01 juillet 2008
Coup de soleil
Bonjour à toutes et à tous,
Je reprends aujourd'hui le clavier pour vous parler du long chemin qui nous mènera doucement mais surement vers notre bonne ville de Reims. Reims, la ville du sacre des Rois de France. Des Rois uniquement, j'entends par là des hommes, comme le dit et l'exige la loi Salique. Reims, la ville du champagne. Celui des victoires attendues ou moins attendues. On se souvient de Jeanne d'Arc bien sûr, bravant les troupes britanniques avec hardiesse pour faire sacrer "son" Dauphin dans la fameuse cathédrale. On se souvient aussi de cette image, que dis-je, cette action héroïque, de femmes et d'hommes de la Croix rouge qui, pendant la première Guerre Mondiale, pour signifier que la cathédrale était désormais transformée en hopital, avaient hissé un drapeau de l'institution au sommet de la tour Ouest de l'édifice sous une pluie de bombes. Non, la capitale de la Champagne n'était pas prise, elle résiste et finalement triomphera de l'adversaire, d'où qu'il vienne ! Plusieurs fois en ruine, Reims s'est toujours relevée envers et contre tout grâce à la force du symbole qu'elle incarne pour le reste de la France. Ville historique, ville résistante, ville de victoire, Reims représente la transition entre notre grand passé et un avenir qu'on espère plus grand encore. C'est pour toutes ces raisons qu'elle devient cette année plus que jamais, en acceuillant le prochain Congrès, le symbole d'un socialisme à la fois ancré dans ses valeurs, tourné vers les Français et surtout vers le XXIième sècle. Vers notre avenir. Et pour y arriver, notre chemin passe, en ce 28 juin 2008, par Paris.
Le ciel de la capitale est un peu couvert en ce samedi matin. Ciel sombre, quelques gouttes d'eau nous tombent parfois sur le visage. De la brume plus qu'une averse. Il ne fait pas très chaud, il ne fait pas froid non plus. Un petit vent frais nous caresse la peau au sortir de l'immeuble où nous étions arrivés la veille. De mauvais augure pensais-je en moi-même. Je n'avais pas dormi de la nuit. Les cernes et les poches étaient visibles sous mes yeux que la fraicheur et la volonté permettaient de maintenir ouverts. Cette journée était particulière. Pas parce que nous étions à Paris, pas parce que nous étions à la veille de vacances, pas parce que le hasard du calendrier faisant, ce 28 juin était le jour d'une "autre manifestation", c'était un jour particulier parce qu'on allait enfin savoir. On allait savoir si oui ou non, ça vallait le coup de s'accrocher malgré les désaccords, malgré les contradictions, malgré les débats intérieurs qui devenaient combats puis dégâts, souvent tellement intellectualisés qu'ils n'engendraient dans mon esprit que chaos et destructions. On allait savoir si oui ou non, ça vallait le coup de continuer le chemin et de faire une confiance qui, malgré les apparences, les méthodes et les tempéraments, ne pouvaient qu'être aveugle. Nous demandions, aujourd'hui, à voir, à savoir, à comprendre pour croire. Nous demandions, je demandais, comment. Nous demandions, je demandais, pourquoi. Nous demandions, je demandais, avec qui. Nous marchions, je marchais...
Passage dans le métropolitain, ce monstre souterrain centenaire qui nous ingurgite, nous digère et nous libère à volonté. Sortie Clémenceau ou Invalides ? Le héros d'une guerre attroce ou l'hopital de la Grande armée ? Fondée par Louis XIV et marquée à jamais par l'Empereur qui y repose, l'institution des Invalides est un des premiers exemples d'"Etat providence". Simplement, fondée pour une armée qui ne pu surmonter la Bérézina et Waterloo, elle ruaient aux brancards pour l'honneur d'un pays et d'un homme. Si grande elle était, cette armée n'avaient pas triomphé. Pour la forme donc, nous choisissons Clémenceau et ses Champs Elysées. Le Tigre, ce héros d'une guerre qui déchira les socialistes mais qui su conduire toute la France à la victoire totale. Ce grand homme incompris mais reconnu dont le nom est aujourd'hui associé à la plus belle avenue du monde, couronnée par l'Arc de triomphe et assis sur la place de la Concorde. Nous descendons à Clémenceau-Champs Elysées. (Heureusement que tout le monde ne choisit pas ses sorties de métro de la même façon, n'est-ce pas ? :-) Mais le symbole, ça compte aussi !) Nous marchons jusqu'à cette maison. Non pas le Grand et le Petit Palais à l'architecture admirable, non pas les Invalides que nous saluons à défaut d'y être passés, non pas l'Assemblée nationale, ce temple républicain, non pas non plus le 2-8-2 du Boulevard Saint-Germain qui soulève en nous un vent de nostalgie présidentielle, non pas enfin Solférino, notre maison malgré tout. La maison vers laquelle nous allons a une dénomination technologique pour une déclaration très technique : Maison de la Chimie, rue Saint Dominique. Nous marchons, je marche...
Nous arrivons en même temps que notre hôte dans ce beau batiment. Nous ne la voyons pas, nous ne l'entendons pas, nous observons cette nuée, cette ruée, de caméras et de micros, de journalistes et de cameramen. Il ne fait aucun doute, il n'y a qu'elle pour déclancher une tornade de cette sorte et de cette couleur : blanche, toujours. Habitude oblige, sans trop réfléchir, je sens revenir l'excitation de ses escapades messines. Je m'engouffre, sans élan ni but précis, d'instinct. Je plonge dans le mouvement, je me prépare à jouer des coudes, je vais pousser, j'avance de pied ferme, je... Je me lance dans cette nébuleuse. Un détail, je n'avais pas de caméra. Les camarades qui m'accompagnaient me tirent pas le col en arrière... Que voulez-vous que je vous dise ? Réflexe lol Cette fois, personne ne m'avait assigné de mission et je n'étais qu'un figurant parmi d'autres. Energique et volontaire certes mais simple figurant d'une pièce dans laquelle mon rôle était de faire acte de présence. Un parmi tant de nombreux autres (1500, je pense). Un militant dont le but était de faire ce que chaque militant sait le mieux faire : applaudir. Dur retour à cette difficile réalité qui, malgré ce que les uns et les autres peuvent dire ou proclamer, n'est toujours là que pour coller des affiches, assurer la claque lors des meetings et signer les textes sans alternative qu'on lui propose. Dur retour à la réalité. Je n'étais là que pour être là. Ceci dit, je ne suis pas déçu, je sais qu'il faut parfois savoir s'applatir. La principal qualité d'un militant est certainement sa capacité à accumuler les humiliations. Je dois rentrer dans le rang, au moins pendant quelques heures, ce n'est que partie remise ! Nous entrons, j'entre...
