07 juin 2008
La Tapitude
Bonjour à toutes et à tous,
Article décoiffant aujourd'hui ! En effet, il est un jour où chacun est obligé de se retrouver à TapetteLand... Ils appellent ça la "Gay Pride". Un des jours certainement les plus ridicules de l'année où toutes sortes de pédés arrivent en groupes de toute la région habillés en rose bonbon avec dix tonnes de gel sur la tête (ailleurs, c'est pour le soir seulement... quoi que, chez les pédés ya pas d'heures pour baiser...C'est leur sport favori). Ils appellent ça une "manifestation" et ils n'ont apparament honte de rien. Normal me direz-vous, c'est la Pride... Même si utiliser pareil mot pour pareille chose lui enlève toute sa noblesse. Est-ce à dire qu'ils sont fiers d'être des gueux aussi ? A voir.
Cette "Gay Pride" est sensée être une manifestation. Une "marche des fiertés" c'est à dire une manifestation sans but sinon celui de se retrouver entre tapettes et de crier au monde qu'ils le sont. Comme si on avait besoin d'une manifestation pour ça. Ils sont fiers d'être gay, mais juste quand ils sont plusieurs dizaines à le dire ? Etrange conception. Etrange conception aussi d'être fier de coucher avec des gens du même sexe. Non que la chose soit condamnable, ce n'est pas moi qui vait écrire cela, mais voit-on les hétéros manifester pour crier qu'ils sont fiers d'être hétéros ? Voit-on les jeunes manifester pour dire qu'ils sont fiers d'être jeune ? Voit-on les croyants manifester pour dire qu'ils sont fiers de croire ? C'est tout simplement ridicule. Quand on est humain, on a pas à manifester pour dire qu'on en est fier. On l'est, simplement, c'est tout. Quand on a pas de problème avec ça, alors ceux qui nous entourent et qui nous cotoient n'en n'ont pas non plus. La question de la sexualité devient un problème pour les autres quand c'est un problème pour la personne concernée. J'irais presque jusqu'à dire que ceux qui manifestent sont certainement les gens qui ont pour partie le plus de problèmes avec ça... Dois-je le dire ? Allez, oui, je le dis ! Ceux qui manifestent aujourd'hui sont ceux qui ont le plus de difficultés à vivre simplement leur différence.
Une manifestation vous dites ? Il faut intégrer, pour tenter d'essayer de les comprendre, que les gays ont peur de l'extérieur et voient toute personne qui les critiquent comme des homophobes. Ce comportement confine à la parainoia, pour pas dire à la xénophobie dans le premier sens du terme : la peur de l'étranger. Je me suis moi-même fait traiter d'"homophobe" parce que j'ai vivement rembarré un soit disant militant associatif distribueur de flyers... Quand on connait ma situation, ça fait rire. Et la seule chose qui lui est venu à l'esprit n'était pas de répondre sur le fond mais de m'insulter. Ils n'ont que ce mot là à la bouche vous dis-je ! Testez, vous verrez, ça marche à 90%, si ce n'est plus ! Pour revenir à ce que je disais plus haut, il existe tout de même une autre marche des fiertés. Oui, au premier mai, à Paris. La fierté d'être Français ! Tout aussi ridicule que la Gay Pride : pourquoi doit-on manifester pour dire qu'on est fier d'être Français ? On est Français, tout simplement. Le point commun entre les deux types de manifestants, c'est la peur du monde, la peur de l'autre, la peur des autres et l'enfermement sur soi dans un monde coupé des réalités. A force de ne voir que des gays, beaucoup ne sortent plus de leur bulle. D'où la méconnaissance de l'autre, d'où la peur, d'où la haine. On appelle cela le communautarisme et pas moins que le communautarisme religieux ou ethnique, le communautarisme sexuel est dangeureux pour la nation et pour la seule communauté qui vaille dans notre pays : la communauté nationale. En France, je ne vois que des Français !
Une manifestation revandicative parait-il ! Ils prétendent revandiquer des droits ? Mais au nom de qui ? Les gays seraient-ils une catégorie à part de la population qui devrait avoir des droits particuliers ? Je n'ai jamais compris la propension que les gays ont à parler au nom de tous. Comme si tous les homos pensaient la même chose ! Et bien moi je le dis, je ne cautionne pas la Gay pride, je ne cautionne pas les pseudos asociations de défenses de pseudo droits. Il y a ceux qui parlent et qui défilent de toutes les couleurs, en tutu rose bonbon avec un chapeau en forme de capote sur des chars à mousse, et il y a ceux qui font vraiment avancer les choses au quotidien, et ceux là n'ont ni gel ni musique électro branchée en permanence, même pas de montre D&G vous imaginez ?! :-o Moi je vous le dis : "NON au mariage gay ! OUI au mariage pour tous !" Le combat pour l'égalité de tous, et non d'un groupe contre d'autres, c'est un combat beaucoup plus noble, tolérant, ouvert que ce genre de masacarades auxquelles les Français sont obligés d'assister, paralysés par la peur de se faire traiter d'homophobes, dépités par l'image déplorable et faussée que cela donne, chaque année. J'ai la conviction que ce type de truc, enfin... cette chose, ce... Bref... J'ai la conviction qu'au lieu de faire avancer leur cause, elle la dessert. Nous ne sommes plus dans les années 70, le fait de vivre librement sa sexualité est acquis. Les gens l'acceptent dans les lieux les plus urbanisés. Les Marches (je n'aime pas le franglais) sont quelque chose d'urbain et ne gagnent plus rien à se produire sinon à braquer les gens contre eux pour les excès commis. Et il y en a beaucoup. Imaginez, le garçon homo vivant au fin fond de sa campagne, qu'est ce que ça lui apporte que quelques travelos défilent à 30 km ? Va-t-il vivre mieux ? Est-ce que cela va apporter ne serait-ce qu'une toute petite amélioration de sa condition ? Les gens autour de lui n'ayant pour seules images celles de la cage aux folles et de ce défilé de débauche, est-ce que cela crée des conditions meilleurs pour son épanouissement ? Est-ce que ça peut l'aider à mieux vivre, tout simplement ? Et bien moi je ne le pense pas. Est ce que ca peut le complexer ? Ca, j'en suis certain !
Tout ça pour dire que, contrairement à ce qu'on pense, une bonne partie des gays ont toutes ces pseudo manifestations en horreur. Je pense en particulier à tous ceux qui sont les plus isolés, qui vivent loin des villes et des "nids", que ces représentations desservent et complexent plus qu'elles n'aident ! Je pense que ceux qui défendent le mieux ces droits à l'égalité des citoyens, à l'universalisme, mais aussi le droit d'être homo sans être forcément mis dans une case "tutu rose et fashionitude" ne sont pas ceux qui manifestent aujourd'hui. Ceux qui défendent le mieux ces droits et aident le mieux ceux qui en ont besoin sont ceux qui bossent au quotidien, dans les institutions de notre pays, dans les syndicats et tous les jours dans la rue pour faire avancer les mentalités. Et on a pas besoin de tutu rose, de péruques et de gestes provocateurs pour faire ça ! Ce genre de manif', ça rend homophobe !
Je salue la majorité silencieuse des homos qui ne manifestent pas !
Thomas
17:10 Publié dans Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : gay pride, communautarisme
05 avril 2008
Le candidat ou la candidate
Bonjour à toutes et à tous,
Je vous prie avant toute chose de m'excuser pour ce long silence post électoral. Parfois, il vaut mieux se taire plutôt que dire des bêtises trop vite regretées. D'autres fois, il vaut mieux se mettre en retrait un moment pour pouvoir embrasser un plan plus large et donc mieux comprendre ce qui se joue, les non-dits, les sous-entendus, les coups tordus et finalement, pouvoir faire l'état des lieux des forces en présence. D'où part-on ? Dans quelle direction va-t-on ? Pourquoi ? Avec quelles forces ? Avec quelle méthode ? Avec qui pour nous guider ? Je ne pense pas me tromper de beaucoup en disant que quelqu'un de responsable a besoin de connaître la réponse à chacune de ces questions pour pouvoir aller de l'avant et progresser. Quand on ne sait plus répondre à l'une d'entre elle, on hésite, à deux, on doute, à trois, on s'arrête et on réfléchit. C'est ce que j'ai pu faire pendant ce mois. Et j'ai trouvé mes réponses.
