06 juin 2009
Pourquoi je soutiendrai Europe-Ecologie ce 7 juin
Chèr-e-s ami-e-s,
il n'est pas dans mon habitude de dire aux gens ce qu'ils doivent faire ou penser. Chacun est différent et tant mieux ! Je ne dérogerai pas à la règle. J'ai cependant eu envie de vous faire part des raisons de mon vote, dimanche, pour la liste Europe-Ecologie. Un peu pour vous et vos réflexions, peu importe votre choix, un peu pour moi-même, afin de poser sur le papier (ou sur l'écran) l'état de ma réflexion.
Prenez donc ce qui vous plait, laissez ce qui ne vous plait pas et faites-en ce dont vous avez envie :-)
Il y a tellement de raisons qui me poussent à voter Europe-Ecologie. Je ne sais même pas par où commencer ! Peut-être vais-je dissocier le fond de la forme, entre ce qui relève d'une réflexion sur les valeurs et les idées pures et ce qui relève de l'approche partisane et stratégique de la gauche telle que je la sens.
Sur le fond, plusieurs choses m'interpellent.
Je dois dire que je suis assez embêté par le programme socialiste. Pour moi, le Parti socialiste n'a aucune idée de l'endroit où il va. Il tatonne. Il tergiverse. Parfois il essaye mais recule aussitôt. Qui a sincèrement envie de suivre un cheval qui renacle ?
Bien entendu qu'il a des idées ! Heureusement j'allais dire, quand on est encore le premier parti de l'opposition en nombre de députés, c'est le minimum... Néanmoins, une chose me gène terriblement. En effet, dès qu'on parle du programme, on nous placarde "MANIFESTO" comme un leitmotiv ou plutôt comme un mur qui fait office de bouclier et derrière lequel on se planque bien sagement. Mais qui connait le détail de toutes ces propositions ? A part quelques militants avertis dont je ne doute pas du sérieux, pas grand monde. Elles sont certainement très très bien... Vous pensez bien : Fait par 27 partis socialistes des 27 pays ! Vous imaginez le nombre de cerveaux beaucoup plus intelligents que nous qui ont rédigé ça ?! Rien qu'à y penser on en a le vertige ! (en même temps, de socialistes, il n'y en a quasiement plus au pouvoir en Europe. Les derniers, Gordon Brown est sur le point d'être éjecté sans ménagement, Zapatero est plus proche de la sortie que de l'entrée... C'est peut être pas très gentil mais la remarque que je me fais instinctivement c'est : est-ce que si 27 losers écrivent un programme, celui ci permettra de gagner ? Réponse logique demain 7 juin) Mais revenons à nos moutons, ce Manifesto me fait un peu penser au Pacte Présidentiel de 2007. Ces programmes catalogues avec des dizaines voire des centaines de mesures que personne ne lit jamais. On sait qu'elles existent et cela nous rassure bien. C'est un peu comme ces bouquins qu'on achète parce qu'on sait qu'"il y a tout dedans" pour réviser un concours, mais qu'on ouvrira jamais. On l'a sur la table de nuit, on le garde près de nous, on le feuillette sans s'attarder, on survole vaguement le sommaire. Jamais on ne le lit. Et bien les programmes socialistes et ce manifesto en particulier, pour moi, c'est un peu la même chose.
Cette critique préalable mise à part, il faut quand même le lire ce programme. Moi qui l'ai décortiqué, j'en tire trois conclusions.
La première c'est qu'on y trouve une succession de mesures qui, prises indépendamment, sont pleines de bon sens mais qui, si on les prend comme un tout, manquent totalement de cohérence et de perspective. Les socialistes manquent de toute évidence de ce dont le monde a besoin aujourd'hui, une projection dans l'avenir, une vision des choses plus large et à long terme. Certains le disaient, il existe aujourd'hui un véritable "rêve européen". Où est-il ce rêve dans le discours socialiste ? Où est-elle cette Europe nouvelle qu'il faut construire ? Je ne sais pas. Je ne la sens pas à la lecture du programme. S'il y a une chose à faire pour la gauche dans les prochaines années, c'est justement de travailler à cette question.
La seconde réflexion, c'est au sujet de propositions alambiquées. Je prends l'exemple de la Turquie. (sisi, qu'on le veuille ou non cette question fait partie du débat. Parce que quand on a fini d'enlever les "c'est pas dans le débat", "c'est pas de la compétence de l'Europe", "la question se pose pas maintenant" on ne parle plus de rien !) Je le prends à dessein parce qu'il est simple et clair. Le manifesto nous dit grosso modo qu'on est ni pour ni contre l'entrée de la Turquie et qu'on attend que la commission qui s'occupe des candidatures décide dans dix, quinze, vingt ans (enfin tellement longtemps que la question ne se posera plus quoi !), pour donner notre réponse. Vous voulez que je vous dise ? Ca donne pas le sentiment de gens qui savent où ils vont. Parce que la question de la Turquie, ce n'est pas de savoir si elle remplit toutes les conditions pour entrer ou non dans l'Union. La vraie question est : pour les socialistes, a-t-elle vocation à entrer un jour dans l'Europe ? Et pas besoin d'attendre l'avis de dix commissions et 36 experts pour avoir un avis sur la question ! Et une fois qu'on a l'avis, le dire clairement. Un peu de courage que diable ! Cette remarque est valable pour de nombreuses autres propositions du manifesto. Là aussi, il va falloir trancher.
Dernière remarque sur le programme socialiste, et non des moindres. Son slogan : "Changer l'Europe, maintenant !", cette reprise européenne de "Changer la vie, ici et maintenant" chanson du PS pour les élections municipales de 1977. Là je me dis que le PS n'a décidement pas avancé. Au contraire, je le sens reculer trente ans en arrière. Changer la vie est un slogan qui a fait beaucoup de mal à la gauche. On laisse croire aux gens que ces élections sont "cruciales, décisives"... Même l'européen convaincu que je suis, qui a quand même déjà fait plus d'une campagne et qui connait pas trop mal la question européenne, se dit qu'un slogan pareil est calamiteux. Contre-productif. Non seulement l'Europe ne changera pas "maintenant", du jour au lendemain (peu importe qui gagne), mais en plus le Parlement, peu importe la majorité et même avec le traité de Lisbonne en vigueur, n'a tout simplement pas les compétences pour changer ce que les socialistes veullent changer ! Un slogan pareil c'est juste se foutre de la geule du monde. La gauche doit dire la vérité aux gens et le rêve doit venir de la vision que l'on dessine, pas de faux espoirs !