La salle est grande. Pas très large mais d'une hauteur qui donne l'impression d'entrer dans un cube géant. Les murs sont lisses, d'une pierre ocre tirant sur le jaune pâle aux reflets brillants, certainement du marbre. A intervalles réguliers, des colonnes en bas relief de couleur orangées quadrillent les trois murs de bas en haut. A leurs sommets, des lumières dont l'intensité sera sans cesse modifiée au cours de cette longue présentation. Des éclairages incorporés au coffrage du plafond donneront toute son ambiance à une salle sur deux étages. Le par-terre est plein. Nous nous faisons refouler. Nous montons au premier, toutes les places sont prises : qu'à cela ne tienne, nous nous asseillerons sur les marches ! Nous nous serrerons, nous nous asseillons. Nous n'avons pas à attendre. La lumière se fait vive, la foule se fait remuante, les mains se mettent à claquer, ça commence. Il est dix heures et, pour une fois, elle est à l'heure ! Pourvu que ça dure. Autour de moi, des gens de tous âges et de tous sexes. Je suis bien encadré, je ne pourrai pas bouger pendant 4 heures, je ne pourrai pas même étendre mes jambes. Terrible. Dans le public, quelques fanatiques comme toujours, malheureusement, lançant des "Ségolène Présidente", chantant a capella et en choeur "Tous Unis", l'hymne de la campagne passée. La campagne du passé devrais-je plutôt dire, les hymnes du passé, les slogans de l'an passé... Je suis géné. Ces gens, certainement plein de bonnes intentions, me gènent. On fait tellement d'efforts pour travailler sérieusement, être nuancés, bref, on fait tellement d'efforts pour être crédibles aux yeux d'une certaine gauche comme aux yeux des Français, il serait dommage que la presse et ceux qui la lisent, écoutent et regardent, ne voient que cet aspect de la réunion. Ségolène leur adressera d'ailleurs une remarque qu'ils n'entendrons pas et qu'elle m'avait déjà faite à Metz en Février quand j'évoquais "la ferveur" : "Pas de nostalgie, droit devant toujours". Elle l'a redit dans son discours de samedi et avec ces mêmes mots. Il serait temps qu'ils s'aperçoivent du discrédit qu'ils nous jettent, sur nous, sur moi en tout cas, qui essaye d'avoir un jugement raisonné, sain, et de faire un vrai travail, sur Ségolène dont les ennemis de tous bords ne perdent jamais une seule occasion de caricaturer ses soutiens... Nous. Ceci-dit, ces quelques supporters n'étaient qu'une poignée et je ne sentais pas le reste du public dans cet état d'esprit. Comme moi, ils semblaient être présents pour écouter. Ils étaient enthousiastes et joyeux certes mais surtout impatients. Nous attendons, j'attends...
La présentation de la contribution commence. Après une standing ovation de près de 5-10 minutes, Ségolène Royal se fait Madame Loyal. Elle nous présente son équipe qui nous présentera sa contribution. La scène est haute. Une toile blanche servira aux projections. Derrière celle-ci, de lourdes rideaux aux plis prononcés tombent au raz de la scène. Les lumières lui donneront d'abord une couleur violette puis bleue et enfin, au moment où Ségolène s'avancera vers le pupitre, un rouge intense. Effet garanti. De part et d'autre du micro sont disposés cinq fauteuils ocres pour elle et son équipe. Après un petit film sur la confection de la contribution et sur le travail en France, Ségolène ne quittera plus la scène et fera défiler, en les présentant, chaque oratrices et orateurs, un par un, pour de brèves intenventions thématiques. David Assouline, qui ne prendra pas la parole fait des va-et-vient entre la scène et le public. Apporte eau et missives. On en saura pas plus. Tout commence avec le délégué CFDT Arcelor-Mittal. On prend nos aises, j'avais déjà pu le croiser lors de sa rencontre avec la socialiste en février. Gandrange est à quelques kilomètres de chez moi, leurs problèmes sont notre lot quotidien. Ségolène choisit de faire le tour de France en commençant par la Lorraine. Ca fait d'autant plus plaisir que notre région est très bien représentée sur scène (les députés Mosellans Liebgott et Filipetti) comme dans la salle où le comité Moselle d'avenir, dont je suis, a su se faire entendre. S'en suit une fabuleuse, et je pèse mes mots tant je l'ai dégustée, intervention d'Ariane Mnouchkine. Je ne saurais la retranscrire ici, j'en suis incapable. A la limite de la politique et de la philosophie, au summum de la rhétorique, sans élever la voix, elle nous a parler de l'Etat providence, de la démocratie et du peuple. Si l'intervention a été filmée, je vous conseille vivement de l'écouter ! Un pur plaisir. Edwy Plenel, le collectif "Sauvons la recherche" et d'autres ont suivi. Je retiens Delphine Batho, qui nous a parler de sécurité de façon très professionnelle malgré l'émotion visible. Je retiens Jean-Pierre Mignard qui a littéralement enflammé la salle par ses talents de tribuns. Je retiens enfin, et surtout, Thomas Piketty. Il n'a pas de talent d'orateur particulier mais il nous a présenté une "révolution fiscale' clef en main : les retraites, la sécurité sociale, l'impot, tout y passe. La droite n'a qu'à bien se tenir. Le pacte présidentielle est totalement dépassé. Concrètement, sans grandes déclarations ni grands mots, sans injonctions ni anathèmes contre d'autres socialistes, Ségolène propose. De mémoire, je ne crois pas qu'on ait entendu un discours aussi technique de la part d'un leader d'opposition depuis bien longtemps. On sentait le travail, on sentait le concret, on sentait le solide. J'aime ça ! Il est bien loin le temps des expressions toutes faites et répétées jusqu'à overdose. Il est bien loin le temps où on avait autant les yeux sur les sondages que sur le guidon. Il est bien loin le temps du soutien irrationnel. Deux ans se sont écoulés et le tableau est aujourd'hui tout autre. On savait désormais où on allait, je sais...
Ségolène n'aura pas tellement parlé pendant ce meeting. Une demi heure tout au plus et c'est bien comme ça. Elle a mis en avant son équipe, chose qu'elle avait du mal à faire auparavant. Elle a mis en avant des idées travaillées et concrètes qui répondent aux vraies préoccupations des Français autant que des socialistes. L'organisation était bien meilleure que d'habitude. L'ambiance finale était soulagée, joyeuse et "combattive" selon le terme consacré. Je ne crois pas que quelqu'un soit sorti déçu de la salle. Il fallait vraiment être très difficile ou d'une mauvaise foi totale. Même ceux qui ne la portent pas dans leur coeur peuvent reconnaitre le sérieux du travail réalisé depuis bientôt un an. Je ne suis pas toujours gentil avec elle, souvent critique même. Je ne dis pas aux autres ce qu'ils doivent penser. J'essaye plutôt de poser les questions qui fâchent en général. Je n'hésite pas à défendre des points de vue différents sur un certain nombre d'idées et de grands principes. Je sais dire quand je ne suis pas d'accord et j'accepte la différence. Mais je ne peux qu'approuver un tel discours aujourd'hui. Concernant les divergences que j'ai avec Ségolène, elle semble avoir évoluée. Sur les alliances, elle a mis un peu d'eau dans son vin, elle n'a pas parlé d'alliance avec le "modem". Elle n'a d'ailleurs pas prononcé ce mot. Elle a parlé de rassembler d'abord la gauche pour élargir ensuite à "tous les démocrates". Terme de compromis acceptable à mon sens. Ambigü, certes, mais acceptable. J'aime. Sur l'Europe, autre point de gros désaccord, elle semble avoir repris la position qui était la sienne pendant la campagne. Elle profite du Non Irlandais au Traité de Lisbonnes pour en appeler à l'Europe par la preuve, celle des projets, à plus de démocratie européenne aussi et à une Europe plus proche des gens. Il faut laisser le problème des institutions de côté et, quand il en sera de nouveau question, il faudra associer les citoyens de tout le continent à la fois à son élaboration et à sa ratification par le biais d'une consultation européenne. Exit le Traité de Lisbonnes, exit la question de la ratification parlementaire et le passage en force qu'elle avait pourtant cautionné. J'aime. Pas de provocation à noter non plus, ni sur le marché ni sur l'individualisme. Même si elle le pense certainement toujours, elle ne croit pas bon de l'exhiber. On s'en accomode. Bref, sur tous les points de heurt, elle arrive à trouver un terrain d'équilibre. Sur ceux de fond, elle arrive à clarifier sa pensée et à l'enrichir considérablement. Sur la participation, il reste encore un chemin à faire, même si la mise en avant de son équipe et de sa contribution écrite à "3000 mains" a franchement de la geule ! J'aime.
