06 janvier 2008
Réhabilitation de l'honneur
Bonjour à toutes et à tous,
Aujourd'hui, c'est décidé, je fais dans le trash ! Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'honneur. Je ne sais pas pourquoi, c'est un mot qui revient beaucoup dans ma tête ces derniers temps. Ce mot parait tellement anachronique, et pourtant, je pense qu'on en a jamais eu autant besoin. Qu'est ce que l'honneur ? Pourquoi vient elle titiller mes neurones en ce moment ?
L'honneur, c'est d'abord une valeur qui consiste à reconnaitre celle de l'autre. Mon dieu, quelle bravitude ce Sarkozy ! Je l'observe depuis tellement de temps maintenant. Combien de temps j'ai pu le vomir, lui et sa petitesse. Ses petitesses. Combien de temps j'ai pu le combattre, lui et ses expressions déplacées, ses attitudes agressives. Combien de temps j'ai pu le détester pour tout ce qu'il prenait un malin plaisir à détruire : la solidarité, la nation française, la Gauche aussi ! L'honneur de notre pays quand il va se prosterner devant W. Bush, quand il se permet de passer par dessus la parole et les choix du peuple de France à propos du Traité Européen (dont il n'a aucunement l'apanage). Quel culot quand même. Et pourtant... Quel maître ! Celui qui ne le reconnait pas n'en a pas, d'honneur. Voir à quel point il arrive à mener son affaire, même si la direction est mauvaise et les mots, toujours excessifs, ne sont pas moins honteux et dangeureux pour la communauté nationale. Devant lui, ou devrais-je dire en dessous de lui, c'est le néant, il n'y a rien sinon le bruit assourdissant des sifflements du vent et du vide. Je vois des fourmis, que dis-je, des microbes qui, puisqu'on a tapé dans leur ruche tranquille, puisqu'on a tué leur roi et sa reine, vont tous dans des sens opposés. Dans une ruche comme dans une fourmilière, le chacun pour soi est un non sens, il signifie la mort. Et pendant ce temps, Sarkozy a repêché sur sa chaloupe quelques sujets égarrés. Il voyage dans nos journaux comme autour du globe : Chine, Jordanie, Algérie, Europe, Usa... Il a même retrouvé une femme ! Tout ce que je vous raconte est un peu décousu, c'est volontaire. La Gauche n'est elle pas décousue ? On ne va quand même pas me reprocher de vouloir m'insérer au groupe, pour une fois que je fais l'effort... Pour tout dire, la situation me parait tellement pathétique que je préfers en rire qu'en pleurer. Applaudissons quand même le Président pour la maîtrise technique ! A moins qu'il ne faille taper une fois de plus sur les éléphant-e-s* pour tout ce qu'ils font honte aux Français qu'ils sont sensés représenter ?
L'honneur, c'est aussi une valeur qui consiste à tenir parole. Une parole est une parole. Manquer à sa parole en fonction des aléas, c'est perdre son honneur. On peut dire qu'ils sont nombreux ceux qui ont perdu leur honneur ces derniers temps. Aperçus. Je viens de voir Bernard Kouchner sur France 2 ce soir. On peut dire qu'il ne manque pas de culot ce médecin sans frontière. Faire campagne pour un camp et défendre le président sans sourciller pendant 15 minutes chrono, pieds et poings, j'ai rarement vu pire. Je ne lui reproche pas ses idées, mais dans ce cas, il aurait dû faire comme Besson : défendre le projet auquel il croyait. De deux choses l'une, soit il trouvait le projet de Sarkozy meilleur, et alors il devait le défendre, soit ce n'était pas le cas et cela signifie qu'il a laisser ses idées, ses valeurs, ses engagements pour des ambitions personnels, pour un pseudo prestige, par orgueil ou pour l'argent. Dans tous les cas, son honneur, il l'a perdu. Autre cas, non moins troublant : Ségolène Royal. Elle fait encore mieux, si je puis dire. Elle a défendu un projet pendant six mois auquel elle ne croyait pas elle-même. Pas étonnant dès lors qu'elle ait perdu ! Elle travaille depuis près d'un an à contre dire point par point ledit projet. Les smic, les 35 heures, la démocratie participative, le référendum européen... et j'en passe, je ne les compte plus. Tout passe à la trappe. Engagements, valeurs, idées. C'est "l'implosion perpétuelle de l'atomisation de tout et de rien", et je rajouterai "de façon circulaire positive et convergente dans la vertu du dépit participatif" ! (Ben quoi, je fais du Ségolène, qui d'autre pourrait dire ca ? Je m'intègre quoi...) Elle pourrait cependant être championne dans un sport : le tombé de journaliste. Oui, ils sont nombreux ceux qui tombent de leurs chaises dès qu'elle ouvre la bouche. Il faut dire qu'elle ne manque pas de cynisme pour s'autoproclamer messie de la rénovation et proclamer ses ambitions personnelles dans un moment si difficile pour les Français, et pas seulement socialistes, et pas seulement de gauche. Ca me parait tellement indécent que là aussi, je préfers en rire qu'en pleurer. Quel manque d'honneur. Je reviendrais sur la (longue) liste de ses incohérences plus tard, ce n'est pas le sujet...
