17 janvier 2008
Le potentiel de Bien-être
Bonjour à toutes et à tous,
Ces jours-ci, du côté des Français, on entend beaucoup parler de "pouvoir d'achat". Ils ne seraient pas content du leur... Quelle Surprise ! De son côté, le Président qu'ils ont largement élu applique le programme pour lequel il l'a été : franchises médicales, poursuite des privatisations sauvages, suppression de la durée légale du temps de travail, paquet fiscal de 15 milliards d'euros aux plus riches... Il se voulait le Président du "pouvoir d'achat", il se retrouve Président de ceux qui l'ont déjà. Facile me direz-vous. Je vous répondrai qu'on a le Président qu'on mérite et suggère à ceux qui se réveillent aujourd'hui de lire les programmes la prochaine fois, on ne sait jamais, ca pourrait éviter quelques surprises... Allez, j'arrête ici les injonctions sur des faits qui appartiennent aujourd'hui au passé. Il ne sert à rien de le refaire, c'est une perte de temps. Prenons simplement note pour la suite et réfléchissons ensemble pour demain, seule chose qui compte.
Aujourd'hui : le "pouvoir d'achat". Nicolas Sarkozy voulait être le Président du "pouvoir d'achat". Formule d'autant plus singulière qu'elle est combinée avec la fonction de magistrat suprême du pays. Apparament, elle n'a surpris personne. Et pourtant, elle est lourde de sens... Qu'est ce que le "pouvoir d'achat" au fond ? Si le pouvoir c'est d'avoir la capacité, l'autorité, la possibilité, le droit aussi, de "faire" et si l'achat est l'action d'acheter, ce qui sous entend avoir au préalable de quoi acheter, le "pouvoir d'achat" serait donc la capacité d'acheter, la possibilité d'acheter, le droit d'acheter.... Vous me direz que j'enfonce des portes ouvertes... Mais plus qu'acheter cela signifie aussi qu'être le Président du "pouvoir d'achat", c'est être le Président dont le seul but est de donner de l'argent à ses concitoyens. C'est en quelques sortes l'aboutissement du libéralisme que d'être ce Président puisque cela signifie que tout l'appareil politique, de la base au sommet, serait mobilisé au service de l'appareil économique. Le politique au service total de l'économique. Nicolas Sarkozy voulait être le Président du "pouvoir d'achat", il fallait comprendre le "Président de l'argent".
En définitive, qu'est ce que le 'pouvoir d'achat' sinon l'accumulation de l'argent ? La capacité à acheter toujours plus, à consommer toujours plus, à jeter toujours plus, à polluer toujours plus aussi. La capacité pour celui qui l'a de faire tout ça toujours plus rapidement. Plus. Encore Plus. Toujours Plus. Comme si, parce qu'on avait beaucoup et très vite tout ce dont on rêve était synonyme de bonheur. Comme si la quantité compensait la qualité. Comme si le plus vallait le mieux. Vous l'aurez compris, je ne fais pas partie des personnes qui pensent que ceux qui ont beaucoup sont forcément plus heureux que les autres. Comme disait Gandhi, "vivre simplement pour simplement laisser vivre". Or, ce qu'on oublie trop souvent, c'est que le but des politiques publiques n'est certainement pas de faire vivre les citoyens dans le superflux, pour ne pas dire le superficiel, mais d'en rendre un maximum heureux, de les faire s'épanouir au sein d'une société harmonieuse matériellement mais aussi psycologiquement. De ce point de vue, se proclamer Président du 'pouvoir d'achat' n'est pas un gage de bonheur. "Pouvoir d'achat" n'est pas synonyme de bien-être et l'action du politique ne peut pas se réduire à suppléer les grands patrons, les actionnaires, et leurs machines à produire des inégalités.
Demain, je l'espère : le "Potientiel de Bien-Etre". Puisque le concept de "pouvoir d'achat" ne convient pas, pas plus que celui de croissance, il nous revient d'inventer un nouveau concept qui réponde mieux au but de l'action politique et publique : l'épanouissement du citoyen et pas seulement sa capacité à "gagner plus". Indicateur d'une croissance durable car préservant la planète et la société pour les générations futures, ce potentiel permettrait enfin d'apprécier la croissance réelle d'un pays et non pas seulement sa croissance économique, qui se fait bien souvent dans le cadre de la mondialisation financière et au détriment des plus faibles comme des travailleurs. Il serait un instrument de mesure à la fois de la croissance économique, de la croissance sociale et de la qualité de l'environnement. Economiquement, il pourrait prendre en compte l'évolution du "pouvoir d'achat", la croissance économique. Socialement, il pourrait prendre en compte le taux de chômage, l'évolution du moral des citoyens, l'évolution démographique notamment la natalité ou le taux de personnes vivant seules. Ecologiquement, on pourrait prendre en compte l'évolution de la qualité de l'air, de l'eau, des régimes alimentaires... Ces listes ne sont pas exhaustives, elles servent surtout à illustrer ma pensée. Bien entendu que le bonheur est difficile à mesurer et l'indice ne serait utilisable qu'avec beaucoup de précautions dans les premiers temps mais je fais confiance à nos chercheurs pour les affiner avec la pratique. Dans tous les cas, parler de "potentiel de bien-être" aux citoyens plutôt que de croissance ou de "pouvoir d'achat" constituerait une vraie mutation dans nos sociétés sous influence psycologique des grandes transnationales et de la logique de marché. Le bonheur du plus grand nombre, voire de tous, il est là l'objectif premier du combat politique.
Entre un "pouvoir d'achat" inadapté aux nouveaux enjeux mondiaux et une croissance qui ne se traduit plus ni socialement ni écologiquement, le "potentiel de Bien-Être" serait donc un outil essentiel pour gouverner au XXIième siècle et permettrait le recentrage des objectifs des nouvelles sociétés et de la réflexion politique sur nos valeurs : nous avons aujourd'hui le Président de l'argent, je fais le voeux que le prochain soit le "Président du Bien-Être".
A méditer.
Thomas
21:45 Publié dans Propositions, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bien-être, Pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy, Argent, Gandhi