Nous sommes sortis satisfaits de cette réunion. J'en suis sorti content. Très fatigué mais content. Je n'avais pas fait tout ça pour rien. Je n'étais pas ridicule. L'honneur est mieux que sauf, il était gratifié. On se sent fort dans ces moments. Ca s'éclaircit dans mon esprit et le Soleil cogne sur ma tête. Il est bientôt 14h. Je me tape un gros coup de Soleil. Comme à chaque fois qu'on croise Ségolène... Au final, je pense que si les militants se basent vraiment sur les contributions, sur le fond, comme ils le proclament. S'ils veulent vraiment défendre un texte cohérent qui donne au Parti Socialiste tout à la fois une vision et des solutions concrètes. S'ils arrivent à sortir des hypocrisies, des petites phrases et des faux débats que certains leur imposent. S'ils arrivent à mettre leurs aigreurs de côté et savent remettre leurs ego dans la poche. S'ils veulent prendre la peine de lire la contribution avant de la critiquer avec tous les a priori que cela comporte, alors la motion qui en découlera sera très certainement majoritaire tant elle est sérieuse. J'espère que les militants sauront être responsables et que le Parti Socialiste fasse de Reims une ville historique pour la Gauche en hérigeant une femme à sa tête, une ville résistante au Sarkozysme grâce à une équipe soudée, renouvelée et organisée et, en définitive, une ville de victoire pour la Gauche toute entière ! C'est pour cela que j'ai choisi de "Combattre et de Proposer" avec Ségolène Royal !
A critiquer volontier !
Thomas.
20:06 Publié dans Congrès de Reims 2008 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : reims, ségolène royal, vincent peillon, delphine batho, thomas piketty, jean-pierre mignard, ariane mnouchkine
05 avril 2008
Le candidat ou la candidate
Bonjour à toutes et à tous,
Je vous prie avant toute chose de m'excuser pour ce long silence post électoral. Parfois, il vaut mieux se taire plutôt que dire des bêtises trop vite regretées. D'autres fois, il vaut mieux se mettre en retrait un moment pour pouvoir embrasser un plan plus large et donc mieux comprendre ce qui se joue, les non-dits, les sous-entendus, les coups tordus et finalement, pouvoir faire l'état des lieux des forces en présence. D'où part-on ? Dans quelle direction va-t-on ? Pourquoi ? Avec quelles forces ? Avec quelle méthode ? Avec qui pour nous guider ? Je ne pense pas me tromper de beaucoup en disant que quelqu'un de responsable a besoin de connaître la réponse à chacune de ces questions pour pouvoir aller de l'avant et progresser. Quand on ne sait plus répondre à l'une d'entre elle, on hésite, à deux, on doute, à trois, on s'arrête et on réfléchit. C'est ce que j'ai pu faire pendant ce mois. Et j'ai trouvé mes réponses.
D'où part la Gauche ? En ce début de mois d'avril, la tableau est clair, encore faut-il reconnaître plusieurs évidences. La première est que la Gauche est à la fois riche de sa diversité mais surtout forte de son unité. Partout où la Gauche était partie unie, elle a eu de grands succès. Je ne vous fait pas l'énumération des villes tombées, je pense que vous les connaissez. Il faut donc travailler à l'unité de la Gauche, en mettant en valeur et en respectant sa diversité. De l'extrême au centre gauche. Toute la Gauche mais rien que la Gauche. La deuxième réflexion qui me vient à l'esprit, c'est l'importance du travail à la fois des élus en place pendant leur mandature, ce qui leur a permis, bilan et projet portés ensemble, de conserver largement leurs cités, et des militants et candidats, sur le terrain, au porte à porte, avec les gens dans les villes conquises. Le travail, encore le travail, toujours le travail, avec énergie mais surtout avec constance. Balzac avait raison "La constance est la plus haute expression de la force". Il faut donc donner la priorité, à tous les niveaux dans tout ce que l'on fait au travail. Je dirais même plus, le travail ensemble, avec toutes les bonnes volontés ayant le même objectif, sans a priori. Il faut aujourd'hui réhabiliter le travail collectif, avec toutes les formations de la Gauche et différentes tendances à l'intérieur de ces formations, sans oublier bien sûr le travail participatif, avec les Français. Troisième remarque, les leaders qui ont gagné, étaient des leaders forts. Mais ils ne l'étaient que parce qu'ils arrivaient à faire travailler entre eux tout le monde. Le collectif renforçait le leader et portait plus loin sa parole, l'assurait sur ses arrières, c'est, à mon sens, ce qu'il a manqué pendant la campagne présidentielle. Ségolène Royal n'arrivait pas à faire travailler le PS comme la Gauche et la Gauche était, avec le PS, en incohérence avec la candidate. Les tords sont partagés à 50/50. Il faut donc faire émerger un leader ayant à la fois le tempérament mais aussi la capacité à faire travailler tout le monde ensemble, assurant le rassemblement nécessaire de la Gauche. Le dernier point, c'est la question des alliances. Ces élections ont confirmé l'inexistence d'un MoDem qui n'a toujours été qu'un loeur à mes yeux. Un coup à droite, un coup à gauche. Le MoDem s'est révélé être ce qu'il n'a jamais cessé d'être, un mirage créé de toute pièce par François Bayrou et pour François Bayrou. Un outil personnel, sans implantation locale, sans cohérence nationale et pour tout dire, une illusion plus qu'une force politique. D'ailleurs l'alliance Modem a souvent été l'alliance perdante, à Marseille, à Toulouse, à Metz, à Lyon entre autres. La Gauche de Gauche a pour sa part retrouvé une vigueur d'autant plus exceptionnelle que ces scrutins locaux sont d'habitudes très difficiles pour elle, vigueur que la plupart des dirigeants PS ont feint d'ignoré mais qu'ils ont bien remarqué. Par exemple à Quimper où la LCR a fait 15%, à Toulouse où les Alternatifs ont fait 10%, à Nancy la LCR et LO ont atteint les 10%, à Montpellier la LCR et les Verts ont pratiquement atteint les 20% ! Un cinquième du corps électoral ! A Thionville, Lutte Ouvrière a fait pratiquement 7% et c'est à la fois grâce à eux qu'un second tour fut possible et grâce à eux, appelant à battre le sortant de droite malgré l'humiliation infligée par un candidat de Gauche cachant son étiquette que ce dernier a pu l'emporter. Partout où on attendait le centre, c'est finalement la Gauche qui a permis la victoire. Je crois que ce comble mérite d'être aujourd'hui signalé et souligné ! La Gauche est bien vivante.