Concernant le programme Europe-Ecologie, ça va être simple et rapide. Non seulement ces deux causes (Europe et Ecologie) constituent, avec le combat pour démocratiser la Démocratie, les trois thèmes transversaux qui doivent permettrent de reconstruire idéologiquement la gauche, mais ils sont compatibles entre eux et viables !
Le social, qu'on le veuille ou non, et même après le traité de Lisbonne, n'en déplaise aux socialistes, ne fait partie ni des compétences exclusives ni des compétences partagées de l'Union. Le social est de la compétence unique des Etats ! L'Europe sociale ne se construira donc pas sans traité, signé à l'unanimité des Etats membres et non au Parlement européen ! Le seul sujet, qui fait partie du "social" et sur lequel l'Europe peut agir c'est l'emploi. Ca existe déjà, mais ça n'est pas utilisé, la faute à qui ? Je répondrais Commission et Conseil des Ministres... Enfin, à ceux qui parlent d'Europe sociale, j'avoue ne pas être trop pressé. Pourquoi ? Et bien, voyageant pas mal en Europe et parlant en plus de voyager (lol) je me suis bien vite rendu compte à la fois de l'avance mais aussi de l'isolement de la France dans ce domaine ! En Angleterre par exemple, on achète les médicament chez Aldi, sans ordonnance ! En Italie, les mutuelles ont la part belle pour régler les 140 euros de consultation chez un spécialiste... Pas sûr que l'Europe sociale soit à l'image de la République sociale française. Alors bien sûr qu'il faut se battre pour un alignement par le haut, mais c'est pas au Parlement que tout ça se jouera... Je suis pessimiste ? Lucide peut-être...
L'environnement est quant à lui parfaitement adaptable au niveau européen (qui est certainement le niveau à privilégier pour ce genre de question, le niveau continental). On le voit déjà avec tout ce qui concerne la politique de la mer, compétence exclusive de l'Union. Il faut encore développer les politiques de l'énergie et des transports notamment. La réforme de la PAC qui va se faire durant la législature qui débute demain est une question où les députés écologistes devront peser de toutes leurs forces, notamment pour transformer un productivisme forcené en agriculture durable pour l'Europe et équitable par rapport au Sud. Et là, oui, le Parlement européen a un vrai rôle à jouer. On a pas à attendre que les Etats se mettent d'accord sur un traité pour agir dans ce domaine.
Alors on va me dire que les socialistes parlent aussi d'écologie. C'est vrai... Je leur laisse ça. Une question cependant : quand Nicolas Sarkozy parle de social, vous le croyez sur parole ? C'est drôle hein... J'ai la faiblesse de penser que l'écologie est pour les socialistes une question comme les autres. Ségolène est une des seules à en parler sincèrement et à la mettre en avant en permanence. Pour les autres, c'est souvent en troisième, quatrième, cinquième position. (dans les programmes nationaux, l'écologie apparait systématiquement à la fin des programmes, à peu près comme la question européenne d'ailleurs, alors que ce devrait être l'inverse !) J'ai donc la faiblesse de penser que si cette question essentielle est laissée entièrement aux mains du PS, elle finira tôt ou tard par passer par pertes et profits. Cette question est urgente, les solutions devront être prises rapidement !! Elle est avec la construction européenne et le combat pour la démocratie une des trois questions fondamentales. On ne peut pas se permettre de la laisser se diluer. Question d'efficacité.
Ceci dit Europe-Ecologie n'oublie ni le social, ni l'économique et son programme dépasse de loin l'écologie. Mais toute la fraicheur de celui-ci vient de la vision neuve qu'il nous donne des problèmes et des solutions auxquelles l'Europe est confrontée et doit répondre.
Sur la forme, les raisons de ce choix sont nombreuses également.
C'est à croire que ces derniers mois, le PS et les Ecologistes ont inversé les rôles. On connaissait les écolo turbulents, on les découvre d'une maturité pétillante. On connaissait les socialistes rationnels et de bon sens. Mais que c'est il passé mon dieu ?!
Je reprends.
Concernant les congrès. Les socialistes ont fait un Congrès calamiteux. Il devait être celui de la rénovation, il a été celui du retour en arrière. Ca fait penser à une voiture qui cale. Vous savez ? Quand on sent qu'elle va partir, on est impatient mais on lache trop rapidement l'embrayage et ... PATATRA, tout part en sucette ! Les idées nouvelles que portaient Ségolène et ses ami-e-s n'ont pesé que 30%. C'était très bien, mais pas assez. Le PS a choisi de ne pas trancher et de rester dans le flou idéologique. Et je ne parle même pas de l'élection de la première secrétaire dont on ne sait toujours pas qui a rassemblé le plus de suffrages ?! Le problème de légitimité est toujours là. Qu'on le veuille ou non. C'était prévisible malgré le dénie perpétuel. Et les sympathisants me le rappellent constamment ! Que leur répondre puisque je pense la même chose ? Donc, si je résume, à Reims : on a pas tranché, on a pas construit de vision, on a pas choisi de leader. Et on veut me faire croire que ce serait voter pour ces gus que de voter "utile" et ... "efficace" ? J'ai la naïveté suprême de croire que non... lol
De l'autre côté, agréable surprise. Le Congrès des Verts a été rassembleur autour d'une large majorité réformiste (76%) et une minorité. (Parenthèse : au PS, le moins qu'on puisse dire est qu'on ne sait pas dans quelle situation on est. Un majorité, une minorité ? Une "manorité" peut-être ? On pensait des choses différentes il me semble en novembre ? Enfin moi j'en étais et j'en suis toujours convaincu. Et deux mois après on penserait la même chose ? Il faudra qu'on m'explique parce que je dois être vraiment bête lol). Bref, ils ont eu l'intelligence politique d'ouvrir leurs listes à des Européens, Daniel Cohn Bendit bien entendu mais aussi Eva Joly la franco-norvégienne... A quand des têtes de listes de nationalité étrangère sur les listes PS pour des élections européennes ? Ils les ont aussi ouvertes à des associatifs comme le président de GREENPEACE France Yannik Jadot dans le grand ouest ou Sandrine Belier de France Nature Environnement dans l'Est. Mais en plus de cela, ils ont réussi à construire la fameuse "coalition arc en ciel" dont certains parlent au PS. Les Verts, des associatifs, des européens... mais aussi des altermondialistes comme José Bové. Il l'ont faite cette ouverture que j'attendais du PS ! L'ouverture à la société civile, tendre la main à la gauche et à la droite du PS, est une idée que seule Ségolène défend aujourd'hui et je l'ai rejointe en grande partie pour cela !