L'honneur, c'est enfin une valeur qui consiste à reconnaitre ses fautes et les assumer. Je me suis beaucoup trompé ces derniers temps. Politiquement j'entends. Je le reconnais plutôt deux fois qu'une. J'ai d'abord fait l'erreur, mais on ne m'y reprendra plus, de vraiment croire un, en l'occurence une, politique. Horreur, malheurs ! Moi qui disait toujours qu'il fallait garder la tête froide, moi qui disait qu'il fallait jouer avec nos politiques comme eux jouent avec nous, moi qui disait qu'il ne fallait croire personne sauf les idées. Je me suis trompé, j'ai cru en Ségolène, "erreur fatale" ? Je ne sais. Mais ce n'est pas le plus grave. Qui n'est pas tombé dans le panneau du renard ? Qui n'a pas perdu son fromage au moins une fois dans sa vie ? Je me suis autrement et plus lourdement trompé. J'ai fait l'erreur de m'inscrire à nouveau dans un parti. Moi qui n'a jamais rien fait d'autre que dénoncer leurs méthodes, leurs militants souvent fermés sur eux-même, ces notables éléphantesques et dont, sauf exceptions, la médiocrité n'a d'égale que le cynisme. Mais qu'est ce que j'ai été faire dans ce nid aux serpents ? J'ai rarement vu les Socialistes sur le terrain, quotidiennement, jamais je n'en ai vu un rester une journée dehors pour une pétition, je ne vois jamais aucune affiche socialiste (quand on en voit) défendre autre chose que des personnes là où d'autres (les verts, les communistes mais aussi les chevènementistes) défendent presque tout le temps des idées. Comment ai-je pu me tromper à ce point ? Aujourd'hui, c'est décidé, j'assume. Je ne reculerai plus. J'y suis, j'y reste. Je vais essayer de changer les choses, malgré ce que j'ai pu dire ou penser. J'ai un idéal et je vais passer par le réel pour le construire. Je suis aujourd'hui dans un parti et je vais le travailler pour le faire changer.
C'est aussi ça "voir le monde tel qu'il est". Mais le voir tel qu'il est ne sert à rien si on n'a pas l'ambition de le faire tel qu'on le veut : Complètement différent !
Quant à l'honneur, j'en reparlerai très bientôt, c'est une valeur à réhabiliter et ce n'est qu'un début....
Thomas.
* : les élections américaines sont de retour. Le parti de l'éléphant, outre Atlantique, c'est le Parti Républicain, le fameux GOP, Grand Old Party. Parallèle assez piquant s'il en est ;-) Remarquez, en face, ils ne sont pas mieux lotis lol A suivre...
23:20 Publié dans Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : honneur, ségolène royal, bernard kouchner, ethique, valeurs, parti socialiste
19 décembre 2007
Vents Glacés de Sibérie
Bonjour à toutes et à tous,
Quelles froides journées mes amis !