Dans quelle direction va-t-on ? Avec quelle méthode ? Pourquoi ? Je rajouterais même dans quel sens va-t-on, parce qu'avoir la direction c'est bien, mais qu'avoir le sens, c'est encore mieux... Plusieurs choses que j'ai déjà défendu ici me viennent à l'esprit. Tout d'abord, il faut que notre projet commun soit une vision. Nous sommes de bons gestionnaires, même s'il faut toujours le défendre. Nous avons des capacités et de l'énergie humaine, nous avons bien plus de talents que sur l'autre bord, même s'ils l'utilisent beaucoup plus contre eux que contre la droite. Des idées, ce n'est pas ce qui manque chez nous. Nous en avons beaucoup, les 100 propositions du Pacte Présidentiel et les milliers de propositions municipales en sont l'exemple le plus concret. Ce qui nous manque, au fond, aujourd'hui c'est la mise en cohérence de l'ensemble. Quel est notre projet de société global pour le pays et pour les Français ? Quel monde voulons nous pour nos enfants et nos petits enfants ? Quelles sont les grandes valeurs qui nous animent et vers lesquelles nous volons tendre, à défaut d'y arriver car nous savons tous qu'elles sont tellement grandes que nous ne pouvons les atteindre complètement ? Nous devons dessiner la société que la Gauche peut proposer aux Français en 2012. Nous devons peindre la France, l'Europe et le monde de ce siècle déjà bien entamé. Nous devons inspirer les Françaises et les Français. Ceci dit, cette vision ne doit pas être cause de rigidité comme ce fut le cas des grandes idéologies du passé. Le monde change et il serait stupide de vouloir revenir en arrière, un temps chimèrique où tout était parfait. Il serait stupide de vouloir empêcher toute évolution, on ne peut pas lutter contre le progrès, la nouveauté, le renouvellement, les modes, l'imprévisible. Il serait enfin stupide de vouloir le sanctuariser, synonyme de mort pour une nation. Pour cette raison, une fois fixés les valeurs et objectifs de cette vision, ce tableau de la société que nous voulons construire, il est important de laisser carte blanche à nos dirigeants qui arriveraient aux responsabilités concernant les moyens mis en oeuvre pour pouvoir commencer à concrétiser cette vision. Puisqu'il faut nommer une chose pour la clarifier, j'ai appelé ce concept "le pragmatisme visionnaire". Il est chargé de concilier nos valeurs et nos rêves parfois trop ambitieux pour pouvoir être réalisés d'un claquement de doigt et la politique de gestion quotidienne à laquelle sont confrontés nos dirigeants. Le temps des "ya qu'à" et le temps des "l'Etat ne peut pas tout" est révolu. Le nouveau compromis que j'ai défendu ici il y a quelque temps peut être considéré comme l'exemple le plus abouti de ces deux nécessités : faire rêver et répondre aux besoins quotidiens de chaque citoyen. Concernant les valeurs, j'ai déjà écrit beaucoup dans ces colonnes, et je continuerai à le faire durant les prochains mois : bien-être, changement, solidarité, savoir-vivre et vivre-ensemble, justice, lutte contre toutes les formes d'exclusion et d'autoexclusion pour préserver l'harmonie d'une société universaliste, réhabilitation de l'honneur... Autant de thèmes qui me tiennent à coeur et que je continuerai à défendre coûte que coûte.
Quelles forces pour porter ces valeurs ? Qui pour guider la Gauche ? Vous allez dire que je me répète. C'est vrai. Mais la répétition n'est-elle pas la clef passe-partout pour transmettre un message ? Adage bien connu des professeurs comme des conseillers en communication... Même si ces questions seront cruciales lors du combat qui s'ouvre avec ce Congrès du Parti Socialiste, début novembre, ce n'est pas la question principale et ça ne doit certainement pas le devenir ! D'ailleurs, et avant toute chose, je tiens à préciser qu'à mon sens, ce Congrès du PS n'est pas un Congrès comme les autres et qu'il convient de relativiser son importance. Il n'est qu'un préalable à un futur Congrès de la Gauche, citoyen, participatif et populaire, qui devra se tenir lors des prochaines années et qui aura pour but de la fédérer dans toute sa diversité. Je prendrai un soin particulier à examiner ce que chaque motion propose à ce sujet. Le but étant moins d'uniformiser la Gauche, rêve utopique et contre productif, que de créer une discipline globale entre ses différentes tendances, notamment au moment des élections nationales : législatives et présidentielles. Je fais de l'élection du candidat de la Gauche, et pas simplement du PS, à la présidentielle de 2012 au moyen de primaires à l'italienne une condition sine qua non de nos victoires futures. Le prochain Premier Secrétaire devra clairement se positionner sur ces deux sujets... A ce propos, on glose beaucoup depuis quelques temps sur le portrait de ce futur premier secrétaire... Doit-il être quelqu'un qui fait travailler le PS mais qui n'a aucune chance d'être présidentiable ? Doit-il être un présidentiable dès cette année ou faut il attendre le prochain congrès ? Avouez qu'une telle dichotomie est une preuve de plus de la désagrégation du parti et de son incapacité à se dépasser. Nous savons tous que celui qui deviendra Premier Secrétaire en novembre prendra une sérieuse option pour la candidature de 2012. Nous savons aussi que pour renforcer le PS et la Gauche, on a besoin d'un leader qui fasse travailler tout le monde ensemble et qui ait assez de caractère pour exister malgré tout. Pourquoi vouloir à tout prix séparer le présidentiable de celui étant capable de faire travailler le parti ? Peut-être parce que Bertand Delanoe et Ségolène Royal ne pensent pas avoir les deux qualités. Comment peuvent-ils dès lors prétendre à ce poste et à celui de Président de la République ? Deux fonctions qui font de ces deux points une nécessité... Le Parti Socialiste est-il à ce point en pénurie de talents pour ne se limiter qu'à ces deux gros ? Je ne le pense pas. Je pense par contre qu'il ne faut pas négliger les gens qui bossent mais qui restent dans l'ombre et que, de la même manière que Ségolène s'est imposée, alors que personne ne l'attendait là, entre Laurent Fabius et DSK en 2006, il faut miser sur la jeunesse et le renouvellement pour faire émerger une nouvelle figure ayant les deux qualités : travailleuse et rassembleuse à la fois. Ce n'est pas parce qu'on est pas présidentiable en 2008 qu'on ne le sera pas en 2010 ou 2012... De plus, à ce jour, je ne distingue pas vraiment ce qui sépare réellement Ségolène Royal de Bertrand Delanoe, même conception du monde, même conception des alliances, même style de vie, même rigidité qui les empêche d'avoir l'ouverture d'esprit, celle d'un François Hollande, nécessaire à l'exercice de la fonction de secrétaire... Je le dis franchement, je ne suis aujourd'hui emballé par personne. Mais vue les erreurs du passé concernant l'emballement, c'est peut-être une bonne chose que d'attendre et de faire confiance à sa raison. Celle-ci me dicte aujourd'hui de miser sur des gens modestes et sans prétention qui travaillement depuis des années, dans l'ombre, au service de la Gauche mais surtout des Français, qui assument leurs positions et ce qu'ils ont réalisé : les Martine Aubry, Julien Dray, Pierre Moscovici et Benoit Hamon, voilà l'avenir ? Il saura nous le dire...
Ca y est, c'est fini ! Ca y est, c'est reparti pour un tour ! Oui, on finit par s'en lasser... Mais allez leur dire !
A approfondir.
Thomas
13:57 Publié dans Autour du pot, Municipales 2008, Pierres pour l'avenir, Propositions, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, balzac, bertrand delanoe, congrès, parti socialiste, gauche, démocratie participative
25 février 2008
Tornade Blanche sur Metz
Bonjour à toutes et à tous !
Elle est venue, elle a vu, elle a parlé, elle est repartie. Mardi dernier, une tornade blanche a déferlé sur Metz. J'étais au coeur de celle-ci, ou pas très loin. Arrivée à la gare à 17h32, quartier nord de Metz à 17h45, meeting à 18h30, repartie 19h35... Un marathon. Mais plutôt que de m'étendre à vous conter un roman fleuve de l'escapade telle que vous avez certainement pu le lire dans la presse, j'ai préféré vous parler de ce qui m'a frappé personnellement.