D'où part la Gauche ? En ce début de mois d'avril, la tableau est clair, encore faut-il reconnaître plusieurs évidences. La première est que la Gauche est à la fois riche de sa diversité mais surtout forte de son unité. Partout où la Gauche était partie unie, elle a eu de grands succès. Je ne vous fait pas l'énumération des villes tombées, je pense que vous les connaissez. Il faut donc travailler à l'unité de la Gauche, en mettant en valeur et en respectant sa diversité. De l'extrême au centre gauche. Toute la Gauche mais rien que la Gauche. La deuxième réflexion qui me vient à l'esprit, c'est l'importance du travail à la fois des élus en place pendant leur mandature, ce qui leur a permis, bilan et projet portés ensemble, de conserver largement leurs cités, et des militants et candidats, sur le terrain, au porte à porte, avec les gens dans les villes conquises. Le travail, encore le travail, toujours le travail, avec énergie mais surtout avec constance. Balzac avait raison "La constance est la plus haute expression de la force". Il faut donc donner la priorité, à tous les niveaux dans tout ce que l'on fait au travail. Je dirais même plus, le travail ensemble, avec toutes les bonnes volontés ayant le même objectif, sans a priori. Il faut aujourd'hui réhabiliter le travail collectif, avec toutes les formations de la Gauche et différentes tendances à l'intérieur de ces formations, sans oublier bien sûr le travail participatif, avec les Français. Troisième remarque, les leaders qui ont gagné, étaient des leaders forts. Mais ils ne l'étaient que parce qu'ils arrivaient à faire travailler entre eux tout le monde. Le collectif renforçait le leader et portait plus loin sa parole, l'assurait sur ses arrières, c'est, à mon sens, ce qu'il a manqué pendant la campagne présidentielle. Ségolène Royal n'arrivait pas à faire travailler le PS comme la Gauche et la Gauche était, avec le PS, en incohérence avec la candidate. Les tords sont partagés à 50/50. Il faut donc faire émerger un leader ayant à la fois le tempérament mais aussi la capacité à faire travailler tout le monde ensemble, assurant le rassemblement nécessaire de la Gauche. Le dernier point, c'est la question des alliances. Ces élections ont confirmé l'inexistence d'un MoDem qui n'a toujours été qu'un loeur à mes yeux. Un coup à droite, un coup à gauche. Le MoDem s'est révélé être ce qu'il n'a jamais cessé d'être, un mirage créé de toute pièce par François Bayrou et pour François Bayrou. Un outil personnel, sans implantation locale, sans cohérence nationale et pour tout dire, une illusion plus qu'une force politique. D'ailleurs l'alliance Modem a souvent été l'alliance perdante, à Marseille, à Toulouse, à Metz, à Lyon entre autres. La Gauche de Gauche a pour sa part retrouvé une vigueur d'autant plus exceptionnelle que ces scrutins locaux sont d'habitudes très difficiles pour elle, vigueur que la plupart des dirigeants PS ont feint d'ignoré mais qu'ils ont bien remarqué. Par exemple à Quimper où la LCR a fait 15%, à Toulouse où les Alternatifs ont fait 10%, à Nancy la LCR et LO ont atteint les 10%, à Montpellier la LCR et les Verts ont pratiquement atteint les 20% ! Un cinquième du corps électoral ! A Thionville, Lutte Ouvrière a fait pratiquement 7% et c'est à la fois grâce à eux qu'un second tour fut possible et grâce à eux, appelant à battre le sortant de droite malgré l'humiliation infligée par un candidat de Gauche cachant son étiquette que ce dernier a pu l'emporter. Partout où on attendait le centre, c'est finalement la Gauche qui a permis la victoire. Je crois que ce comble mérite d'être aujourd'hui signalé et souligné ! La Gauche est bien vivante.
Dans quelle direction va-t-on ? Avec quelle méthode ? Pourquoi ? Je rajouterais même dans quel sens va-t-on, parce qu'avoir la direction c'est bien, mais qu'avoir le sens, c'est encore mieux... Plusieurs choses que j'ai déjà défendu ici me viennent à l'esprit. Tout d'abord, il faut que notre projet commun soit une vision. Nous sommes de bons gestionnaires, même s'il faut toujours le défendre. Nous avons des capacités et de l'énergie humaine, nous avons bien plus de talents que sur l'autre bord, même s'ils l'utilisent beaucoup plus contre eux que contre la droite. Des idées, ce n'est pas ce qui manque chez nous. Nous en avons beaucoup, les 100 propositions du Pacte Présidentiel et les milliers de propositions municipales en sont l'exemple le plus concret. Ce qui nous manque, au fond, aujourd'hui c'est la mise en cohérence de l'ensemble. Quel est notre projet de société global pour le pays et pour les Français ? Quel monde voulons nous pour nos enfants et nos petits enfants ? Quelles sont les grandes valeurs qui nous animent et vers lesquelles nous volons tendre, à défaut d'y arriver car nous savons tous qu'elles sont tellement grandes que nous ne pouvons les atteindre complètement ? Nous devons dessiner la société que la Gauche peut proposer aux Français en 2012. Nous devons peindre la France, l'Europe et le monde de ce siècle déjà bien entamé. Nous devons inspirer les Françaises et les Français. Ceci dit, cette vision ne doit pas être cause de rigidité comme ce fut le cas des grandes idéologies du passé. Le monde change et il serait stupide de vouloir revenir en arrière, un temps chimèrique où tout était parfait. Il serait stupide de vouloir empêcher toute évolution, on ne peut pas lutter contre le progrès, la nouveauté, le renouvellement, les modes, l'imprévisible. Il serait enfin stupide de vouloir le sanctuariser, synonyme de mort pour une nation. Pour cette raison, une fois fixés les valeurs et objectifs de cette vision, ce tableau de la société que nous voulons construire, il est important de laisser carte blanche à nos dirigeants qui arriveraient aux responsabilités concernant les moyens mis en oeuvre pour pouvoir commencer à concrétiser cette vision. Puisqu'il faut nommer une chose pour la clarifier, j'ai appelé ce concept "le pragmatisme visionnaire". Il est chargé de concilier nos valeurs et nos rêves parfois trop ambitieux pour pouvoir être réalisés d'un claquement de doigt et la politique de gestion quotidienne à laquelle sont confrontés nos dirigeants. Le temps des "ya qu'à" et le temps des "l'Etat ne peut pas tout" est révolu. Le nouveau compromis que j'ai défendu ici il y a quelque temps peut être considéré comme l'exemple le plus abouti de ces deux nécessités : faire rêver et répondre aux besoins quotidiens de chaque citoyen. Concernant les valeurs, j'ai déjà écrit beaucoup dans ces colonnes, et je continuerai à le faire durant les prochains mois : bien-être, changement, solidarité, savoir-vivre et vivre-ensemble, justice, lutte contre toutes les formes d'exclusion et d'autoexclusion pour préserver l'harmonie d'une société universaliste, réhabilitation de l'honneur... Autant de thèmes qui me tiennent à coeur et que je continuerai à défendre coûte que coûte.
Quelles forces pour porter ces valeurs ? Qui pour guider la Gauche ? Vous allez dire que je me répète. C'est vrai. Mais la répétition n'est-elle pas la clef passe-partout pour transmettre un message ? Adage bien connu des professeurs comme des conseillers en communication... Même si ces questions seront cruciales lors du combat qui s'ouvre avec ce Congrès du Parti Socialiste, début novembre, ce n'est pas la question principale et ça ne doit certainement pas le devenir ! D'ailleurs, et avant toute chose, je tiens à préciser qu'à mon sens, ce Congrès du PS n'est pas un Congrès comme les autres et qu'il convient de relativiser son importance. Il n'est qu'un préalable à un futur Congrès de la Gauche, citoyen, participatif et populaire, qui devra se tenir lors des prochaines années et qui aura pour but de la fédérer dans toute sa diversité. Je prendrai un soin particulier à examiner ce que chaque motion propose à ce sujet. Le but étant moins d'uniformiser la Gauche, rêve utopique et contre productif, que de créer une discipline globale entre ses différentes tendances, notamment au moment des élections nationales : législatives et présidentielles. Je fais de l'élection du candidat de la Gauche, et pas simplement du PS, à la présidentielle de 2012 au moyen de primaires à l'italienne une condition sine qua non de nos victoires futures. Le prochain Premier Secrétaire devra clairement se positionner sur ces deux sujets... A ce propos, on glose beaucoup depuis quelques temps sur le portrait de ce futur premier secrétaire... Doit-il être quelqu'un qui fait travailler le PS mais qui n'a aucune chance d'être présidentiable ? Doit-il être un présidentiable dès cette année ou faut il attendre le prochain congrès ? Avouez qu'une telle dichotomie est une preuve de plus de la désagrégation du parti et de son incapacité à se dépasser. Nous savons tous que celui qui deviendra Premier Secrétaire en novembre prendra une sérieuse option pour la candidature de 2012. Nous savons aussi que pour renforcer le PS et la Gauche, on a besoin d'un leader qui fasse travailler tout le monde ensemble et qui ait assez de caractère pour exister malgré tout. Pourquoi vouloir à tout prix séparer le présidentiable de celui étant capable de faire travailler le parti ? Peut-être parce que Bertand Delanoe et Ségolène Royal ne pensent pas avoir les deux qualités. Comment peuvent-ils dès lors prétendre à ce poste et à celui de Président de la République ? Deux fonctions qui font de ces deux points une nécessité... Le Parti Socialiste est-il à ce point en pénurie de talents pour ne se limiter qu'à ces deux gros ? Je ne le pense pas. Je pense par contre qu'il ne faut pas négliger les gens qui bossent mais qui restent dans l'ombre et que, de la même manière que Ségolène s'est imposée, alors que personne ne l'attendait là, entre Laurent Fabius et DSK en 2006, il faut miser sur la jeunesse et le renouvellement pour faire émerger une nouvelle figure ayant les deux qualités : travailleuse et rassembleuse à la fois. Ce n'est pas parce qu'on est pas présidentiable en 2008 qu'on ne le sera pas en 2010 ou 2012... De plus, à ce jour, je ne distingue pas vraiment ce qui sépare réellement Ségolène Royal de Bertrand Delanoe, même conception du monde, même conception des alliances, même style de vie, même rigidité qui les empêche d'avoir l'ouverture d'esprit, celle d'un François Hollande, nécessaire à l'exercice de la fonction de secrétaire... Je le dis franchement, je ne suis aujourd'hui emballé par personne. Mais vue les erreurs du passé concernant l'emballement, c'est peut-être une bonne chose que d'attendre et de faire confiance à sa raison. Celle-ci me dicte aujourd'hui de miser sur des gens modestes et sans prétention qui travaillement depuis des années, dans l'ombre, au service de la Gauche mais surtout des Français, qui assument leurs positions et ce qu'ils ont réalisé : les Martine Aubry, Julien Dray, Pierre Moscovici et Benoit Hamon, voilà l'avenir ? Il saura nous le dire...