Concernant la campagne, les socialistes ont "joué" (c'est le mot) en trois temps : 1. "Il faut virer sarkozy et Barosso" (sauf que les socialistes anglais, espagnols et portugais, les seuls au pouvoir en Europe aujourd'hui, ont tous annoncé qu'ils soutiendraient le président de la commission actuelle) 2. "Votez Utile ou efficace" (sauf que dans une élection à un tour et à la proportionnelle, le seul vote utile, c'est le vote de conviction !) 3. "Regardez on est uni !" (on essaye lol)... Et l'Europe ? Merde quoi ! Et l'Europe ?!! On est dans une campagne européenne ou pas ? Pourquoi n'ont-ils pas parlé de leur "manifesto" s'il est si génial ? Ou alors ce sont les candidats qui n'y arrivent pas... Et là c'est un autre problème.
Les candidats justement, parlons-en. Ils ont été choisi en fonction des motions. Vous parlez d'une ouverture ! Certains comme Gilles Savary, député dont le travail est reconnu, inéligible. D'autres comme Peillon envoyé en Terra Incognita. (Il faut dire que le scrutin par circonscription est un non-sens pour une élection européenne). Bref, une bonne petite ratatouille dont le PS a le secret quoi... Chez Europe Ecologie, comme je le disais plus haut, on a choisi les têtes de listes en fonction de leurs compétences et de leurs convictions. Connus certes, et alors ? Qui peut douter des compétences et des convictions européennes et écologistes d'un Daniel Cohn Bendit ? Qui peut douter de la crédibilité et de la compétence d'une Eva Joly qui a fait de sa vie un combat contre la corruption ? Qui peut douter de la force de conviction d'un José Bové qui a été en prison pour ses idées ?! Ils n'ont pas fait droit/science-po/ENA, ils ne portent pas de costume-cravate sans faux-plis, ils ne parlent pas de façon polissés, ce sont de vrais personnalités humaines en plus d'être politiques. La politique ils en font parce qu'ils y croient mais ils pourraient très bien faire autre chose... (Et ça contraste avec les listes des deux principaux partis en lice... Malheureusement). Ils n'ont pas de salaire ou de légitimité à gagner, ils ont déjà tout !
C'était pour tout ça que j'ai toujours roulé en politique, c'est pour cette conception que je bosse là où je suis actuellement !
Merde, c'est ce que j'aime en politique ! Pas forcément qu'on me dise ce que je veux entendre, mais voir quelqu'un qui dit sa vérité même si ça plait pas à tout le monde. Marre de tergiverser, marre des consensus mou, marre de cette odeur de renfermé et d'enlisement du PS. Je dis là la même chose qu'avant le Congrès de Reims parce que la situation est exatement pareille, rien n'a changé ! Alors on enfourche la bête et on y va !
Voilà tout le monde (vous lol), à relire ce que j'ai écrit plus haut, je vais finir par croire que ce dont le PS parle depuis tellement longtemps, Europe-Ecologie l'a fait ! C'est un rassemblement joyeux et ouvert je trouve. C'est un rassemblement crédible par les personnalités qui le représentent. C'est un rassemblement de conviction par les thèmes qu'il aborde pour une élection européenne. Il y a quelque chose de frais et d'enthousiasmant dans cette liste, dans cette campagne, dans l'air et mon petit doigt me dit que le paysage politique ne sera plus le même après le 7 juin :-)
Je vous avoue que je suis lessivé d'avoir écrit tout ça quasiement d'un trait. Mais finalement ça met en perspective la cohérence qui est la mienne :-)
A vous lire ! Et bon week end !
Thomas !!
19:48 Publié dans Commentaires, Idées, Valeurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28 février 2009
Avance
Bonjour à toutes et à tous,
Je reprends le clavier aujourd'hui comme vous pouvez le lire... Je le reprends pour dire quelque chose. "C'est évident que s'il parle c'est pour dire quelque chose !" pensez vous ? Et bien pas tout à fait.
Tellement parlent pour ne rien dire, ça en devient fatiguant et, moi-même, je déteste perdre mon temps à lire ce genre d'articles, de blogs et d'écouter ce genre de médias. Particulièrement ceux dont on sait d'avance la thèse qu'ils vont développer avant même d'en avoir lu le titre ! C'est une perte de temps. Je me souviens, lorsque j'étais au Parti Communiste, j'ai été inscrit d'office à l'Huma... Je le reçevais tous les jours, pendant de longs mois. Je ne l'ai pour ainsi dire jamais lu. Biensûr, parfois il faut jeter un oeil aux titres pour voir, pour savoir... Mais dans le fond, on sait déjà quelle posture va être prise avant même de lire et ça enlève tout son intérêt. J'aime, quand je lis quelque chose, être supris. J'aime qu'on me surprenne. J'aime qu'on me fasse réfléchir, qu'on me contredise, j'aime être heurté, pire, j'aime être choqué. Et c'est cette capacité à me surprendre - je suis certain que je ne suis pas très différent de beaucoup de monde sur ce point - qui me donne envie !
"Je ne te félicite pas parce que ton blog n'est pas mis à jour!" m'a-t-on dit hier. Et oui et je l'assume. Parler tout le temps sans voir où l'on va. La tête sur le guidon, tout le temps dans la réaction. Ca ne mène pas à grand chose. Et puis, tellement le font déjà. Hurler avec les loups n'est pas trop mon truc. Quand tout le monde regarde dans une direction ou va dans le même sens, ma première réaction n'est pas de suivre le mouvement mais plutôt de faire un pas en arrière pour contempler la scène le plus largement mais aussi pour regarder à la fois plus loin et comparer avec d'autres directions possibles... Non, je ne mets pas ce blog régulièrement à jour parce que ce n'est pas sa fonction, ni son but. Il m'importe personnellement - et j'espère aux autres - de refléchir sur les choses et il est impossible de faire cela sans s'arrêter un moment. S'arrêter pour penser. S'arrêter pour critiquer. S'arrêter pour voir où l'on est, tout simplement. Mieux vaut écrire un bon article tout les six mois qu'un mauvais tout les jours. Vous n'croyez pas ?
Alors qu'ai-je bien donc à dire aujourd'hui, puisque j'écris ?? Et bien tout d'abord que la tempête des six derniers mois est passée. Et elle a été terrible. Pas pour moi personnellement, loin de là. Mais pour le pays. L'incapacité de l'opposition à se rénover est flagrante. Sans vouloir revenir sur les débats du Congrès, je pense aujourd'hui avec le recule qu'il y a bien deux Partis Socialistes.