La première chose : elle est belle Ségolène ! Elle fait partie de ces femmes dont on est obligé de décrire les longues jambes, la finesse des poignets et des traits du visage. Maquillage parfait. Doudoune blanche, toujours. Je sais, c'est rabajoie ! Je sais, ca ne fait rien ! Je sais, c'est ce qu'il y a dans la tête qui compte ! Je l'ai moi-même dit à une vieille dame, au centre sociale, qui sautillait à côté de moi en me tirant le manteau : "j'ai serré la mains à Ségolène !" - "C'est bien Madame !" - "Je lui ai serré la mains !" - "C'est bien Madame !!" lui répondis je une deuxième fois, avec un léger sourire en coin. Elle était euphorique pendant près de 5 minutes... On aurait dit une petite fille qui venait de voir le Père noël. Je ne savais plus quoi répondre. Quand elle me dit : "Elle ferait une belle présidente hein ?" J'ai répondu d'un ton cassant mais amusé : "Mais Madame, ce n'est pas ca qui compte ! C'est ce qu'elle a dans la tête !". La vieille dame se calma un instant avant de reprendre "Je le sais bien, mais quand même elle est belle !" .... Et elle repartit... C'est comme ça, c'est une belle femme. Tellement belle que cela en devient presque un inconvénient au milieu des politiques éléphantesques de la région. Coincée entre Michel Liebgott, Jean-Marc Todeschini et Jean Pierre Masseret, Ségolène Royal suivie pas à pas par Aurélie Filipetti et Delphine Batho dans la salle des syndicats parait bien seule. Le contraste est saisissant : trois femmes, belles et jeunes (ben oui) devant de corpulents syndicalistes aux voix tonitruantes. J'ai même aperçu certains d'entre eux rougir au moment de la remise du cadeau, en fin de discussion. Je restais silencieux mais j'avais du mal à cacher un petit sourire... Le directeur de campagne et le président de l'Université de Metz ont été jusqu'à se chamailler amicalement pour remettre à la Belle son menteau, on aurait dit deux coqs se battant pour avoir les faveurs de la... poule aux oeufs d'or ? lol Dernière chose frappante, le ballotage de Ségolène. Il n'y a rien de politique là dedans, simplement on aurait dit une poupée qu'on guide en permanence. "Ségolène par ici, Ségolène là !", "Ségolène tu montes dans celle-ci!", "Ségolène vas au soutien scolaire!", Ségolène ci, Ségolène ca... Une poupée qu'on balotte de rue en rue, de salle en salle, de réunion en réunion. Une fois en situation, tout ce petit monde s'éclipse et la laisse parler, faire son petit topo, dérouler son speech, bref : dire ce qu'elle a a dire ! Et tout le monde écoute dans un silence d'autant plus assourdissant que sa voix fluette monte difficilement et que la moindre sonnerie de téléphone portable peut parasiter une prise de son pour un micro de radio ou de télévision... Populations, candidats, politiques, militants, journalistes, syndicats, tous au même niveau : elle parle, on se tait.
J'ai eu l'occasion de discuter avec plusieurs personnes, et non des moindres, bien qu'elles ne soient pas forcément les plus en vue. Le garde du corps de Ségolène par exemple. Un grand monsieur. Il était habillé d'un menteau bleu marine à col ouvert dessinant autour de son cou une sorte de colorette renaissance sur un costume bien de notre époque. Des cheveux argentés et ondulant coiffent un visage fin, une voix bien du sud pare un sourire en coin permanent. Impassible au milieu d'une foule sans cesse en mouvement, il semble s'amuser de tout ce théâtre qui se répète chaque jour. Les décors changent, les situations, les mots, les gestes restent les mêmes. Il a un petit côté Michel Barnier, le caractère hautain en moins. Je parlais de la Fête de la Rose de Melle avec une femme de candidat (modem lol !), quand il s'approcha, regard gourmand. Il en avait des choses à dire ce monsieur qui voyait tout sans jamais se faire voir, qui était partout sans jamais dire un mot, qui écoutait tout sans jamais qu'on lui adresse la parole. Un fantôme à côté d'une femme dont l'aura éblouit les gens à tel point qu'ils n'apercoivent même pas son plus fidèle compagnon. Un ange gardien peut-être. "Désirs d'avenir ?" me demanda-t-il. Mon "oui" tout aussi intrigué qu'il était impatient fut pour lui comme un déclic. Il passa dix minutes à me raconter les bousculades, les mains baladeuses et les caméras indiscrètes qui entourent chaque déplacement de Ségolène. Les violences aussi, par des journalistes gloutons d'images sur un petit garçon de 8 ans dont la tête fut projetée contre une vitre à Vaux-en-Velin, par un passant un peu trop curieux qui tenta de filmer sous les jupes de Madame, par le couple Balkany la veille à Levallois-Perret. Ségolène, c'est une tornade. Elle est le roseau, il est le chêne. Je profitais du seul moment de répit des deux heures pour poser des questions un peu plus difficiles. Ségolène Royal était-elle dans la vie et avec son employé si stricte et cassante qu'elle paraissait dans les médias. Je sentis alors un temps de réflexion de quelques secondes, j'imagine qu'il a dû se demander s'il avait affaire à un militant passionné ou à un journaliste un peu trop curieux. Il me regarda droit dans les yeux, de trois quart, avec un sourire pincé qui en disait long sur le questionnement intérieur. Et finalement, il se lança. Il ne nia pas la dureté, ni le caractère cassant. Il répondit simplement :"Elle est très exigente, mais elle est juste" et s'empressa de nuancer "elle a énormément d'humour". Ségolène sort alors de la salle de réunion, les talons claquant sur le sol était le signale que la tornade blanche allait repartir. Le monsieur s'éclipsa et la foule se remit en mouvement. Singulier monsieur.
Ma dernière petite remarque concerne le sentiment ambivalent, en tant que membre de Désirs d'Avenir, d'être à la fois snobé par les autres socialistes et mis en avant par nos camarades. Après de multiples communications avec Paris, avec des responsables de Meurthe-et-Moselle, du Jura, de Metz et bien entendu de Moselle d'avenir Thionville, notre feuille de route était claire, les passes étaient là, tout le monde était au courant. Pour interpeler n'importe qui, on disait "Désirs d'avenir" aux députées et à Ségolène elle-même et toutes les portes s'ouvraient. Elles nous regardaient, arretaient quelques minutes et prenaient le temps de répondre. L'acceuil a été très chaleureux par les autres DA que nous ne nous connaissions pourtant pas et qui nous ont bien aidé dans notre route.
De l'autre côté, les vents et les fins de non recevoir pleuvaient. Alors que tout était ficelé, je me rendais une première fois au QG de campagne de Dominique Gros où on m'avait dit de me présenter comme membre de DA. Après nous avoir dévisagé de haut en bas, on nous demanda avec un certain mépris dans le ton, "c'est quoi DA ?". Après avoir expliquer qu'on devait filmer la venue de Ségolène à Metz, on me répondit dans un rire "vous devez ? Il faut d'abord demander si vous pouvez !" Ni une ni deux, je relançais aussi sèchement et sûr de moi : "Non non, vous avez bien entendu "on doit"", et d'enchainer non moins sûr : "ce n'est pas moi qui le dit, c'est Ségolène Royal et c'est le Désirs d'avenir national qui m'a demander de me présenter chez vous". Les visages se sont alors fermés et tout le monde s'est volatilisé. Un bon quart d'heure plus tard, le directeur de campagne de Dominique Gros qui nous a reçu, nous a donné sans plus d'explications deux feuilles résumant le parcours qu'elle ferait en soirée, heure par heure, minute par minute... Nous sommes repartis sans trop poser de questions en imaginant qu'ils étaient tous sur le pied de guerre pour l'acceuillir et fatigués par la campagne finissante. Je contactais alors le reponsable Désirs d'avenir de Metz pour l'informer de ce que nous devions faire, il était au courant, lui. Une réunion fut donnée à 16 heure au QG. L'acceuil était cette fois-ci très chaleureux cette fois, mais uniquement par des DA. Conversations amicales et présentations s'enchainaient quand le directeur de campagne est reparu dans la salle, la reponsable de DA Metz lui cria tout sourire, "Ah Antoine, c'est la caméra de Ségolène ! de Désirs d'avenir !", il répondit d'un "ouaiiiiiiii, je sais...." lapidaire et plutôt agacé. Elle lui demandait une place dans le bus officiel pour que je puisse suivre le déplacement et tout filmer. "Ya pu d'place !" répondit-il sur le même ton sans nous regarder. Je me sentais à la fois géné et à la limite de la désillusion. J'étais dans la position inconfortable de l'intrus.
