29 juillet 2007

Désirs

2006 a été une année assez difficile. Multipliant les voyages dans tous le pays, j'y ai trouvé aide et réconfort materiel comme de l'esprit. Désirs est un poème auxiliaire à tous ceux qui croient sombrer. Trouvé dans les toilettes du Café Le Zimmer, place du Chatelet à Paris, sa simple lecture procure un bien fou à tous ceux qui se croient perdus.  

Découvert dans une Abbaye Britannique, son auteur est anonyme. Prenez le temps de lire ce texte qui est, sous bien des aspects, thérapeuthique.

Désirs

"Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bon termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant, ils ont aussi leur histoire.

Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation de l'esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grand et plus petit que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours interessé à votre carrière, si modeste soit-elle, c'est une véritable possession dans les propérités changeantes du temps.

Soyez prudents dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies, mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe; plusieurs individus recherchent les grands idéaux; et partout la vie est remplie d'héoïsme. Soyez-vous même. Surtout n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté les conseils des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse.

Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vouschagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles vous avez le droit d'être ici. Et qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devrait.

Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme.

Avec toutes ses perfidies, ses besognes féstidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention. Tachez d'être heureux.
"
Sentez vous renaître ces Désirs que vous aviez cru évanouis à jamais ?

Eloge de la coccinelle

Sans grande valeur sinon celle d'être la "bête au bon Dieu", elle passe sa courte vie à manger pour pouvoir survivre. Loyale, ses minuscules et légères pattes font d'elle une brave ouvrière, agile et travailleuse. Libérée, sa petite taille lui permet d'aller à peu près partout. Patiente, elle peut tout faire et elle le fait bien. Féminine, la coccinelle n'en est pas moins moderne ! Véritable arme de guerre contre les parasites en tout genre, elle ne fait pas de discrimination parmi ses proies. D'une énergie inépuisable, elle se multiplie d'autant plus rapidement qu'elles sont nombreuses. Sans les pucerons, elle n'est rien. Mais plus le mal se développe, plus elle est active et efficace. Véritable santinelle de votre jardin, insecticide naturel, elle est écologique. Quelques taches noires de folie, un soupçon de répartie, très adroite malgré les rougeurs écarlates de ses élytres, les ennemis de vos Roses n'ont qu'à bien se tenir. La coccinelle veille.

Qui de mieux que Victor Hugo pour nous réciter cette humble petite bête ?

La Coccinelle


Elle me dit: "Quelque chose
Me tourmente." Et j'aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J'aurais dû — mais, sage ou fou,
À seize ans, on est farouche, —
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l'insecte à son cou.

On eût dit un coquillage;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche fraîche était là:
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle;
Mais le baiser s'envola.

"Fils, apprends comme on me nomme",
Dit l'insecte du ciel bleu,
"Les bêtes sont au bon Dieu;
Mais la bêtise est à l'homme."

Victor Hugo, Paris, mai 1830.


(Les Contemplations, I, 15, 1856)

 

Prenons garde à la coccinelle.

Thomas.

28 juillet 2007

Observer

Il y a bientôt dix ans, j'ai écrit une rédaction, en fait un poème, d'après Marcher de Jacques Lanzmann, parue à l'hiver 1998 dans la revue naturaliste de La garance voyageuse.

Cette poésie revet un caractère particulier et je la redécouvre à chaque lecture. Cela me fait toujours un bien immense car j'ai le sentiment de retourner à la source. Je ne crois pas aujourd'hui pouvoir imaginer plus simple façon de décrire, avec autant de simplicité et de clarté, les émotions qui me traversent de part en part lorsque je suis confronté à une difficulté. Plus qu'un sentiment, c'est une véritable méthode. Mon essence.

 

"OBSERVER


Observer c'est un poème plein de sensibilité qui nous invite à écouter la nature, c'est aussi un message plein d'espoir que nous délivre un jeune de 12 ans..;



Observer, c'est aller de-ci de-là
tout en découvrant de nouveaux horizons.
C'est découvrir un autre monde,
d'autres vies qui ont les mêmes traditions que nous.
C'est voir au même moment, les mêmes paysages que l'oeil du faucon voltigeant dans les nuages.
Partir à l'aurore pour s'allonger dans les prairies ensoleillées.

Observer, c'est caresser le sol
que l'on aimerait emporter partout où l'on va.
Observer, c'est aussi se mêler à la conversation du silence.
C'est donner en apprenant. C'est apprendre tout en donnant.

Observer, c'est réussir à marcher plus loin.
C'est doubler de volume en détruisant les barrières.
Observer, c'est savoir plus, connaître et reconnaître,
une manière de donner la main à la Terre.

Observer, c'est apprendre la forêt,
c'est écouter derrière la porte et entendre le silence,
le repos, le calme, le bien-être que l'on croyait disparu.

Observer, c'est se fondre dans la nature,
plonger au coeur des arbres, écouter palpiter la fleur,
c'est frissonner devant le papillon défroissant ses ailes.
C'est croire en une passion, sortir de l'impasse."

Thomas, La Garance voyageuse, hiver 1998.

 

Ainsi, quand on ne maîtrise ni ne comprend plus une situation, il convient de prendre son temps, de souffler, de retrouver son calme. Bref, avant de parler, de prendre position, il faut retrouver ses esprits et savoir ce que l'on pense. Observons.