Ca y est, c'est fini ! Ca y est, c'est reparti pour un tour ! Oui, on finit par s'en lasser... Mais allez leur dire !
A approfondir.
Thomas
13:57 Publié dans Autour du pot, Municipales 2008, Pierres pour l'avenir, Propositions, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, balzac, bertrand delanoe, congrès, parti socialiste, gauche, démocratie participative
25 février 2008
Tornade Blanche sur Metz
Bonjour à toutes et à tous !
Elle est venue, elle a vu, elle a parlé, elle est repartie. Mardi dernier, une tornade blanche a déferlé sur Metz. J'étais au coeur de celle-ci, ou pas très loin. Arrivée à la gare à 17h32, quartier nord de Metz à 17h45, meeting à 18h30, repartie 19h35... Un marathon. Mais plutôt que de m'étendre à vous conter un roman fleuve de l'escapade telle que vous avez certainement pu le lire dans la presse, j'ai préféré vous parler de ce qui m'a frappé personnellement.
La première chose : elle est belle Ségolène ! Elle fait partie de ces femmes dont on est obligé de décrire les longues jambes, la finesse des poignets et des traits du visage. Maquillage parfait. Doudoune blanche, toujours. Je sais, c'est rabajoie ! Je sais, ca ne fait rien ! Je sais, c'est ce qu'il y a dans la tête qui compte ! Je l'ai moi-même dit à une vieille dame, au centre sociale, qui sautillait à côté de moi en me tirant le manteau : "j'ai serré la mains à Ségolène !" - "C'est bien Madame !" - "Je lui ai serré la mains !" - "C'est bien Madame !!" lui répondis je une deuxième fois, avec un léger sourire en coin. Elle était euphorique pendant près de 5 minutes... On aurait dit une petite fille qui venait de voir le Père noël. Je ne savais plus quoi répondre. Quand elle me dit : "Elle ferait une belle présidente hein ?" J'ai répondu d'un ton cassant mais amusé : "Mais Madame, ce n'est pas ca qui compte ! C'est ce qu'elle a dans la tête !". La vieille dame se calma un instant avant de reprendre "Je le sais bien, mais quand même elle est belle !" .... Et elle repartit... C'est comme ça, c'est une belle femme. Tellement belle que cela en devient presque un inconvénient au milieu des politiques éléphantesques de la région. Coincée entre Michel Liebgott, Jean-Marc Todeschini et Jean Pierre Masseret, Ségolène Royal suivie pas à pas par Aurélie Filipetti et Delphine Batho dans la salle des syndicats parait bien seule. Le contraste est saisissant : trois femmes, belles et jeunes (ben oui) devant de corpulents syndicalistes aux voix tonitruantes. J'ai même aperçu certains d'entre eux rougir au moment de la remise du cadeau, en fin de discussion. Je restais silencieux mais j'avais du mal à cacher un petit sourire... Le directeur de campagne et le président de l'Université de Metz ont été jusqu'à se chamailler amicalement pour remettre à la Belle son menteau, on aurait dit deux coqs se battant pour avoir les faveurs de la... poule aux oeufs d'or ? lol Dernière chose frappante, le ballotage de Ségolène. Il n'y a rien de politique là dedans, simplement on aurait dit une poupée qu'on guide en permanence. "Ségolène par ici, Ségolène là !", "Ségolène tu montes dans celle-ci!", "Ségolène vas au soutien scolaire!", Ségolène ci, Ségolène ca... Une poupée qu'on balotte de rue en rue, de salle en salle, de réunion en réunion. Une fois en situation, tout ce petit monde s'éclipse et la laisse parler, faire son petit topo, dérouler son speech, bref : dire ce qu'elle a a dire ! Et tout le monde écoute dans un silence d'autant plus assourdissant que sa voix fluette monte difficilement et que la moindre sonnerie de téléphone portable peut parasiter une prise de son pour un micro de radio ou de télévision... Populations, candidats, politiques, militants, journalistes, syndicats, tous au même niveau : elle parle, on se tait.
J'ai eu l'occasion de discuter avec plusieurs personnes, et non des moindres, bien qu'elles ne soient pas forcément les plus en vue. Le garde du corps de Ségolène par exemple. Un grand monsieur. Il était habillé d'un menteau bleu marine à col ouvert dessinant autour de son cou une sorte de colorette renaissance sur un costume bien de notre époque. Des cheveux argentés et ondulant coiffent un visage fin, une voix bien du sud pare un sourire en coin permanent. Impassible au milieu d'une foule sans cesse en mouvement, il semble s'amuser de tout ce théâtre qui se répète chaque jour. Les décors changent, les situations, les mots, les gestes restent les mêmes. Il a un petit côté Michel Barnier, le caractère hautain en moins. Je parlais de la Fête de la Rose de Melle avec une femme de candidat (modem lol !), quand il s'approcha, regard gourmand. Il en avait des choses à dire ce monsieur qui voyait tout sans jamais se faire voir, qui était partout sans jamais dire un mot, qui écoutait tout sans jamais qu'on lui adresse la parole. Un fantôme à côté d'une femme dont l'aura éblouit les gens à tel point qu'ils n'apercoivent même pas son plus fidèle compagnon. Un ange gardien peut-être. "Désirs d'avenir ?" me demanda-t-il. Mon "oui" tout aussi intrigué qu'il était impatient fut pour lui comme un déclic. Il passa dix minutes à me raconter les bousculades, les mains baladeuses et les caméras indiscrètes qui entourent chaque déplacement de Ségolène. Les violences aussi, par des journalistes gloutons d'images sur un petit garçon de 8 ans dont la tête fut projetée contre une vitre à Vaux-en-Velin, par un passant un peu trop curieux qui tenta de filmer sous les jupes de Madame, par le couple Balkany la veille à Levallois-Perret. Ségolène, c'est une tornade. Elle est le roseau, il est le chêne. Je profitais du seul moment de répit des deux heures pour poser des questions un peu plus difficiles. Ségolène Royal était-elle dans la vie et avec son employé si stricte et cassante qu'elle paraissait dans les médias. Je sentis alors un temps de réflexion de quelques secondes, j'imagine qu'il a dû se demander s'il avait affaire à un militant passionné ou à un journaliste un peu trop curieux. Il me regarda droit dans les yeux, de trois quart, avec un sourire pincé qui en disait long sur le questionnement intérieur. Et finalement, il se lança. Il ne nia pas la dureté, ni le caractère cassant. Il répondit simplement :"Elle est très exigente, mais elle est juste" et s'empressa de nuancer "elle a énormément d'humour". Ségolène sort alors de la salle de réunion, les talons claquant sur le sol était le signale que la tornade blanche allait repartir. Le monsieur s'éclipsa et la foule se remit en mouvement. Singulier monsieur.
Ma dernière petite remarque concerne le sentiment ambivalent, en tant que membre de Désirs d'Avenir, d'être à la fois snobé par les autres socialistes et mis en avant par nos camarades. Après de multiples communications avec Paris, avec des responsables de Meurthe-et-Moselle, du Jura, de Metz et bien entendu de Moselle d'avenir Thionville, notre feuille de route était claire, les passes étaient là, tout le monde était au courant. Pour interpeler n'importe qui, on disait "Désirs d'avenir" aux députées et à Ségolène elle-même et toutes les portes s'ouvraient. Elles nous regardaient, arretaient quelques minutes et prenaient le temps de répondre. L'acceuil a été très chaleureux par les autres DA que nous ne nous connaissions pourtant pas et qui nous ont bien aidé dans notre route.
