, en "haut" et dans la presse, la guéguerre des roses se poursuit, les journalistes adulent le "grand (faux) retour" de Blanche Neige pour un livre, très mal écrit du reste, où personne n'apprend rien qu'il ne connaissait déjà. On parle aussi des frasques de Kadhafi, de la Star Academy qui ne fait pas d'audience. On s'emballe enfin pour un Président érigé en Prince Charmant convoquant un grand bal dans son Palais afin d'assurer sa descendance. Une princesse italienne serait grande favorite parait-il...
Le choc thermique est foudroyant entre deux mondes, la virtualité et la réalité. Quelles froides journées n'est-ce pas ?
A très bientôt.
Thomas.
00:15 Publié dans Europe et pays européens, Pauvreté, exclusion, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Froid, Pauvreté, Star Academy, Kadhafi, Argent, Dignité, Honneur