Je n'ai pas insisté, je partais en direction de la gare et contacta le sympathique Philippe du DA national. Après lui avoir raconté la situation, il me rassura et me rappela pour m'informer qu'il venait de briefer Aurélie Filipetti au sujet du bus. Je dois lui sauter dessus à sa sortie du train, j'ai un créneau de 3 minutes pour trouver une place. Quelques minutes avant l'entrée en gare, je ne savais toujours pas comment tout cela allait se passer, sinon que ça irait très vite. Le train arrive, tout le monde se presse, on suit la foule. Luc filme, je vois Ségolène descendre, pas d'Aurélie, la foule commence à se déplacer, je commence à pousser, je m'appuie sur le TGV pour m'approcher de l'entrée. J'ai le vide sous mon pied. Aurélie descend, je lui saute dessus, "Bonjour Aurélie, je suis Thomas, DA, je dois filmer, il me faut une place dans le bus". Un mot au directeur de campagne qui nous avait snobé deux fois en une journée, un grand sourire à Aurélie et deux places dans le bus, carte de presse etc... tout est tombé d'un coup et sans réfléchir on s'est laissé emporté par la tornade comme si on en faisait partie. Dans le bus, entre députés et candidats, je me sentais intrus, je me demandais s'ils s'étaient tous aperçus que nous étions là. Du coup, on a parlé avec le candidat modem(et oui encore lol) et puis avec ceux de Désirs d'avenir et les autres socialistes qui ne disaient rien mais devaient nous prendre pour des conseillers ou des journalistes ou je ne sais quoi encore.... Une femme nous a demandé qui nous étions mais je ne sais si elle a vraiment compris. Autant Désirs d'avenir est un passe partout avec les ségolènistes, autant c'est une entrave avec tous les autres. J'ai bien senti la différence que je ne percevais pas si forte auparavant. A chaque fois qu'on disait DA, on nous répondait "mais vous êtes au PS qd mm ?" Ma situation étant ce qu'elle est, on se sentait coincé entre deux murs au beau milieu d'un torent. On nous a laissé faire ce qu'on avait à faire. Mais on a bien senti que tout était au bon plaisir du prince, ou en l'occurence, de la princesse du jour.
Voilà pour les anecdotes de la semaine. La semaine prochaine je suis à Montbeliard pour la réunion DA Grand Est, je vous confierai mes impressions. Dimanche Arlette Laguiller est à Metz, je vais l'interviewer et lundi 3, c'est au tour de François Hollande de battre le pavé messin... Semaine politique chargée !
A encourager !
Thomas
20:32 Publié dans Autour du pot, Municipales 2008, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, nicolas sarkozy, stylo, roumanie, metz, dominique gros, arcélor-mittal
11 février 2008
Et si l'Europe m'était comptée ?
Bonjour à toutes et à tous,
Et si l'Europe m'était comptée ? C'est la question sur laquelle je me suis surpris à réfléchir cette semaine. Le Parlement sensé représenter la nation française a largement voté un Traité qui n'est autre que la Constitution européenne rebaptisée. Réaction en forme de coup de geule longuement réfléchi.
Le coup de poignard dans le dos qu'ont reçu cette semaine la démocratie et tous les démocrates, avec l'adoption de la Constitution Européenne par le Parlement, contre le choix du peuple, seul détenteur du pouvoir souverain, n'est plus un signale d'alerte mais un coup de grâce porté à l'encontre de l'Europe. Parce qu'en définitive, qu'est ce que l'Europe sans les Européens ? Sans les citoyens qui la composent ? Sans les valeurs de liberté de choix, dire oui ou non à une constitution par exemple, et de démocratie, une personne une voix, qui fondent notre civilisation occidentale ? Comment pourrons-nous nous regarder dans la glace après cette affaire ? Comment aurons-nous encore la légitimité pour faire la morale au monde, nous faire les chantres d'une démocratie que nous ne pratiquons que quand elle va dans le sens des élites ? Comment nous regarderons les autres, quelle autorité morale aurons-nous encore pour parler de démocratie ? Cette semaine nous avons dépassé la démocratie. Certains nous disent que c'est pour le meilleur mais je me méfie toujours des gens qui prétendent savoir mieux que moi ce qui m'est bon. On nous disait déjà ça à propos du CPE en 2006, entre autre... Quand on commence à dire qu'on est plus à même de décider que le peuple, alors on prend une sérieuse option pour un autre type de régime auquel je n'ose penser.
Outre ce dépassement inquiétant, j'ai envie de mettre les partisans de cette Constitution en face de chiffres et de pratiques inacceptables, en face de leurs contradictions. 62 % des Néerlandais ont déjà rejeté ce texte en 2005, il n'y a même pas 3 ans. D'autres Européens ont été privés d'un référendum pourtant promis : leurs dirigeants avaient peur d'un résultat négatif de plus. En France, nous avons été 55% à rejeter ce texte. Remarquons qu'il s'agit d'un résultat plus net que celui de l'élection de Nicolas Sarkozy et ses petits 53%. Dès lors, peu importe que le Parlement représente la France ou pas : comme l'a justement fait remarquer François Hollande, seuls les Français peuvent refaire ce qu'ils ont défait. Comme le disait Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, deux textes identiques ne peuvent pas être soumis deux fois aux Français, surtout dans un intervalle de temps aussi court. Il ne faut pas s'en tenir aux institutions. Il faut reprendre l'Europe concrète, celle des projets, l'Europe par la preuve. Il faut mettre momentanément de côté l'Europe institutionnelle. Les vents tournent et les vestes se retournent... Les mêmes tentent aujourd'hui de justifier précisément le contraire de ce qu'ils nous ont vendu des mois durant. Et si l'élection de Sarkozy rend toute critique de ce faux "mini traité" impossible alors pourquoi encore continuer à s'opposer à la multitude de réformes toutes plus archaïques et rétrogrades les unes que les autres ? Parce qu'il a été élu nous devrions abandonner tout ce que nous avons défendu pendant des mois devant les citoyens ? Abandonner des convictions et des idées qui, en plus d'être populaires dans l'opinion française ET européenne, plaçait la démocratie au dessus de toute autre considération ? Je ne veux pas croire que le citoyen expert et la démocratie participative n'aient été que manipulation de la part de l'establishment socialiste. Moi, j'y crois. Je me suis battu depuis des années pour ces idées. Je continuerai à combattre pour elles, parce qu'elles sont bonnes, justes et modernes.
On ne peut pas faire autrement ? "Si vous ne pouvez rien faire, alors pourquoi voulez vous devenir Président ?" Ségolène Royal, le 2 mai 2007, durant le débat télévisé. Si on ne peut rien changer, alors pourquoi faites vous de la politique ? Le changement "we can believe in", le respect des engagements "yes we can !".