Le premier est conservateur (et non pas un vieux parti même si le vieux parti est souvent conservateur, tout les conservateurs ne sont pas forcément vieux !). Ce n'est pas tant les personnes qui le composent qui le rendent ainsi, mais plutôt les méthodes, les modes de pensée et les comportements internes. C'est la langue de bois permanente ou plutôt une pudeur de parole et de pensée. Quand on voit que tout le Congrès a tourné sur la question du Modem, en condamnant en boucle l'alliance que Royal proposait, et que ces mêmes personnes ont soutenu une bonne femme qui a fait cette alliance dans sa ville (malgré toutes ses excuses, c'est quand même le cas), je trouve ça pour le moins hypocrite. J'aime quand on dit les choses. Aussi, le PS était déjà social-démocrate depuis 83, qu'on arrête de nous bassiner avec la social-démocratie alors que toute l'Europe et le monde est déjà passé à autre chose ! Mais non, il ne faut pas le dire. Dans le fond, je me demande si ce parti veux le changement pour les Français ou bien s'il veut s'assurer de conserver ses positions locales. Et contrairement à ce que beaucoup de militants locaux fidèles au PS pensent - à tort je crois - les intérêts de ce parti localement ne sont pas forcément ceux des Français. Je ne reviens pas non plus sur le racomodage baroque, sans queue ni tête, que constitue la "majorité" dont on ne saura jamais vraiment si elle est une majorité ou une addition de minorités. Martine Aubry n'étant qu'une espèce de sparadras qui essaye de donner un peu de cohérence à ce qui n'en a pas. Le but du Congrès était d'entrer dans la modernité. Faire le ménage idéologique. Une nouvelle organisation. Bref, la rénovation du Parti Socialiste ! Nous n'avons rien eu. En faisant cette alliance, ils ont rendu le Parti plus illisible que jamais. Quel point commun entre un Delanoe qui se disait libéral au début de la campagne et un Hamon qui me rappelle bien le vieux PC d'où je suis parti ? Il n'y a probablement que Martine Aubry. Il fallait trancher pour avancer, peu importe la direction. Mais ils (les éléphants) ont pensé que Ségolène Royal était pire (pour eux personnellement) que d'être immobile (pour la France collectivement). Ce parti a, me semble-t-il, perdu le sens de l'intérêt général.
Le second parti est profondément progressiste. Et vous remarquez bien qu'il ne rassemble pas seulement des jeunes (même s'ils sont très nombreux). Il y a aussi des anciens qui, à mon avis, ont dû longtemps penser qu'en faisant le jeu de l'appareil socialiste, ils arriveraient le changer. Et ils ont trouver Ségolène Royal. Celle que l'on accable de tout les mots, de tout les maux. Je ne dis pas qu'elle a raison partout. Mais elle a ce caractère et cette volonté. Elle a ce "truc" qui fait les grands hommes (les grandes femmes ?). Ce culot qui peut faire bouger les choses réellement. Elle a la cohérence du programme, de l'équipe et du discours. Elle a ce franc-parler qui ne fait qu'un peu plus ressortir la langue de bois des autres. Ce mouvement qu'elle crée par elle-même, c'est le mouvement d'un leader. La démocratie participative tranche avec le gouvernement des apparatchiks et opaque du parti. C'est elle la première qui a parler d'écologie sincèrement au parti. Et c'est aussi la seule qui parle des Français, qui propose, on l'oublie souvent. Tout les autres, dans leurs stratégies d'appareil, ne parlent qu'aux militants. Comme le parti aurait été différent si la machine à truquer n'avaient pas été aussi bien rodée. Parce que je considère qu'on a bien gagner ce novembre, et ils le savent de l'autre côté. Ils savent que la modernité politique émergera bientôt. Et on les sent fébrile. L'avenir est à ce parti socialiste progressiste ou ne sera pas pour le PS. Ca c'est mon analyse mais c'est aussi ma conviction. A vrai dire, je me sens plus sûr de moi, plus déterminé et plus solide qu'avant le Congrès. Et je ressens ça de pas mal de gens autour de moi. Je me dis que c'est plutôt bon signe :-) En définitive, et pour revenir à nos moutons, je pense qu'elle est là la vraie différence entre le parti socialiste conservateur et le parti socialiste progressiste, c'est la notion d'intérêt général et supérieur de la France et des Français. Parce que le changement pour son pays, c'est quand même le but de la politique. Et quel changement peut-on apporter au pays alors qu'on est même pas capable de changer soi-même ? Ce parti doit se moderniser, muer, retrouver le sens de l'intérêt général. Et en cela nous somme plus en phase avec l'idée de socialisme que le PS conservateur.
"Mais finalement, s'il n'y avait qu'une raison, pourquoi soutiens-tu Ségolène ?" m'a-t-on demandé il y a quelques jours. On m'a souvent posé cette question et je suis souvent soit dénué de réponse, soit submergé par le trop plein - ce qui revient au même. J'ai trouvé la réponse en lisant son livre, Femme Debout, qui est sorti aujourd'hui. Sur le moment, j'ai répondu la première chose qui me passait par la tête, "elle me fait rire". Après réflexion, je crois toujours que c'est bien résumé. Mais pas forcément dans le sens premier. Disons qu'elle a ce truc, comme je l'appelle, qui me parle. Elle me rend fort. Je suis admiratif de son courage, celui que je n'ai pas forcément toujours. Sérieux, tout ce qu'elle se prend dans la geule et elle est toujours là !! Ca mérite d'être signalé et souligné quand même ! Même s'il y a aussi sa simplicité, son franc parler, son sens du travail qu'on a pas l'habitude de citer... C'est une vraie bosseuses ! Quels progrès dans tous les domaines depuis 2006 !! Elle n'est pas comme les autres politiques. Elle a ce truc qui raisonne en moi. Et ça me rend fort et ça me rassure et ça m'honore aussi de bosser pour ce genre de personne. Elle m'honore par ce qu'elle fait. En même temps, ça me fait toujours rire quand on me prend pour un illuminé ou un "fan". Ceux qui m'entendent lors des réunions savent que je suis peut-être quelqu'un de loyal mais aussi, et ça peut être un défaut, quelqu'un qui aime la cohérence et le travail. Qui dit ce qui ne va pas, qui sait mettre le doigt là où ça fait mal. Et croyez moi ou pas, je ne suis pas un "supporter", comme le disent avec mépris ses détracteurs. C'est d'ailleurs paradoxalement l'esprit de Désirs d'avenir de ne pas être supporter mais acteur à part entière ! Puisque Désirs d'avenir, c'est le débat et c'est un lieu où chacun peut dire ce qu'il pense, même les choses les plus subversives, sans être jugé ou condamné par un quelconque inquisiteur idéologique ou bien pensant. Et croyez moi, à Désirs d'avenir, on a de tout ! C'est ça finalement la modernité de Ségolène Royal et de ceux qui la soutiennent, celle de mettre en cohérence des gens de tous horizons et aux idées au large éventail cimentés grâce à une fidélité et une loyauté sans faille car on sait que cette liberté qu'on a acquis dépend de la force de Ségolène. Allié diversité et unité. C'est d'autant plus innovant que c'est précisément le problème français d'aujourd'hui : comment allier diversité culturelle et unité nationale ? Mais pourquoi me fait-elle rire, au final ? Et bien tout simplement, cette force qu'elle me transmet, cette liberté qu'elle nous permet d'avoir, cela me rend heureux parce que c'est ce que je veux aujourd'hui transmettre à ceux qui m'entourent. C'est un vrai objectif, très noble, pour un engagement que de vouloir transmettre une force et une liberté à toute une société. C'est la raison de mon engagement derrière Ségolène. Et plus que les luttes sociales ou politiques ou la conquête de quelconques droits, c'est la raison de mon engagement aujourd'hui. Force et Liberté.