De l'autre côté, les vents et les fins de non recevoir pleuvaient. Alors que tout était ficelé, je me rendais une première fois au QG de campagne de Dominique Gros où on m'avait dit de me présenter comme membre de DA. Après nous avoir dévisagé de haut en bas, on nous demanda avec un certain mépris dans le ton, "c'est quoi DA ?". Après avoir expliquer qu'on devait filmer la venue de Ségolène à Metz, on me répondit dans un rire "vous devez ? Il faut d'abord demander si vous pouvez !" Ni une ni deux, je relançais aussi sèchement et sûr de moi : "Non non, vous avez bien entendu "on doit"", et d'enchainer non moins sûr : "ce n'est pas moi qui le dit, c'est Ségolène Royal et c'est le Désirs d'avenir national qui m'a demander de me présenter chez vous". Les visages se sont alors fermés et tout le monde s'est volatilisé. Un bon quart d'heure plus tard, le directeur de campagne de Dominique Gros qui nous a reçu, nous a donné sans plus d'explications deux feuilles résumant le parcours qu'elle ferait en soirée, heure par heure, minute par minute... Nous sommes repartis sans trop poser de questions en imaginant qu'ils étaient tous sur le pied de guerre pour l'acceuillir et fatigués par la campagne finissante. Je contactais alors le reponsable Désirs d'avenir de Metz pour l'informer de ce que nous devions faire, il était au courant, lui. Une réunion fut donnée à 16 heure au QG. L'acceuil était cette fois-ci très chaleureux cette fois, mais uniquement par des DA. Conversations amicales et présentations s'enchainaient quand le directeur de campagne est reparu dans la salle, la reponsable de DA Metz lui cria tout sourire, "Ah Antoine, c'est la caméra de Ségolène ! de Désirs d'avenir !", il répondit d'un "ouaiiiiiiii, je sais...." lapidaire et plutôt agacé. Elle lui demandait une place dans le bus officiel pour que je puisse suivre le déplacement et tout filmer. "Ya pu d'place !" répondit-il sur le même ton sans nous regarder. Je me sentais à la fois géné et à la limite de la désillusion. J'étais dans la position inconfortable de l'intrus.
Je n'ai pas insisté, je partais en direction de la gare et contacta le sympathique Philippe du DA national. Après lui avoir raconté la situation, il me rassura et me rappela pour m'informer qu'il venait de briefer Aurélie Filipetti au sujet du bus. Je dois lui sauter dessus à sa sortie du train, j'ai un créneau de 3 minutes pour trouver une place. Quelques minutes avant l'entrée en gare, je ne savais toujours pas comment tout cela allait se passer, sinon que ça irait très vite. Le train arrive, tout le monde se presse, on suit la foule. Luc filme, je vois Ségolène descendre, pas d'Aurélie, la foule commence à se déplacer, je commence à pousser, je m'appuie sur le TGV pour m'approcher de l'entrée. J'ai le vide sous mon pied. Aurélie descend, je lui saute dessus, "Bonjour Aurélie, je suis Thomas, DA, je dois filmer, il me faut une place dans le bus". Un mot au directeur de campagne qui nous avait snobé deux fois en une journée, un grand sourire à Aurélie et deux places dans le bus, carte de presse etc... tout est tombé d'un coup et sans réfléchir on s'est laissé emporté par la tornade comme si on en faisait partie. Dans le bus, entre députés et candidats, je me sentais intrus, je me demandais s'ils s'étaient tous aperçus que nous étions là. Du coup, on a parlé avec le candidat modem(et oui encore lol) et puis avec ceux de Désirs d'avenir et les autres socialistes qui ne disaient rien mais devaient nous prendre pour des conseillers ou des journalistes ou je ne sais quoi encore.... Une femme nous a demandé qui nous étions mais je ne sais si elle a vraiment compris. Autant Désirs d'avenir est un passe partout avec les ségolènistes, autant c'est une entrave avec tous les autres. J'ai bien senti la différence que je ne percevais pas si forte auparavant. A chaque fois qu'on disait DA, on nous répondait "mais vous êtes au PS qd mm ?" Ma situation étant ce qu'elle est, on se sentait coincé entre deux murs au beau milieu d'un torent. On nous a laissé faire ce qu'on avait à faire. Mais on a bien senti que tout était au bon plaisir du prince, ou en l'occurence, de la princesse du jour.
Voilà pour les anecdotes de la semaine. La semaine prochaine je suis à Montbeliard pour la réunion DA Grand Est, je vous confierai mes impressions. Dimanche Arlette Laguiller est à Metz, je vais l'interviewer et lundi 3, c'est au tour de François Hollande de battre le pavé messin... Semaine politique chargée !
A encourager !
Thomas
20:32 Publié dans Autour du pot, Municipales 2008, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, nicolas sarkozy, stylo, roumanie, metz, dominique gros, arcélor-mittal
11 février 2008
Et si l'Europe m'était comptée ?
Bonjour à toutes et à tous,
Et si l'Europe m'était comptée ? C'est la question sur laquelle je me suis surpris à réfléchir cette semaine. Le Parlement sensé représenter la nation française a largement voté un Traité qui n'est autre que la Constitution européenne rebaptisée. Réaction en forme de coup de geule longuement réfléchi.
Le coup de poignard dans le dos qu'ont reçu cette semaine la démocratie et tous les démocrates, avec l'adoption de la Constitution Européenne par le Parlement, contre le choix du peuple, seul détenteur du pouvoir souverain, n'est plus un signale d'alerte mais un coup de grâce porté à l'encontre de l'Europe. Parce qu'en définitive, qu'est ce que l'Europe sans les Européens ? Sans les citoyens qui la composent ? Sans les valeurs de liberté de choix, dire oui ou non à une constitution par exemple, et de démocratie, une personne une voix, qui fondent notre civilisation occidentale ? Comment pourrons-nous nous regarder dans la glace après cette affaire ? Comment aurons-nous encore la légitimité pour faire la morale au monde, nous faire les chantres d'une démocratie que nous ne pratiquons que quand elle va dans le sens des élites ? Comment nous regarderons les autres, quelle autorité morale aurons-nous encore pour parler de démocratie ? Cette semaine nous avons dépassé la démocratie. Certains nous disent que c'est pour le meilleur mais je me méfie toujours des gens qui prétendent savoir mieux que moi ce qui m'est bon. On nous disait déjà ça à propos du CPE en 2006, entre autre... Quand on commence à dire qu'on est plus à même de décider que le peuple, alors on prend une sérieuse option pour un autre type de régime auquel je n'ose penser.
Outre ce dépassement inquiétant, j'ai envie de mettre les partisans de cette Constitution en face de chiffres et de pratiques inacceptables, en face de leurs contradictions. 62 % des Néerlandais ont déjà rejeté ce texte en 2005, il n'y a même pas 3 ans. D'autres Européens ont été privés d'un référendum pourtant promis : leurs dirigeants avaient peur d'un résultat négatif de plus. En France, nous avons été 55% à rejeter ce texte. Remarquons qu'il s'agit d'un résultat plus net que celui de l'élection de Nicolas Sarkozy et ses petits 53%. Dès lors, peu importe que le Parlement représente la France ou pas : comme l'a justement fait remarquer François Hollande, seuls les Français peuvent refaire ce qu'ils ont défait. Comme le disait Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, deux textes identiques ne peuvent pas être soumis deux fois aux Français, surtout dans un intervalle de temps aussi court. Il ne faut pas s'en tenir aux institutions. Il faut reprendre l'Europe concrète, celle des projets, l'Europe par la preuve. Il faut mettre momentanément de côté l'Europe institutionnelle. Les vents tournent et les vestes se retournent... Les mêmes tentent aujourd'hui de justifier précisément le contraire de ce qu'ils nous ont vendu des mois durant. Et si l'élection de Sarkozy rend toute critique de ce faux "mini traité" impossible alors pourquoi encore continuer à s'opposer à la multitude de réformes toutes plus archaïques et rétrogrades les unes que les autres ? Parce qu'il a été élu nous devrions abandonner tout ce que nous avons défendu pendant des mois devant les citoyens ? Abandonner des convictions et des idées qui, en plus d'être populaires dans l'opinion française ET européenne, plaçait la démocratie au dessus de toute autre considération ? Je ne veux pas croire que le citoyen expert et la démocratie participative n'aient été que manipulation de la part de l'establishment socialiste. Moi, j'y crois. Je me suis battu depuis des années pour ces idées. Je continuerai à combattre pour elles, parce qu'elles sont bonnes, justes et modernes.