Une Europe illégitime est née cette semaine. Ce diktat européen n'est pas acceptable. Ce passage en force, ce 49.3 de l'Europe, ce court circuitage du vote démocratique est illégal. Nous entrons dans l'ère de l'Europe Illégale. Je combattrai cette Europe et ses pratiques. Je n'accepterai jamais cet état de fait. Je considèrerai tout ce qui émanera de cette Europe comme tout aussi illégal que ses propres institutions. On a assassiné mon Europe cette semaine. Pire, on a piétiné la démocratie. Nous sommes bel et bien en résistance.
Revanche !
Thomas
06 janvier 2008
Réhabilitation de l'honneur
Bonjour à toutes et à tous,
Aujourd'hui, c'est décidé, je fais dans le trash ! Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'honneur. Je ne sais pas pourquoi, c'est un mot qui revient beaucoup dans ma tête ces derniers temps. Ce mot parait tellement anachronique, et pourtant, je pense qu'on en a jamais eu autant besoin. Qu'est ce que l'honneur ? Pourquoi vient elle titiller mes neurones en ce moment ?
L'honneur, c'est d'abord une valeur qui consiste à reconnaitre celle de l'autre. Mon dieu, quelle bravitude ce Sarkozy ! Je l'observe depuis tellement de temps maintenant. Combien de temps j'ai pu le vomir, lui et sa petitesse. Ses petitesses. Combien de temps j'ai pu le combattre, lui et ses expressions déplacées, ses attitudes agressives. Combien de temps j'ai pu le détester pour tout ce qu'il prenait un malin plaisir à détruire : la solidarité, la nation française, la Gauche aussi ! L'honneur de notre pays quand il va se prosterner devant W. Bush, quand il se permet de passer par dessus la parole et les choix du peuple de France à propos du Traité Européen (dont il n'a aucunement l'apanage). Quel culot quand même. Et pourtant... Quel maître ! Celui qui ne le reconnait pas n'en a pas, d'honneur. Voir à quel point il arrive à mener son affaire, même si la direction est mauvaise et les mots, toujours excessifs, ne sont pas moins honteux et dangeureux pour la communauté nationale. Devant lui, ou devrais-je dire en dessous de lui, c'est le néant, il n'y a rien sinon le bruit assourdissant des sifflements du vent et du vide. Je vois des fourmis, que dis-je, des microbes qui, puisqu'on a tapé dans leur ruche tranquille, puisqu'on a tué leur roi et sa reine, vont tous dans des sens opposés. Dans une ruche comme dans une fourmilière, le chacun pour soi est un non sens, il signifie la mort. Et pendant ce temps, Sarkozy a repêché sur sa chaloupe quelques sujets égarrés. Il voyage dans nos journaux comme autour du globe : Chine, Jordanie, Algérie, Europe, Usa... Il a même retrouvé une femme ! Tout ce que je vous raconte est un peu décousu, c'est volontaire. La Gauche n'est elle pas décousue ? On ne va quand même pas me reprocher de vouloir m'insérer au groupe, pour une fois que je fais l'effort... Pour tout dire, la situation me parait tellement pathétique que je préfers en rire qu'en pleurer. Applaudissons quand même le Président pour la maîtrise technique ! A moins qu'il ne faille taper une fois de plus sur les éléphant-e-s* pour tout ce qu'ils font honte aux Français qu'ils sont sensés représenter ?
L'honneur, c'est aussi une valeur qui consiste à tenir parole. Une parole est une parole. Manquer à sa parole en fonction des aléas, c'est perdre son honneur. On peut dire qu'ils sont nombreux ceux qui ont perdu leur honneur ces derniers temps. Aperçus. Je viens de voir Bernard Kouchner sur France 2 ce soir. On peut dire qu'il ne manque pas de culot ce médecin sans frontière. Faire campagne pour un camp et défendre le président sans sourciller pendant 15 minutes chrono, pieds et poings, j'ai rarement vu pire. Je ne lui reproche pas ses idées, mais dans ce cas, il aurait dû faire comme Besson : défendre le projet auquel il croyait. De deux choses l'une, soit il trouvait le projet de Sarkozy meilleur, et alors il devait le défendre, soit ce n'était pas le cas et cela signifie qu'il a laisser ses idées, ses valeurs, ses engagements pour des ambitions personnels, pour un pseudo prestige, par orgueil ou pour l'argent. Dans tous les cas, son honneur, il l'a perdu. Autre cas, non moins troublant : Ségolène Royal. Elle fait encore mieux, si je puis dire. Elle a défendu un projet pendant six mois auquel elle ne croyait pas elle-même. Pas étonnant dès lors qu'elle ait perdu ! Elle travaille depuis près d'un an à contre dire point par point ledit projet. Les smic, les 35 heures, la démocratie participative, le référendum européen... et j'en passe, je ne les compte plus. Tout passe à la trappe. Engagements, valeurs, idées. C'est "l'implosion perpétuelle de l'atomisation de tout et de rien", et je rajouterai "de façon circulaire positive et convergente dans la vertu du dépit participatif" ! (Ben quoi, je fais du Ségolène, qui d'autre pourrait dire ca ? Je m'intègre quoi...) Elle pourrait cependant être championne dans un sport : le tombé de journaliste. Oui, ils sont nombreux ceux qui tombent de leurs chaises dès qu'elle ouvre la bouche. Il faut dire qu'elle ne manque pas de cynisme pour s'autoproclamer messie de la rénovation et proclamer ses ambitions personnelles dans un moment si difficile pour les Français, et pas seulement socialistes, et pas seulement de gauche. Ca me parait tellement indécent que là aussi, je préfers en rire qu'en pleurer. Quel manque d'honneur. Je reviendrais sur la (longue) liste de ses incohérences plus tard, ce n'est pas le sujet...
L'honneur, c'est enfin une valeur qui consiste à reconnaitre ses fautes et les assumer. Je me suis beaucoup trompé ces derniers temps. Politiquement j'entends. Je le reconnais plutôt deux fois qu'une. J'ai d'abord fait l'erreur, mais on ne m'y reprendra plus, de vraiment croire un, en l'occurence une, politique. Horreur, malheurs ! Moi qui disait toujours qu'il fallait garder la tête froide, moi qui disait qu'il fallait jouer avec nos politiques comme eux jouent avec nous, moi qui disait qu'il ne fallait croire personne sauf les idées. Je me suis trompé, j'ai cru en Ségolène, "erreur fatale" ? Je ne sais. Mais ce n'est pas le plus grave. Qui n'est pas tombé dans le panneau du renard ? Qui n'a pas perdu son fromage au moins une fois dans sa vie ? Je me suis autrement et plus lourdement trompé. J'ai fait l'erreur de m'inscrire à nouveau dans un parti. Moi qui n'a jamais rien fait d'autre que dénoncer leurs méthodes, leurs militants souvent fermés sur eux-même, ces notables éléphantesques et dont, sauf exceptions, la médiocrité n'a d'égale que le cynisme. Mais qu'est ce que j'ai été faire dans ce nid aux serpents ? J'ai rarement vu les Socialistes sur le terrain, quotidiennement, jamais je n'en ai vu un rester une journée dehors pour une pétition, je ne vois jamais aucune affiche socialiste (quand on en voit) défendre autre chose que des personnes là où d'autres (les verts, les communistes mais aussi les chevènementistes) défendent presque tout le temps des idées. Comment ai-je pu me tromper à ce point ? Aujourd'hui, c'est décidé, j'assume. Je ne reculerai plus. J'y suis, j'y reste. Je vais essayer de changer les choses, malgré ce que j'ai pu dire ou penser. J'ai un idéal et je vais passer par le réel pour le construire. Je suis aujourd'hui dans un parti et je vais le travailler pour le faire changer.