Depuis quelques jours maintenant, les vents du nord nous frappent de plein fouet. Le ciel est d'un bleu intense, pas un nuage à l'horizon. La bise insistante carresse les toits des maisons, s'engouffre entre les immeubles, balaye le fond des rues et les bords de Moselle. C'est un vent qui sent la glace, qui sent la neige. L'hiver est là. Un hiver comme je les aime, sec et froid. Celui dont les coups vous découpent le visage telle une lame de rasoir, dont les caresses vous électrisent les cheveux et vous couvrent les mains de rugueuses écailles. Sortir les grosses laines, les bonnets, les gands. Enfiler les menteaux gonflés de plumes d'oies, enrouler les écharpes écossaises autour du cou, couvrant nez et menton, et bien entendu ressortir les vieilles charentaises pour l'intérieur... Je suis certain que vous connaissez vous aussi ce sentiment qu'on éprouve lorsqu'on se promène en ville tout blotti dans son arnachement hivernal comme dans la couhette de la nuit passée. Cette couhette dans laquelle vous n'avez ni trop chaud, ni trop froid et dont la moindre idée d'en sortir pourrait vous plomber la journée, guettant les chiffres du réveil comme le compte à rebours de votre course journalière...
Vous me direz, ce n'est pas la Lorraine que je vous décris là. Cela ressemblerait plutôt à la Scandinavie ?! Pire, si ca ne tenait qu'à moi, ces derniers jours, on aurait presque pu placer la Lorraine en Sibérie ! Et justement, depuis maintenant deux semaines, quel curieux hasard, je passe mes journées à travailler la géographie de la Russie... Après ce que je viens de vous décrire, vous me direz, c'est de saison ! Effectivement, je n'ai pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour rentrer dans mon sujet. Pour avoir un aperçu de l'ambiance, il me suffit de poser le pied dehors. Le Grand Nord Sibérien à quelques pas de chez moi ! Passionnant pays que la Grande Fédération ! Et justement, à propos d'une des régions les plus reculées, les plus froides et les plus isolées au monde, j'ai retenu ce dicton de mes lectures : "Kolyma, Kolyma, ô planète enchantée ! Ton hiver a douze mois, tout le reste c'est l'été !". Je crois que cela résume bien :-) Passionnant pays que la Grande Fédération vous dis-je ! J'y reviendrai plus longuement dans un prochain article, soyez en sûr.
Là vous vous dites, certes, mais où veut il en venir ? Justement, j'y viens. En fait, je ne vous ai pas tout dit concernant cette région sibérienne. Il existe en effet un deuxième dicton pour qualifier Kolyma, un peu moins beau, un peu plus marquant, toujours très parlant. Ce dicton nous dit "Kolyma veut dire mort". Cela refroidit. Cela fait immédiatement revenir sur terre. Fini l'individualisme égoïste de la couhette et l'intellectualisme abstrait sur l'immensité russe. On retourne dans la vraie vie, celle du froid qui frappe, du froid qui tue chaque jours dans nos villes, aux coins de nos rues, aux pieds de nos immeubles... Devant nos yeux s'étallent les corps des plus faibles, des marginaux, des exclus de la société et de la nation. Ils sont Français. Ils sont des hommes et des femmes mais aussi de plus en plus des jeunes. Je le souligne car c'est ce qui me frappe le plus depuis quelques années. Hier, en revenant à la gare de Metz, ils étaient une dizaine allongés dans la salle d'acceuil, chauffée, à dormir. Alignés comme des cadavres recouverts de suaires. Inertes. Tous les jours, ils sont des dizaines que je croise à mendier dans les rues de la ville, qu'il vente, pleuve ou neige... Je me sens coupable de ne pas pouvoir plus pour eux. J'enrage de la non assistance à personne à danger, on est tous Français, on est tous des Hommes, comment peut-on s'accomoder de cette situation ? Comment peut-on être heureux chez soi, au chaud, quand on sait ce qui se passe dehors, dans le froid ? Moi je ne le peux pas.
Pendant ce temps là, en "haut" et dans la presse, la guéguerre des roses se poursuit, les journalistes adulent le "grand (faux) retour" de Blanche Neige pour un livre, très mal écrit du reste, où personne n'apprend rien qu'il ne connaissait déjà. On parle aussi des frasques de Kadhafi, de la Star Academy qui ne fait pas d'audience. On s'emballe enfin pour un Président érigé en Prince Charmant convoquant un grand bal dans son Palais afin d'assurer sa descendance. Une princesse italienne serait grande favorite parait-il...
Le choc thermique est foudroyant entre deux mondes, la virtualité et la réalité. Quelles froides journées n'est-ce pas ?
A très bientôt.
Thomas.
00:15 Publié dans Europe et pays européens, Pauvreté, exclusion, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Froid, Pauvreté, Star Academy, Kadhafi, Argent, Dignité, Honneur