On ne peut pas faire autrement ? "Si vous ne pouvez rien faire, alors pourquoi voulez vous devenir Président ?" Ségolène Royal, le 2 mai 2007, durant le débat télévisé. Si on ne peut rien changer, alors pourquoi faites vous de la politique ? Le changement "we can believe in", le respect des engagements "yes we can !".
Une Europe illégitime est née cette semaine. Ce diktat européen n'est pas acceptable. Ce passage en force, ce 49.3 de l'Europe, ce court circuitage du vote démocratique est illégal. Nous entrons dans l'ère de l'Europe Illégale. Je combattrai cette Europe et ses pratiques. Je n'accepterai jamais cet état de fait. Je considèrerai tout ce qui émanera de cette Europe comme tout aussi illégal que ses propres institutions. On a assassiné mon Europe cette semaine. Pire, on a piétiné la démocratie. Nous sommes bel et bien en résistance.
Revanche !
Thomas
01 février 2008
L'Arc-en-ciel effondré
Bonjour à toutes et à tous,
Ca y est, ce qui devait arriver est arrivé : l'Arc-en-ciel s'est effondré ! Ses 7 couleurs si dissemblables se sont désolidarisées. Sa clef de voûte a cédé. Il ne reste plus aujourd'hui d'Iris qu'un pâle souvenir, celui d'un rêve improbable, celui d'un espoir déçu de plus. Après l'échec de la refondation du travaillisme britannique, dont le soutien à Nicolas Sarkozy démontre, s'il le fallait encore, la dérive conservatrice, après la défaite historique des sociaux-libéraux suédois dont le "modèle" était devenu un étendard pour tous les libéraux de gauche, avant l'échec annoncé du socialisme autoritaire espagnol aux prochaines législatives de mars, le dernier modèle possible de la Gauche de gouvernement, l'Arc-en-ciel italien, vient tout juste d'être liquidé en bonne et dûe forme. Cet effondrement marque la fin d'un cycle pour la Gauche européenne en général, pour la Gauche Française en particulier. Je le redis une fois de plus, il va falloir tout reprendre à zéro, tout réinventer : valeurs, idées, stratégies. Soyons exigents avec nos hommes et femmes politiques, ne laissons rien passer, c'est le moment d'affirmer ce que l'on veut et ce qu'on ne veut plus. La marche vers le pouvoir s'annonce longue et difficile pour nos valeurs, le changement dans la vie quotidienne des gens d'autant plus lointain...
L'impossible arc-en ciel. Tout le monde semble s'étonner de la chute du gouvernement Prodi, comme si personne n'aurait pu le prévoir ! Pour une certaine Gauche Française, la coalition Prodi était devenu plus qu'un modèle, un emblème, une ligne... On est tout de même en droit de se demander si un modèle dont l'espérance de vie ne dépasse pas deux ans peut encore être qualifier de "modèle" ? Toujours est-il qu'il l'était devenu, notamment pour son Arc-en-ciel. L'Arc-en-ciel était en fait le surnom de l'Unione : un agrégat des plus baroques rassemblant sous une même bannière toutes les formations de la Gauche italienne allant des anciens communistes aux centristes catholiques en passant par les socialistes. Il était devenu le symbole de l'ouverture de la Gauche au "Centre" et de la lutte contre le système Berlusconi. Le représentant de cet Arc-en-ciel, Romano Prodi avait été désigné par des primaires ouvertes non seulement aux militants mais également aux sympathisants de toutes les Gauches moyennant contribution et signature. C'est ainsi que plus de 4,3 millions de personnes ont élu Romano Prodi candidat de leur camp à la Présidence du Conseil italien, rendant légitimement un peu de pouvoir aux citoyens. En plus de l'élan politique donné au candidat élu (et non désigné), cette primaire constitue une véritable bouffée d'air démocratique dans le monde actuel. C'est ce qu'on appelle depuis : les "Primaires à l'italienne". On voit bien ici pourquoi certains, en France, tentent de capter à leur profit toutes ces nouveautés, ou plutôt ces tentatives de nouveautés puisque l'échec est, au final, d'autant plus singlant. Tiraillée entre ses multiples tendances et sous tendances, la coalition s'est révélée plus efficace à prendre le pouvoir qu'à l'exercer. Ceux qui avaient érigé le gouvernement Prodi en modèle doivent aujourd'hui en tirer toutes les leçons...
Retour vers le futur. Et si l'Arc-en-ciel n'était, en fin de compte, que le pendant Francais de la "Gauche plurielle" à la sauce italienne ? Et si l'union des Verts, du Mouvement Citoyen, des Radicaux de Gauche et des Socialistes était cet Arc-en-ciel français ? Une différence il est vrai, la cohésion politique de la coalition française et l'orientation de son programme, donc son efficacité globale (même si on peut critiquer la dite orientation). Et si Romano Prodi, que tout le monde a pris pour symbole de la Gauche européenne moderne n'était finalement qu'une pâle copie de notre Jospin national ? Austère, compliqué, sans grand charisme et à l'âge avancé. Capable, certes, mais incompréhensible. Diplomate c'est certain, il faut l'être pour diriger une coalition aussi diverse autant que la Commission européenne, mais décidément pas convainquant. Lionel Prodi, Romano Jospin ? Et si ce qu'on prenait pour un modèle d'avenir n'était que nostalgie de notre propre passé ? Bien entendu, l'architecture des institutions italiennes sont différentes, bien sûr que la durée de gouvernement et les obstacles que les deux gouvernements ont rencontré ne sont pas tous les mêmes (quoi que, le Pacte Civil de Solidarité et les problèmes du système éducatif me rappellent quelques souvenirs...) mais je crois qu'on peut dire sans sourciller que la chute de Prodi représente l'échec de la Gauche plurielle italienne tout comme la chute de Jospin a été celle d'un Arc-en-ciel français qui ne disait pas son nom.
Ce que je retiens (sic). Toute alliance stratégique permet d'obtenir le pouvoir mais pas forcément d'exercer le changement attendu par l'électorat, par les citoyens. Or le changement est le but premier du combat politique. Ce qui est une force pour faire tomber l'adversaire devient une faiblesse au moment de gouverner. L'hétérogénéité d'une coalition signe l'immoblisme de son action. Pour pouvoir mettre en place le changement attendu, il faut par conséquent une force homogène et rassemblée derrière un porte-parole, et non un chef. De la même manière, on ne parlera pas non plus de "discipline" à l'égard d'un chef, c'est au porte-parole de convaincre d'abord son propre camp : on ne peut pas obliger des citoyens à penser certaines choses plutôt que d'autres. Ce n'est pas parce que, dans un Parti, une majorité de militants choisissent une ligne que ceux pensant différement doivent taire leurs convictions. Au contraire, la force d'un Parti tient à la vigeur de sa démocratie interne. Dans une démocratie, il y a débat permanent et différentes positions qui sont toutes légitimes. Si l'Arc-en-ciel, dans sa conception actuelle consistant à résumer l'innovation par l'intégration de centristes introuvables à une coalition déjà bien fournie en formations comme en idées, introduisant une division suplémentaire dans le système de valeurs de la Gauche, est naturellement perçu comme une belle image, il ne faut pas oublier que celle-ci ne permettra en rien, une fois aux responsabilités, de masquer l'immobilisme qui est inscrite dès sa formation. Enfin, l'expérience de la "Primaire à l'italienne" m'apparait quant à elle concluante. Elle va tout à fait dans le sens du Nouveau Compromis, recules économiques contre avancées démocratiques, que j'essaye de vous faire partager.
Ce qu'il faut à la Gauche pour à la fois conquérir le pouvoir et exercer réellement le changement c'est donc un rassemblement sur un programme et non sur un calcul politique ou sur une entente éphémère. Une alliance politique et non une alliance stratégique ou personnelle. La déception et les désillusions que produisent chez les électeurs une mauvaise politique, une politique immobile, est certainement beaucoup plus grave qu'un échec à une élection. Au moins, quand l'adversaire gagne, on sait toujours à quoi s'attendre...
A suivre...
Thomas
22:25 Publié dans Europe et pays européens, Institutions, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Romano Prodi, Primaires, Arc-en-ciel, Centre, MoDem, Gauche Plurielle, Lionel Jospin
24 janvier 2008
Pour un Nouveau Compromis
Bonjour à toutes et à tous,
L'actualité est lourde depuis quelques jours : passage en force sur la constitution européenne, licenciement purement financier de 600 à 700 personnes chez Arcelor-Mittal à Gandrange en Moselle, démocratie participative mise à mal par ses propres promoteurs, crise boursière internationale, fraudes bancaires de plusieurs milliards à la Société Générale, la mondialisation qui impose en toile de fond ses conditions aux Etats, rigidité et inadaptation de nos institutions... Autant de phénomènes ou de nouvelles qui me conduisent à réfléchir aujourd'hui sur la possibilité d'un Nouveau Compromis.