C'est aussi ça "voir le monde tel qu'il est". Mais le voir tel qu'il est ne sert à rien si on n'a pas l'ambition de le faire tel qu'on le veut : Complètement différent !
Quant à l'honneur, j'en reparlerai très bientôt, c'est une valeur à réhabiliter et ce n'est qu'un début....
Thomas.
* : les élections américaines sont de retour. Le parti de l'éléphant, outre Atlantique, c'est le Parti Républicain, le fameux GOP, Grand Old Party. Parallèle assez piquant s'il en est ;-) Remarquez, en face, ils ne sont pas mieux lotis lol A suivre...
23:20 Publié dans Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : honneur, ségolène royal, bernard kouchner, ethique, valeurs, parti socialiste
23 décembre 2007
La classomanie
Bonjour à toutes et à tous !!
La Classomanie de ces jours me laisse perplexe.
Ne cherchez pas dans le dictionnaire : ce mot est bien un néologisme ! Il est volontaire, assumé et revandiqué (je démine les éventuels procès en incompétence lol). Qu'est ce que la classomanie ? Littéralement, cela signifie la manie des classements. Un TOCTIC (et non un TICTOC attention !) : Trouble Obsessionnel Compulsif Traditionnel dans l'Information et la Communication. Ces classements sont, en général, drôles pour le lecteur, souvent polémiques et généralement sans intérêt sinon celui de rigoler et d'alimenter les conversations de comptoires. Il faut bien avouer qu'ils sont aussi fait pour nous divertir pendant les longs repas des fêtes de fin d'année... Prêtons-nous à ce petit jeu. Commentons.
***
Je ne résiste pas à l'envie de vous parler de la nommination, désignation ou élection, je ne sais, par le Time Magazin de Vladimir Poutine, homme de l'année 2007. Ce non-événement fait pas mal jaser. Pour ma part, je pense que pour juger la manière dont la Russie est gouvernée, il faut se remémorer deux choses.
La première, c'est que la Russie n'a jamais, au cours de son histoire, connu la démocratie. Empire autoritaire jusqu'en février 1917, brève république sans réel ancrage puis oligarchie jusqu'en 1989-1990-1991. Les années 90 ont été celles des grands boulversements et pas toujours dans le bon sens (accroissement des inégalités, chute démographique, privatisation et ultralibéralisme à outrance). Surtout, pendant cette decennie, la Fédération a failli littéralement éclater, travaillée qu'elle était par ses forces centrifuges. De ce point de vue, le maintien de l'autorité Russe en Tchétchénie est justifiée par la raison d'Etat. Un échec en Tchétchénie et c'est toute la Fédération qui s'effondrerait.
D'autre part, et même si cela n'excuse pas tout, je pense qu'il faut arrêter de juger le monde selon nos valeurs occidentales. Il faut parler de tout, avec tout le monde, mais arrêtons de donner nos leçons de moral aux autres peuples.
Ces deux raisons expliquent la confiance que le peuple porte à Vladimir Poutine, un homme fort qui a redonné sa fierté aux Russes sur la scène internationale, qui a stopé les excès du libéralisme et de l'économie de marché en reprenant les rênes de l'Etat, qui a stopé l'accroissement des inégalités et tenté de le sécuriser, bien souvent au profit des plus faibles. Alors, même si cet homme n'est pas parfait, même s'il n'a pas toutes nos valeurs, même s'il peut être autoritaire, il a le mérite d'avoir réussi à tenir son pays. Les Russes veulent, après le choc organisationnel qu'ils ont subi ces dernières années, plus de stabilité, plus de sécurité, moins d'inégalités. Vladimir Poutine est le seul capable en Russie de leur donner, aujourd'hui. Le monde dangereux dans lequel nous vivons a besoin d'une Russie unie et forte. Vladimir Poutine est le seul capable en Russie de leur donner, aujourd'hui. Je ne sais pas si Vladimir Poutine est l'homme de l'année 2007, mais il est d'ores et déjà l'homme de la Russie de ce XXIième siècle.
***
Je ne résiste pas non plus à évoquer le classement des personnalités préférées des Français. Yannik Noah grand premier pour 2007. Du coup, il lance une tirade politique. C'est bien, mais quelle autorité a-t-il pour le faire ? Remarquez, chacun a ses opinions et le droit de les exprimer, c'est normal. Mais pas besoin d'attendre d'être l'homme préféré des Français pour cela. Au point ou nous en sommes dans les mascarades municipales, pourquoi le PS ne l'inscrit-il pas sur une liste ? Après tout, son ami Toreton y est bien, lui... La gauche caviar n'est malheureusement pas encore morte. Il faut ajouter, pour leur défense, un argument qui n'est pas négligeable. Quand les politiques ne font pas leur travail, il faut bien que d'autres s'en charge. Où sont les DSK, les Royal, les Fabius, les Jospin, les Hollande, les Delanoe, les Valls, les Peillon, les Aubry et tous les députés ? Où sont-ils quand on en a besoin dans les rues, dans les associations, dans les simples réunions de militants ? Réponse : ils planifient les cinq années à venir pour leur compte personnel. Dans ces conditions, heureusement que les gens ayant assez de notoriété pour que leur parole porte sont présents pour dire ce que nos élus n'ont pas le courage de dire. Pour info, Mimi matti est troisième et nos hommes et femmes politiques très loin derrière. Comment font ils pour être dans le classement avec tout ce qu'ils nous prennent pour des boeufs ? Je ne comprends pas. Moi, je ne pense pas que les Français soient des boeufs et je leur fais volontier confiance pour savoir l'exprimer dans les prochaines semaines et années.
***
Enfin, je ne résiste pas à vous faire part du fou rire qu'a provoqué chez moi le débat nationalo-réunionais qui agite le microcosme miss Francesque ! (et non Francisque...) Honnêtement, cette Miss Réunion, et même si tout le monde se fout éperduement de qui peut bien être Miss France, c'était quand même la mieux foutue, celle qui avait le plus d'aisance à l'oral et celle qui avait les réponses les moins stéréotypées ("Je veux promouvoir la paix dans le monde", "je veux défendre les enfants dans le besoin")... Alors qu'elle ait posé avec un doigt dans la bouche, qu'elle ait fait des photos nues, bref, qu'elle ait voulu gagner sa vie avec son physique avantageux, qui ne l'aurait pas fait ? Soit dit en passant, avec tous les portables, les appareils numériques, les blogs et site internet, il sera bientôt très difficile pour quelqu'un de n'avoir pas au moins une photo saoul, une photo un peu explicite, une photo inconvenante, il n'y aura bientôt plus personne pour être candidat, ni à Miss France, ni à la présidentielle, ni ailleurs... Tout ca pour dire qu'on la laisse un peu tranquille cette Miss. Les temps changent et c'est une femme de son temps. Peut-on lui reprocher d'être Miss France 2008, en 2008 ?
Vous me direz que dans le classement des "gens qui résistent à l'envie de vous dire", je ne me placerais certainement pas dans les premières places. Je vous répondrai : "Chut ! N'allez pas donner des idées à ces classomaniaques !!"
Bonne journée à vous !
Thomas.
15:15 Publié dans Autour du pot, Europe et pays européens, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Vladimir Poutine, Russie, Yannik Noah, Philippe Toreton, Ségolène Royal, Bertrand Delanoe, DSK