Je suis très heureux comme cela aujourd'hui et j'espère reprendre le clavier plus régulièrement ! Ca dépend aussi beaucoup de ce que vous en pensez. Est-ce que ça vaut le coup que j'écrive, parce que moi je sais ce que je pense, c'est au cas ou ça vous intéresse !! lol Come what may comme disent les Anglais ;-)
A très bientôt !!
Thomas
01:44 Publié dans Commentaires, Valeurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21 février 2009
Lettre d'Angleterre
Bonjour à toutes et à tous,
Ayé, bien arrivé merci ! Voyage plutôt calme mais long et froid. Parti à 5h du matin sous le ciel noir tapissé d'étoiles de Thionville ce n'est que 12h plus tard que j'ai pu enfin m'allonger et décompresser. 12h pour 1000km, on a fait mieux en matière de rapidité... Explications.
La libre circulation des personnes est une des grandes avancées que l'Europe actuelle a permis. Elle permet de passer les douanes sans formalité aucune. Adieu le passeport, une carte d'identité suffit : même pour l'Angleterre ! (Celle-ci n'appartient pourtant pas à l'espace Schengen) En plus, avec l'euro, plus de conversions, plus de comparaisons, vachement pratique tout ça ! On en oublierait presque qu'il y a plusieurs pays en Europe. Diversité, unité, facile, pratique... tout ça quoi... Vu comme ça, ce serait presque parfait ! Alors bien entendu, ce n'est pas faux de le dire ainsi, mais c'est mentir par omission de ne dire que ça. En effet, cette libre circulation ne profite pas à tous. Beaucoup à certains, jamais à d'autres. Car, pour voyager dans un autre pays d'Europe, il faut d'abord de l'argent. Ce que tout le monde n'a pas, surtout par les temps qui courent. Quand on voit le nombre des demandeurs d'emploi augmenter à ce rythme, les chômages techniques se multiplier ou les gels de salaires qu'on opère en ce moment, en France et comme ailleurs en Europe, on pense à autre chose qu'à "voyager librement sans entrave"... En plus, pour ma part, l'Angleterre n'a toujours pas adopté l'euro, donc je dois me taper les conversions. En ce moment, elles soient plutôt à mon avantage : 1 livre étant environs égale à 1 euro depuis décembre dernier. Ensuite, pour voyager hors de France, ça peut paraitre bête mais il faut d'abord aller jusqu'à la frontière française. Habitant près ce celle-ci, notamment celle du Luxembourg, on voit clairement les avantages que ça apporte pour l'essence (je n'ai pas de voiture), les cigarettes (je ne fume pas) et l'alcool (je bois rarement)... Mais pour les gros consommateurs de toutes ces choses nocives à la planète et à la santé, on va dire que ça se voit ! lol Dernier inconvénient, auquel on ne pense pas souvent, mais qui est bien réel : la barrière de la langue. Si au Luxembourg, en Suisse, en Belgique ou en Andorre on parle le français, c'est loin d'être le cas dans les autres pays. Or, quand on veut aller voyager en Italie, avec sa femme et ses enfants, et qu'on ne parle pas un mot d'italien, on y réfléchit à deux fois avant de sauter le pas. Ceux qui voyagent autour de moi sont soit des gens qui parlent des langues étrangères, soit des jeunes. Ils sont souvent issus de milieux sociaux favorisés, ce qui va de paire je pense. Tout ça pour vous dire que, sur le papier, la libre circulation est une chose incroyable. Mais que, dans les faits, ce sont quand même les plus favorisés qui en profitent. Et c'est là un des éléments de rejet de l'Union Européenne par les milieux populaires : tout le monde passe son temps à vanter des mérites théoriques de l'Union dont une grosse majorité ne voit jamais la concrétisation dans les faits. Quand les idées sont abstraites, les mots restent des mots. Si on a du mal à finir les fins de mois, qu'on habite pas près de la frontière et qu'on ne parle pas de langue étrangère, dur dur d'en voir la couleur au quotidien de cette libre circulation...
Et là vous vous demandez comment je fais ?? Je ne suis pas Crésus, juste un étudiant avec tout ce que cela sous entend de contraintes financières. Je ne suis pas bilingue, je baragouine dans beaucoup de langues (anglais, espagnol, italien et quelques langues mortes qui ne sont pas de grande utilité dans ce cas lol) mais je n'en parle aucune à fond. C'est vrai que j'ai l'avantage d'habiter au "Pays des trois frontières", ça aide. La Lorraine est en effet la seule région de France à posséder des frontières communes avec trois pays (Belgique, Luxembourg et Allemagne). Une des solutions, c'est le low cost. Beaucoup en parlent mais peu l'utilisent j'ai l'impression. Enfin, peu, tout est relatif puisque Ryan Air, par exemple, tourne à environs 30% du marché de l'Air européen... Pas mal pour une compagnie née dans les années 80. On a beaucoup glosé quand ces compagnies ont commencé à "prendre leur envole". Il faut dire que par comparaison avec les prix pratiqués par les grandes compagnies, il y a de quoi bondir ! Un exemple, pour un vol Paris-Manchester (la ligne que je connais le mieux), cela revient chez Air France à 720 euros l'aller, 720 euros le retour. Non négociable, pas de ristourne, pas de faveur. Avec Jet2.com, l'aller-retour à 180 euros plus ou moins. Possibilité de diviser le coût de moitié si on réserve à un mois d'avance. Autre exemple, avec Ibéria, vol Paris-Valence à 500 euros comme prix de départ. Non modulable. Avec Ryan Air, un vol Baden-Baden-Valence à 110 euros aller-retour (la ligne a été supprimée depuis l'été dernier cependant). Dans les prix que je donne, les taxes sont comprises bien entendu. C'est des prix TTC. Il faut toujours de l'argent, mais par comparaison, quand les bourses sont limitées, qu'on est étudiant ou qu'on est une famille nombreuse, ou pas (quand on est une famille aux revenus moyens, avec deux enfants, un voyage à l'étranger, par avion, à l'hotel, pendant une semaine, ça n'arrive qu'une fois maximum en 15 ans !), le low cost rend le coût des voyages beaucoup plus accessibles !