Une "modernisation rétrograde" de notre pensée économique et sociale. Cela m'amuse toujours beaucoup de voir, en particulier à gauche, quelques grandes figures nous expliquer que la modernité c'est d'être plus fexible, plus mobile et finalement que la sécurité de l'emploi est quelque chose d'archaïque. L'Homme a, de tout temps, eu pour première préoccupation sa sécurité. Cela fait partie de son instinct. Il en a besoin. C'est une nécessité. Dès lors, depuis quand être plus moderne c'est être moins humain ? Depuis quand la flexibilité et la mobilité favorise-t-elle l'épanouissement d'un homme au sein d'une société dans laquelle il doit, pour y parvenir, tisser et entretenir des liens d'amitié et interpersonnels forts, dans laquelle il veut fonder une famille solide et la protéger ? L'homme, pour être heureux, a besoin de sécurité et de stabilité. La vraie question qui se pose alors est la suivante : est-ce archaïque que d'être heureux ? On pourrait le penser si on les écoutait sans réfléchir un peu...
Pour ma part, j'estime cette prétendue modernité qu'on nous vend à longueur d'émissions télé, de journaux ou de slogans politiques inhumaine et par conséquent rétrograde. La modernité, aujourd'hui, c'est l'employé klinex, l'ouvrier, le mineur malade d'une vie de labeur et mourrant quelques années avant ou après sa retraite, les cadres à code-barre. "Je sens bien qu'on a pressé l'orange, il faut que je pense à sauver l'écorce" écrivait Voltaire à propos de Frédérick II de Prusse peu avant sa fuite du Sans-souci de Potsdam. Cela pourrait être l'état d'esprit du travailleur du XXIième siècle. Dépersonnalisation totale des travailleurs et interchangeabilité des postes sont devenus la règle. La mobilité est devenue horizontale, on sort d'une entreprise quasiment au même niveau que celui par lequel on y est entré et les perspectives de carrières se réduisent drastiquement. Un fils de PDG devient PDG à son tour, même s'il n'en a pas ni les qualités ni les capacités. Un fils d'employé deviendra employé à son tour, même s'il a plus de capacités que son père et que son PDG réunis. Toute remise en cause du système est interdite, ce serait cracher dans la soupe (nous dit-on). Acceptez votre condition telle qu'elle est, vous vivrez plus heureux. Le profit doit être décomplexé, la consommation à outrance assumée, l'entreprise c'est la liberté... Et mon cul, c'est du poulet ? Voilà la réalité, mais est-ce vraiment une modernité ? Je ne le crois pas.
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Le délitement de notre démocratie. La mondialisation influe sur notre économie et notre société mais provoque également un certain nombre de modifications de nos systèmes de gouvernement. Si la démocratie représentative était certainement le meilleur moyen de gouverner la France des années soixantes, force est de constater qu'avec la troisième mondialisation, le transfert de pouvoirs fondamentaux aux institutions européennes et le raidissement des institutions de la Cinquième République depuis quelques années, elle semble aujourd'hui totalement inadaptée aux nouveaux enjeux. Elle ne se suffit plus à elle-même et doit être approfondie. L'équilibre national est rompu, les personnes que nous élisons n'ont plus le pouvoir de changer les choses mais seulement d'appliquer les directives européennes, les résolutions des grands sommets et des grandes institutions internationales. Les membres de ces institutions ne sont pas élus ou tellement indirectement que le sang démocratique s'est dissout dans les veines administratives. C'est la définition même de la Technocratie, le pouvoir aux techniciens et aux diplomates sans légitimité populaire aucune.
Aujourd'hui, la réalité du pouvoir n'appartient plus aux citoyens. C'est un fait. La réalité du pouvoir appartient à des gens nommés opaquement et dont le pouvoir n'est pas réellement contrôlé. Le pouvoir est à la Commission européenne qui gère la machine administrative. Il est à la Cour de Justice de l'Union qui fait la loi et juge les Etats. Il est à la Banque Centrale Européenne qui dirige la politique monnétaire librement. Sans oublier les Conseils d'Administration des grandes entreprises et grand organismes internationaux comme le Fond Monnétaire international, la Banque Mondiale, l'Organisation Mondial du Commerce, qui orientent réellement notre politique économique... Le citoyen ne fait qu'élire des gens chargés de nommer aux fonctions ces techniciens, ces diplomates. Ils sont aussi chargés d'appliquer les décisions prises en haut, ou plutôt à faire passer la pilule des recules qui sont entrepris dans les domaines sociaux et culturels. On amuse les citoyens grâce à des Coupes du monde, des Jeux Olympiques. On détourne leur attention par des appats comme la vie sentimentale du chef de l'Etat ou des débats sociétaux mineurs comme le "mariage pour tous" ou le débat sur les OGM qui, même s'ils sont en eux-mêmes importants, ne sont pas fondamentaux pour définir le modèle de société globale que nous voulons créer... Panem et circensis. Du pain et des jeux. Paul Veyne avait donc raison... Nos élus servent enfin de fusibles, de soupapes, qui protègent ceux qui tiennent la réalité du pouvoir : ceux d'En-Haut. Finalement, je l'écris sans avoir le sentiment d'exagérer, on peut dire qu'aujourd'hui le pouvoir des citoyens est en train de leur filer entre les doigts. Ce n'est pas la dictature, le despotisme ou la monarchie qui nous menace, c'est la soumission des élus aux dirigeants économiques et aux techniciens du pouvoir, aux spécialistes : la Technocratie.
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Le Nouveau Compromis. Mon sentiment est qu'on ne peut pas imposer des recules économiques et sociaux, parce qu'il s'agit bien de recules que cette prétendue modernisation, sans compensations. Celles-ci, je ne les vois que dans des réformes démocratiques. Plus de démocratie dans le fonctionnement de notre République. Plus de démocratie dans le fonctionnement de l'Europe. Plus de démocratie dans le fonctionnement de nos entreprises. Plus de démocratie dans le fonctionnement de nos administrations locales, nationales, continentales et internationales. Il ne faut pas avoir peur de l'avis des citoyens. Il ne faut pas avoir peur du vote. La démocratie n'a pas peur du peuple.
Concrètement, un droit du travail plus souple appelle un fonctionnement de l'entreprise plus démocratique. Pour laisser l'OMC, le FMI, la Banque Mondiale, voire les membres de l'Assemblée de l'ONU eux-mêmes, continuer à nous imposer de nouvelles règles, il faut que ses dirigeants soient directement élus par les citoyens du monde. Pour que l'Europe puisse continuer à marcher et ses décisions acceptées par les citoyens, il faut que la Commission soit élue par le Parlement européen, que ce soit le Parlement qui fasse la loi et vote le budget et que la Banque centrale européenne soit rattachée directement à la Commission européenne. Il faut enfin que la légitimité du Parlement Européen soit renforcée par une date unique des élections législatives européennes et des droits de veto sur les décisions de la Commission, de la Cour de Justice, de la BCE et pourquoi pas du Conseil Européen !
Au niveau national, pour qu'on accepte les décisions du Parlement, il faut qu'il représente la société. Il faut un Parlement élu, à la manière allemande, à 50% au scrutin majoritaire, à 50% au scrutin proportionnel. Il faut également clarifier les pouvoirs. Qui fait quoi ? Clarifier les pouvoirs des gouvernements par rapport aux insitutions internationales, par rapport à l'Europe. Clarifier les pouvoirs du chef de l'Etat par rapport au Premier Ministre et aux Ministres. Les pouvoirs de l'Assemblée par rapport aux deux précédents. Localement, comme le souligne le rapport Attali, il est évident que le département, même s'il suscite beaucoup de passions, n'est plus un espace adapté à une France moderne. Devenu l'antichambre du Sénat, ils sont de véritables maisons de retraites politiques provinciales... C'est la Région qui devient le maillon essentiel entre l'Etat et les Communes. Les compétences des départements devraient donc être distribuées entre Communes et Régions. Les Communes françaises sont aussi beaucoup trop nombreuses, leur nombre doit être réduit par leur fusion dans le cadre des Pays, territoires de projets, territoires historiques, et non dans les communautés d'agglomération comme le suggère le rapport Attali. Cela me paraîtrait plus judicieux.
La prise de décision doit enfin se démocratiser. A la démocratie représentative, deux niveaux de démocraties doivent être ajoutés. La démocratie participative à tous les niveaux : mondial, continental, national et régional. Par démocratie participative j'entends la construction d'un dialogue constant entre citoyens et élus (et non techniciens ou experts !) afin d'améliorer l'adaptation des projets pour lesquels ils ont remporté la majorité des suffrages, aux réalités du terrain. Au niveau local, je suggère la création de véritables Cités, avec un pouvoir plus direct, notamment pour le budget de la ville et pour les grands projets urbains au centre comme en périphérie. La place du Conseil Municipal doit être reforcée et rééquilibrée par rapport à celle du Maire. Il doit devenir la clef de voûte garantissant l'équilibre entre la direction citoyenne et l'incarnation de la cité qu'est le Maire.