Deux critiques reviennent réglièrement sur les low cost. La première, c'est la question de la sécurité. Comme les billets seraient moins chers, les compagnies négligeraient la sécurité. Dans les faits, ces compagnies sont sous le même régime que les grandes. Elles doivent souscrire aux mêmes impératifs de sécurité que celles-ci. D'ailleurs, si on fait la liste des "problèmes" liés aux low cost, le seul aboutissant à la mort de plusieurs centaines de personnes en 10 ans est celui de la Spanair qui reliait Madrid aux Canaries l'été dernier. De mémoire, en écrivant, je n'en vois aucun autre. Et je ne pense pas que cela en fasse un moyen de transport plus dangereux que celui proposé par les grandes compagnies... Les cadences des avions sont plus rapides, c'est vrai, mais la moyenne d'âge des flottes dépasse rarement les trois ans. Ce qui limite les coûts d'entretien et qui en fait des avions, pour le prix, en bon état (à première vue) et confortables. La seconde critique qui revient souvent, c'est le traitement du personnel de bord. Les salaires ne sont pas à la hauteur des cadences. Il est vrai qu'un vol low cost, c'est un peu une réunion tupperware ou un téléshopping en live. On nous vend des boissons (3 euros les 30 cl de coca par exemple... cher, mais pas plus que dans n'importe quelle gare française), on nous vend des jeux à gratter (2 euros le grattage, pas donné mais les revenus vont soit-disant à des oeuvres caritatives... allons bon), des parfums et du maquillage (je n'en connais pas le prix, je n'en ai jamais acheté!). Tout ça parait rapide à la lecture mais dans des vols d'une heure ou deux, puisque l'essentiel des destinations low cost sont dans l'Union, c'est très court. A peine le temps de finir, faire le ménage pour le vol suivant et faire les comptes qu'il faut déjà acceuillir les passagers suivants... Je n'ai jamais vu leurs feuilles de paye mais j'en suis curieux. Les salaires n'ont rien à voir avec ceux des grandes compagnies parait-il. Je ne peux pas en dire plus... Toujours est-il que je n'ai jamais rien eu à redire à ces équipages. Souriants, aimables et ils ont souvent l'air de bien s'entendre et de rigoler entre eux. J'ai le souvenir d'une hotesse qui, lorsqu'on lui demandait une soupe au poulet et qu'elle n'en avait plus devant, se mettait à battre des bras comme une volaille pour faire signe au personnel de l'arrière de lui en apporter lol Mémorable lol
En Angleterre, de façon plus "terre à terre", il y a ce qu'on appelle le "coach". Il s'agit de bus grandes lignes qui vont de villes en villes pour quelques livres seulement. Quasiement rien au regard des kilomètres parcourus. Un peu long mais pratique pour les petites bourses. C'est comme si on allait de Luxembourg Ville à Nancy en bus pour 10 euros... Le prix d'un Manchester-Leeds par exemple. Les chauffeurs sont souvent des "pètes-sec" qui roulent de façon un peu chaotique (le dernier dans lequel je suis monté s'est quand même pris le terre-plein) et ont des accents qui déchirent tout... En France, on ne penserait même pas au bus pour aller, par exemple, de Metz à Reims ou à Strasbourg. En France, on pense au TGV ! Ca fait partie des archaïsmes de cette vieille Angleterre... Les villes sont très proches ici. Les banlieues très étalées. Et par les temps qui courent, les gens plutôt pauvres. Je pense que c'est quelque chose de spécifique au développement de l'Angleterre mais que cela ne serait pas viable en France... En effet, quand je parle d'archaïsme, il faut immédatement le mettre en relief avec celui des trains ! C'est peut être aussi une des raisons pour laquelle le coach existe. Les trains sont privés ici. Quand vous voulez voyager en train, vous devez d'abord choisir votre compagnie. Pour un Français, c'est vraiment quelque chose d'étrange. Mais ce n'est pas tout. Pour faire une bonne dizaine de kilomètres, de Bradford à Leeds par exemple, on a quand même mis près de 30 minutes dans un wagon pour le moins douteux, décrépit, pas moderne pour un sou. Le type de wagon dont on sent qu'il a bien vécu. Un peu comme le contrôleur d'ailleurs, lui aussi a bien vécu... Ah, les contrôleurs anglais ne poinssonnent pas, ils signent. Et les tiquets sont certes réduits (ce que la SNCF a mis du temps à réaliser chez nous!) mais plastifiés. Etrange je vous dis... Dernier moyen de transport, la voiture. Pas des moindres après ce que je viens de vous raconter, ça reste encore le moyen le plus rapide ici. Bien entendu, on roule à gauche, on prend les ronds-point par la gauche et on double par la droite... Ca enlève quelques réflexes quand même quand on vient du continent. Aussi bien quand on est dans la voiture que quand on circule à pied d'ailleurs. Ben oui, au lieu de regarder à gauche puis à droite, ici, il vaut mieux d'abord regarder à droite... Question élémentaire de survie lol ! Mais les routes ne sont pas moins archaïques que le coach ou les trains... Jamais les routes ne sont droites ici. Toutes des arcs de cercles. Bonjour le mal de mer ! Idem pour les autoroutes. Le plan en damier, ils ne connaissent pas. Le système de route est anarchique, labyrinthique même. Les quartiers s'étalent, tous identiques, avec leurs maisons de briques qui se ressemblent toutes, ces fenêtres caractéristiques, quelques mètres de largeur et tout en longeur... Gris ou rouge. Identiques. Les quartiers résidentiels sont des sortes d'escargots desquels on est pas sûr de sortir si on a le malheure d'y entrer. Trois quart des rues de ces quartiers sont des impasses. Le nom des rues n'est quasiement jamais indiqué ou alors le temps l'a effacé... Les routes ne sont d'ailleurs pas dans un bon état en général et la signalisation est largement incompréhensible. Pas d'indication des voies principales. Exemple simple mais parlant : lorsqu'on se trouve à Bradford, dans la banlieue nord de Leeds, on ne trouvera jamais la route pour Leeds ou son centre ville. Par contre, on trouve indiqué le petit village de Haworth, reculé à une bonne dizaine de kilomètres. Beau ptit coin de nature mais quand même pas le premier endroit où on pense à aller quand on est dans cette immense agglo ! Etrange. Une fois, on s'est même retrouvé sur l'autoroute sans même s'en rendre compte car indiquée nulle part... Enfin, loin du développement durable, celui qui roule ici doit subir une forêt de feux rouges. Même sur le périphérique ! Même dans les ronds-point ! Ce n'est pas un mais trois feux rouges pour une seule intersection ! Quand on sait que cela provoque des conduites saccadées (car on a de ces feux tout les 50 mètres au bas mot) alors que les conduites souples consomment moins de carburant et émettent moins de gaz à effet de serre... On se dit que dans le domaine des transports et de l'urbanisme, en France, on a quand même une longueur d'avance. Etrange Angleterre.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. J'ai commencé par ce thème des transports parce que c'est la chose la plus frappante quand on vient en Angleterre. Frappante au détriment de l'Angleterre surtout. Même si c'est des îles britanniques que sont venus les low cost... :-) D'ici là, n'hésitez pas à réagir, voire à me poser quelques questions !
A très bientôt !!
Thomas
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07 février 2009
Un ange passe
Bonjour à toutes et à tous,
Non, vous ne rêvez pas ! Et de deux ! Les affaires reprennent ;-) Pour le pire et le meilleur ? Une chose est sûre, c'est que personne ne m'a demandé d'arreter, donc allons... Je viens de finir de lire Femme Debout il y a quelques minutes à peine. Fin du Premier Acte donc. (Ceux qui l'ont lu comprendront) Et je voulais vous faire part de deux anecdotes qui m'ont particulièrement troublé parce qu'elles entrent en raisonnance avec ce que je vis actuellement ou que j'ai vécu ces dernières années. Bref, avec ce que je suis !
La première c'est celle de "la maison et du clou", de Jorodowsky parait-il. J'avoue n'avoir jamais lu. Il faudra que je pense à m'y mettre. Je finis le dernier Todorov ces derniers temps : La peur des barbares. Le thème de prédilection de cet historien, philosphe, antropologue a toujours tourné autour de l'Autre, l'altérité, les images des autres, leur construction... C'est un sujet qui me touche d'autant plus que j'ai moi-même travaillé deux ans dessus lors de mon Master... J'étais censé faire un master d'histoire et patrimoine, ça s'est terminé en master d'antropologie historique... Réfléchir c'est nous faire sortir des sentiers battus, surtout quand on est curieux ! J'aime sortir volontairement du chemin ! L'Autre, sa différence, ses points communs, les relations entre nous et ces autres, intégration/exclusion, changement des rôles, comprendre sans a priori... mais 200 ans après J.-C., au Haut-Empire Romain ! Ne rigolez pas, je peux vous dire qu'après le monde de la guerre froide, et au moment des chocs des civilisations, on a beaucoup à apprendre du monde Romain. Beaucoup plus qu'on ne le pense au premier abord. Confronté au même genre de problèmes, il nous fournit quelques clefs non négligeables. C'est assez drôle d'ailleurs cette analogie à presque 2000 ans d'écarts... Bref, je trouverai le temps de me concentrer sur ça plus tard...
La maison et le clou, c'est l'histoire d'un homme qui vend sa maison pour presque rien à une condition, celle d'en conserver un clou. La vente est facile. Mais, quelques semaines plus tard, l'ancien propriétaire revient planter le clou dans la porte. L'acheteur ne dit rien, ça faisait partie du contrat. Quelques semaines plus tard, il vient accrocher le menteau de son père. Aucune réaction de l'acheteur. Puis, régulièrement, le vendeur vient accorcher un chapeau, des sachets, puis il vient accrocher des caracasses de moutons (ne me demandez pas pourquoi maintenant, c'est l'histoire qui veut ça !) et ça continue jusqu'à ce que ce soit tellement insupportable à l'acheteur qui, pourtant, avait toute la maison, qu'il finit par tout laisser et partir. Moralité ? Ne jamais rien se laisser imposer, si petite soit cette chose, sinon on finit par tout perdre. Directement ou indirectement, on finit par laisser l'essentiel parce que notre attention était focalisée sur des détails. Ne laissons pas les détails nous détourner de nos objectifs. C'est une vraie leçon de vie et pas seulement pour la politique.
La seconde phrase est simple mais frappante : "Quand le train passe, monte dedans !" Percutant n'est-ce pas ? Surtout pour moi, personnellement. Il faut dire que j'ai laissé tellement de trains passer ces dernières années. Pas par peur ou par incapacité, non, par choix. Le sentiment que je devais rouler mon rocher au sommet de la colline. Sisyphe. Quand le train allait là où je savais devoir aller, j'arrivais à l'heure sur le quai, avec mes valises prêtes, même avec de l'avance lol Et j'attendais qu'il parte. Je choisissais de faire le chemin à pied. C'était mon fardeau. Je choisissais la difficulté. Comme si j'avais quelque chose à me faire pardonner par moi-même... En décembre, je suis remonté dans un train pour la première fois depuis bien longtemps, plusieurs années à vrai dire ! (en fait... pour être plus exact, c'était plutôt un avion...) Ca n'a strictement rien avoir avec la politique, ou l'argent, ou la carrière, mais bon sang, qu'est ce que ça m'a fait du bien ! Du coup, je suis tenté de monter dans d'autres trains, ou avions, ou même des bus ! Je vous l'ai dit je suis curieux. Je me prends à m'impatienter du prochain vol, à regarder les prochains départs sur les dépliants, à m'informer sur les tarifs aux différents guichets... Quand le train passera, je serai non seulement prêt, comme d'habitude. Mais, cette fois, j'aurai aussi cette volonté de monter qui m'a souvent fait défaut. Alors biensûr, il y a toujours des risques à embarquer, Grand Corps Malade nous le répète assez... Mais qu'est ce que la marche est lassante à la longue ! Vous ne trouvez pas ? Remarque : la question se pose également pour ceux qui ont le permis !! Autre leçon de vie.