Je pense que ceux qui croient pouvoir faire accepter, avec cette prétendue modernisation de l'économie, avec ce transfert toujours plus important des pouvoirs de la nation à des institutions européennes et mondiales non-élues, sans donner plus de capacité, de droit de regard, de pouvoir de décision aux simples citoyens, se trompent lourdement. L'exemple le plus représentatif étant la manière dont l'Europe est en train de baffouer le vote démocratique des citoyens sur la Constitution Européenne. Les citoyens regardent, s'informent et n'accepteront pas tout indéfiniment. Ils ne sont pas stupides et perçoivent très nettement ce déséquilibre. En ce début de XXIième siècle, qui l'eut cru, c'est la démocratie qui est en danger. Un Nouveau Compromis s'impose : recules économiques contre avancées démocratiques.
En définitive, deux questions sont ici posées. La question de la modernité tout d'abord. Qu'est ce que la modernité ? Je répondrai simplement que la modernité est le moyen du changement. La modernité, c'est ce qui permet de rendre le plus grand nombre de personnes heureuses. Elle doit être le but unique du combat idéologique et politique. La question de la démocratie ensuite. Qu'est ce que la démocratie ? La démocratie, c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Tout autant que d'ignorer l'avis des citoyens, baffouer leurs choix est aussi baffouer la démocratie.
A Réfléchir, à enrichir, à voir...
Thomas
23:10 Publié dans Europe et pays européens, Institutions, Propositions, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mondialisation, Démocratie, Modernité, Europe, Institutions, Paul Veyne, Voltaire
17 janvier 2008
Le potentiel de Bien-être
Bonjour à toutes et à tous,
Ces jours-ci, du côté des Français, on entend beaucoup parler de "pouvoir d'achat". Ils ne seraient pas content du leur... Quelle Surprise ! De son côté, le Président qu'ils ont largement élu applique le programme pour lequel il l'a été : franchises médicales, poursuite des privatisations sauvages, suppression de la durée légale du temps de travail, paquet fiscal de 15 milliards d'euros aux plus riches... Il se voulait le Président du "pouvoir d'achat", il se retrouve Président de ceux qui l'ont déjà. Facile me direz-vous. Je vous répondrai qu'on a le Président qu'on mérite et suggère à ceux qui se réveillent aujourd'hui de lire les programmes la prochaine fois, on ne sait jamais, ca pourrait éviter quelques surprises... Allez, j'arrête ici les injonctions sur des faits qui appartiennent aujourd'hui au passé. Il ne sert à rien de le refaire, c'est une perte de temps. Prenons simplement note pour la suite et réfléchissons ensemble pour demain, seule chose qui compte.
Aujourd'hui : le "pouvoir d'achat". Nicolas Sarkozy voulait être le Président du "pouvoir d'achat". Formule d'autant plus singulière qu'elle est combinée avec la fonction de magistrat suprême du pays. Apparament, elle n'a surpris personne. Et pourtant, elle est lourde de sens... Qu'est ce que le "pouvoir d'achat" au fond ? Si le pouvoir c'est d'avoir la capacité, l'autorité, la possibilité, le droit aussi, de "faire" et si l'achat est l'action d'acheter, ce qui sous entend avoir au préalable de quoi acheter, le "pouvoir d'achat" serait donc la capacité d'acheter, la possibilité d'acheter, le droit d'acheter.... Vous me direz que j'enfonce des portes ouvertes... Mais plus qu'acheter cela signifie aussi qu'être le Président du "pouvoir d'achat", c'est être le Président dont le seul but est de donner de l'argent à ses concitoyens. C'est en quelques sortes l'aboutissement du libéralisme que d'être ce Président puisque cela signifie que tout l'appareil politique, de la base au sommet, serait mobilisé au service de l'appareil économique. Le politique au service total de l'économique. Nicolas Sarkozy voulait être le Président du "pouvoir d'achat", il fallait comprendre le "Président de l'argent".
En définitive, qu'est ce que le 'pouvoir d'achat' sinon l'accumulation de l'argent ? La capacité à acheter toujours plus, à consommer toujours plus, à jeter toujours plus, à polluer toujours plus aussi. La capacité pour celui qui l'a de faire tout ça toujours plus rapidement. Plus. Encore Plus. Toujours Plus. Comme si, parce qu'on avait beaucoup et très vite tout ce dont on rêve était synonyme de bonheur. Comme si la quantité compensait la qualité. Comme si le plus vallait le mieux. Vous l'aurez compris, je ne fais pas partie des personnes qui pensent que ceux qui ont beaucoup sont forcément plus heureux que les autres. Comme disait Gandhi, "vivre simplement pour simplement laisser vivre". Or, ce qu'on oublie trop souvent, c'est que le but des politiques publiques n'est certainement pas de faire vivre les citoyens dans le superflux, pour ne pas dire le superficiel, mais d'en rendre un maximum heureux, de les faire s'épanouir au sein d'une société harmonieuse matériellement mais aussi psycologiquement. De ce point de vue, se proclamer Président du 'pouvoir d'achat' n'est pas un gage de bonheur. "Pouvoir d'achat" n'est pas synonyme de bien-être et l'action du politique ne peut pas se réduire à suppléer les grands patrons, les actionnaires, et leurs machines à produire des inégalités.
Demain, je l'espère : le "Potientiel de Bien-Etre". Puisque le concept de "pouvoir d'achat" ne convient pas, pas plus que celui de croissance, il nous revient d'inventer un nouveau concept qui réponde mieux au but de l'action politique et publique : l'épanouissement du citoyen et pas seulement sa capacité à "gagner plus". Indicateur d'une croissance durable car préservant la planète et la société pour les générations futures, ce potentiel permettrait enfin d'apprécier la croissance réelle d'un pays et non pas seulement sa croissance économique, qui se fait bien souvent dans le cadre de la mondialisation financière et au détriment des plus faibles comme des travailleurs. Il serait un instrument de mesure à la fois de la croissance économique, de la croissance sociale et de la qualité de l'environnement. Economiquement, il pourrait prendre en compte l'évolution du "pouvoir d'achat", la croissance économique. Socialement, il pourrait prendre en compte le taux de chômage, l'évolution du moral des citoyens, l'évolution démographique notamment la natalité ou le taux de personnes vivant seules. Ecologiquement, on pourrait prendre en compte l'évolution de la qualité de l'air, de l'eau, des régimes alimentaires... Ces listes ne sont pas exhaustives, elles servent surtout à illustrer ma pensée. Bien entendu que le bonheur est difficile à mesurer et l'indice ne serait utilisable qu'avec beaucoup de précautions dans les premiers temps mais je fais confiance à nos chercheurs pour les affiner avec la pratique. Dans tous les cas, parler de "potentiel de bien-être" aux citoyens plutôt que de croissance ou de "pouvoir d'achat" constituerait une vraie mutation dans nos sociétés sous influence psycologique des grandes transnationales et de la logique de marché. Le bonheur du plus grand nombre, voire de tous, il est là l'objectif premier du combat politique.
Entre un "pouvoir d'achat" inadapté aux nouveaux enjeux mondiaux et une croissance qui ne se traduit plus ni socialement ni écologiquement, le "potentiel de Bien-Être" serait donc un outil essentiel pour gouverner au XXIième siècle et permettrait le recentrage des objectifs des nouvelles sociétés et de la réflexion politique sur nos valeurs : nous avons aujourd'hui le Président de l'argent, je fais le voeux que le prochain soit le "Président du Bien-Être".
A méditer.
Thomas
21:45 Publié dans Propositions, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bien-être, Pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy, Argent, Gandhi
11 janvier 2008
Le changement
Bonjour à toutes et à tous,
Aujourd'hui, j'ai envie de dépasser les frontières et les océans. Aujourd'hui, j'ai envie d'aller de l'autre côté de l'Atlantique et de vous parler des Etats-Unis. Et oui, il se passe encore quelque chose en dehors de notre microcosme franco-sarkozo-français, cela méritait bien un article :-)
***
J'ai toujours eu un sentiment ambivalent face aux Etats-Unis. Sa courte histoire pourtant si grande. Ses mentalités mêlées de pionniers mais aussi de puritains et de libéraux, de communautarisme et d'individualisme. Ses persécutions, les dos mouillés, Guantanamo, le Ku Klux Klan... et ses rêves, l'or de l'Ouest, la lune, le self made man... Mais les Etats-Unis sont surtout ses grands espaces de l'Atlantique au Pacifique et ses magnifiques paysages des hauteurs des grattes-ciel de NYC au grand canyon et aux chutes du Niagara, de l'étendue fertile des grandes plaines battues par les vents aux steppes du désert mexicain rafraichies par les climatiseurs, de la Louisiane traditionnelle des Cajuns aux cols blancs de la Silicon Valley... Cette diversité et ces contrastes m'ont toujours attirés, intrigués même si intrigue n'est pas admiration béate ! Les Etats-Unis restent le pays de la démesure, du bien comme du mal, du meilleur comme du pire. On dit qu'on peut décrire qui est une personne sur le simple examen de sa bibliothèque et que celle-ci serait parmi nos biens les plus intimes ! Si c'est le cas, dans ma bibliothèque, ouverte à tous, vous pourrez constater que les Etats-Unis en occupent un bon tiers, à côté de l'Europe et de la droite Française essentiellement. Je vous laisse juge des déductions et analyses à apporter...