Amis du soir, je pense que le prochain article sera écrit du Yorkshire, England. Je vais essayer de vous écrire quelques Lettres de l'étranger (en anglais ??). On a tellement à apprendre de l'Autre, en bien ou en mal, tout dépend. J'ai beaucoup d'envies depuis quelques mois. Ca faisait tellement longtemps que ça m'était pas arrivé ! Alors je me laisse porté par le train... euh l'avion ! Comme quelqu'un me le répète souvent, ça sert à rien d'avoir peur en avion, rien ne dépend de toi, laisse toi aller et advienne que pourra ! C'est la vie ;-)
A prendre ou à laisser !
Thomas
01:57 Publié dans Idées, Valeurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21 juin 2008
L'art excquis
Bonjour à toutes et à tous,
On avance, on va y arriver ! Vous avez bien entendu noté que je viens de créer une catégorie spéciale "Sarkozy", il ne me manquait plus que ça. Mais pour une fois ce nom n'est pas synonyme de superflux tant le nombre d'articles et de références à l'égard de ce personnage sont nombreux dans ces colonnes. On avance, je vous dis !
Sarkozy. Un ami me faisait remarquer, il y a quelque jours, la capacité que les gens ont, tous les gens sans aucune distinction ni de couleur, d'âge, de sexe, de religion ou encore d'orientation (politique biensûr !) à prononcer le nom de "Sarkozy" en une journée. Testez-vous, c'est fou quand on y pense ! Vous aussi, vous arrivez à parler de "Sarkozy" au moins une fois par jour ? Ne vous inquiétez surtout pas, vous êtes tout à fait normal. Nicolas, Nico, Nabot, Napoléon, Nicolas Ier, Sarko, Sarko-ci, Sarko-ça, t'as entendu Sarkozy ?, t'as vu Sarkozy ?... Peu importe qu'on l'aime ou le déteste, aucune sortie, aucun diner, aucune discussion avec sa famille, ses amis, ses collègues, ses voisins ne peut se faire sans passer par la case "Sarkozy". Il fait presque partie du patrimoine national. Mieux, c'est une tradition, une coutume. A quand les processions pour assurer de bonnes récoltes ? A quand le défilé de Sarkozy ? A quand la Saint Sarkozy ? Tenez, vous allez rire, je faisais une rencontre la semaine passée, avec quelqu'un que je connaissais plus ou moins mais avec lequel j'avais soigneusement évité d'aborder le sujet politique (pour une rencontre, ce n'est jamais très porteur la politique, pour peu qu'on soit de l'autre bord, ça casse tout de suite l'ambiance, d'autant plus que Sarkozy est un personnage très clivant. Moins aujourd'hui, il est vrai, tant il semble faire l'unanimité contre lui... Mais passons). Et bien j'ai appris quelque chose, tout comme Lagardère, si tu ne vas pas à Sarkozy, Sarkozy ira à toi ! Je ne voulais pas en parler, il est venu à moi tout seul, sans perche, sans même prononcer son nom. Et si on l'appelle trois fois, apparaît-il ? Je laisse les plus courageux (les plus fou ?) tenter pour moi l'expérience. Avec le Djinn Sarkozy, tout devient possible ! Mais attention, il ne se cache pas dans un diamant, rubis ou émeraude. Non, il vaut mieux chercher à brosser une rolex, un stylo plaqué ou un costume prada. Ca marche aussi avec Dior et D&G ! Les spécialistes ne seront pas dépaysés, tout se trouve toujours Place Vendôme ! Quel art excquis que celui de médire !
Sartre. Mais il y a mieux, "l'art excquis de comprendre sans comprendre" écrivait J.-P. Sartre dans Les mots. C'est fou la capacité qu'ont les Français à passer au dessus de l'essentiel. Je dis les Français, mais c'est parce que je connais beaucoup moins bien les autres. Peut-être est-ce une caractéristique commune à tous les êtres humains, voire vivants, je ne sais. Toujours est-il que je perçois chaque jour un peu plus ce sentiment de jouissance directe. Cette obscession devrais-je dire. Cette volonté de jouir "plus" que les autres, ou du moins tel qu'on s'imagine que l'autre jouis. Parce qu'au final, tout est question de représentation. Les humains se retrouvent tout à coup lancés dans une course effrénée contre un autre dont la jouissance serait telle, qu'il ne peut jamais l'atteindre. Du coup, il renchérit, se trouvant piégé dans un cercle vicieux duquel il ne peut sortir puisque sa vision est erronée et que l'autre ne jouit pas plus que n'importe qui... "Travailler plus pour jouir plus", ce solgan était en filigrane sous celui du "Président" et que le prochain se fasse élire avec un slogan du type "Jouissons maintenant" ne me parait pas improbable (lol). En tout cas, Sarkozy l'illustre bien et, en cela, représente bien les Français. Je parlais des valeurs d'aujourd'hui que je n'aimais pas avec un ami, le culte de la vitesse, le profit personnel au détriment des autres, la disparition du sens de l'honneur et de la parole... Malheureusement pour eux, tous ces gens n'ont pas compris que la jouissance instantanée, c'est comme le sucre, c'est comme l'énergie, c'est dix fois meilleur et dix fois plus fort et dix fois plus permanent quand c'est durable. Quand on résiste au mouvement, qu'on a le sentiment de pouvoir s'en affranchir à notre bon vouloir, quand on a même le sentiment de le contrôler par notre analyse en retrait. Bref, quand on maîtrise son monde en ne respectant que son propre calendrier et ses propres règles, c'est là une délectation sans fin, une jouissance permanente qui permet de profiter dix fois plus de la vie, en respectant les autres, que n'importe quel type de plaisir instantanée dont les effets disparaissent aussitôt. Beaucoup en ont conscience, bien peu peuvent prétendre le réaliser. C'est très difficile de lutter contre le courant, mais quel plaisir de pouvoir se dire qu'on en fait partie. Un art excquis vous dis-je !
Tout ceci pour vous dire que le plaisir est décuplé par l'instauration de règles. Savoir qu'on fait les règles est dix fois plus motivant que de tout pouvoir faire sans qu'il n'y en ait aucune. On ne parle pas de Sarkozy lors d'un premier rencard ! On ne touche pas les amis des amis, c'est sâcré ! Le bon sens qu'il faut remettre au goût du jour.
J'espère que vous avez compris malgré tout ;-)
A très bientôt, Thomas !
00:01 Publié dans Valeurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, nicolas sarkozy, j.-p. sartre, honneur, vitesse