Plus précisément, j'ai toujours été fasciné par l'architecture des institutions américaines, leur solidité, leur pérénité. Elles paraissent presque monolitiques, figées à jamais dans l'histoire par Jefferson, et pourtant, elles nous montrent ces derniers jours qu'elles sont à la pointe de la respiration démocratique avec une réelle et salutaire capacité de renouvellement. Que dire d'un système dans lequel tout le monde est élu par le peuple, du shérif et du juge au Président Fédéral ? Que dire d'un système dans lequel l'inconnu d'hier peut devenir le Président de demain ? Sans fermer les yeux ni sur les dérives de financement ni sur l'utilisation abusive des médias, c'est la clef de la longévité de cette Constitution presque parfaite depuis plus de deux siècles. Que pouvons nous dire, que pouvons nous faire, nous, Français, au pays de Montesquieu, 260 ans après la publication de L'esprit des lois, quand nos pouvoirs ne sont toujours pas séparés, quand nous commençons seulement à mettre en place des primaires pour désigner nos candidats, quand nos notables sont pour la plupart nommés, quand notre Président est toujours irresponsable et quand nous avons subi plus d'une dizaine de Constitutions depuis 1787 ? Pas grand chose sinon prendre des notes...
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Mais revenons à nos ânes et à nos éléphants... Revenons sur les candidats à la location de la White House et le déroulement des Primaries. Le suspens est de mise, des deux côtés, pour le plus grand plaisir des journalistes, des instituts de sondages et, il faut bien le dire, des observateurs dont je suis ! Moi qui, en général, préfere les challengers plutôt que les leaders, j'en ai pour mon compte.
Chez les Républicains d'abord. Mitt Romney est un milliardaire mormon, homme des Bush... tout pour plaire en somme... Il était déjà célébré comme le grand favori pour obtenir l'investiture. Depuis le début du processus, sur trois Etats, il n'a remporté que celui du Wyoming, le moins peuplé de tous et par conséquent celui envoyant le moins de délégués à la Convention qui élira le candidat. Le jeu est très ouvert puisqu'il a en face de lui un duo de choc avec Mike Huckabee, ancien gouverneur de l'Arkansas, ancien obèse (ça compte aux usa !), pasteur, antiavortement, antimariage pour tous, anti..., anti..., anti... mais pour le maintien des troupes en Irak ! Sur le plan économique, il est nettement moins libéral que la moyenne, ses positions se rapprochant parfois de celles des démocrates. Il a remporté le caucus de l'IOWA, troisième dans le New Hampshire, les sondages le donnent en tête dans les Etats du vieux sud et des grandes plaines. On dit qu'il pourrait former un ticket comme Vice Président de l'autre membre du duo : le revenant John Mac Cain (pas celui des frites longues et craquantes, je précise pour les obsédés des subtilités culinaires lol), vétéran du Viet Nam, critique dès le départ sur la guerre en Irak, opposant à Georges Bush aux primaires de 2000. Donné perdant il y a quelques mois, le vieux sénateur vient de remporter la primaire du New Hampshire et semble en bonne posture pour s'imposer. Rudy Giuliani, enfin, l'ancien maire de NYC, celui du 11 septembre, celui qui a réduit sensiblement la criminalité dans les rues de Big Apple a été classé loin derrière lors des trois premières consultations. En fait, il mise sur les grands Etats comme la Floride, la Californie et bien entendu New York qui n'interviendront qu'à partir du 29 janvier et surtout du Super Tuesday du 5 Février ! Le jeu est largement ouvert... Mon sentiment est que ces candidats n'ont rien à voir avec ce qu'a pu être la politique de Bush. Ils sont bien plus modérés, semblent bien plus ouverts, bien plus traditionnels en somme... Ma préférence va au Ticket Mac Cain - Huckabee même si Giuliani m'inspire beaucoup.
Chez les démocrates, c'est une autre paire de manche, tout aussi passionante, toute aussi incertaine. Les rapports de forces y sont différents. Même si le nombre de candidats est sensiblement identique, tout tourne autour de Hillary Clinton, Barack Obama et John Edwards. Les autres sont plus ou moins Out. Le processus de primaire est différent de chez les républicains puisque le Wyoming votera après le Super Tuesday du 5 février. Deux Etats ont d'ores et déjà choisis leur champion : l'IOWA et le New Hampshire.
La grande favorite était a priori Hillary Clinton, femme de l'ancien président, sénatrice de New York apparament très impliquée dans la commission des affaires étrangères, entre autres. Je ne sais pas si nous avons rêvé ou pas, j'ai l'impression qu'Hillary est candidate depuis que son mari a quitté la White House. Les Français voient tous Hillary Présidente des Etats-Unis depuis des années... Ca parait d'une évidence à tout le monde. Ca parait tellement naturel. Les journalistes Français se sont concentrés sur elle, à la télé comme dans la presse, dans les film aussi ! Son ombre a même plané sur la présidentielle Française dans le parallèle avec Ségolène Royal. De la même façon, il ne semble pas invraisemblable que son éventuelle élection ait une incidence sur notre vie politique... Ainsi, dominant les sondages depuis des mois, l'ex First Lady semble en difficulté depuis la mi-décembre et s'est même vu classée troisième au caucus de l'IOWA derrière John Edwards et surtout, Barack Obama.
IOWA, "beau pays" en indien : ça ne pouvait être qu'un Etat pour Barack Obama. Le challenger, charismatique sénateur de l'Illinois, porte le verbe haut, très haut, entrainant avec lui les jeunes et l'enthousiasme de la presse mondiale. Surtout depuis son coup d'éclat. Il n'est "que" sénateur. Il est aussi métis "d'un père du Kenya et d'une mère du Kansas avec une histoire qui ne peut se passer qu'aux Etas-Unis d'Amérique !" comme il le dira si bien lors de son discours de victoire. Ce retournement est suivi d'un second, plus à l'Est, dans le petit Etat du New Hampshire. Tout le monde donnait Obama gagnant, et de loin ! Pourtant c'est Hillary qui l'emporte. Comme quoi le sondage ne fait pas l'élection... Compteurs à zéro, tout est à refaire. Seul John Edwards, ex co-listier de John Kerry en 2004, semble distancé. Vers qui se tournera-t-il ? Et surtout, quand se tournera-t-il ? Les prochaines échéances sont les primaires du Michigan, elles ont été invalidées avant même de commencer pour querelle sur la date de leurs tenues... Trois Etats seront donc décisifs avant le Super Tuesday, qui devrait désigner définitivement le candidat du parti : le Nevada, premier Etat à forte concentration hispanique, la Caroline du Sud, avec une forte proportion de populations noires et enfin la Floride, premier grand Etat des primaires, qui avait été décisif lors de l'élection de 2000. Mon sentiment est que les jeux sont, ici aussi, très ouverts, tout peut sortir du chapeau et rebondir ! Au moins jusqu'au 5 février... à suivre !
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Face à cet événement dont les conséquences toucheront la planète entière, je ne peux m'empêcher, avant de vous laisser, de faire un parallèle avec ce que j'ai déjà vécu en France et ailleurs. Les démocrates, puisque c'est eux qui m'intéressent particulièrement, ont un choix cornélien à faire. Choisir entre l'expérience et l'espoir. Quelle torture !
Cela ne vous rappelle rien ? La primaire socialiste de 2006 bien entendu. Royal représentait l'espoir, l'engouement et les sondages au beau fixe, donc la possibilité aux yeux des citoyens de gauche de voir élu à la présidence un des leurs et, surtout, de battre l'ennemi juré : Nicolas Sarkozy. On sait combien l'espoir a été d'autant plus déçu qu'il était enthousiaste et sincère... Celui qui laisse espérer beaucoup, sans avoir le bagage pour concrétiser ses paroles, déçoit beaucoup. C'est une vraie leçon. Cependant, il y a tout de même une différence de taille entre Royal et Barack car s'ils représentaient tout deux l'espoir, Barack possède un don d'orateur exceptionnel qui a fait défaut à Royal. Manier les phrases, les mots et les sentiments est une qualité indispensable pour tout candidat engagé dans une course électorale et là où Royal peinait visiblement lors de ses meetings, Barack semble emporter les foules par sa vitalité pleine d'énergie. La parole bien maniée est un auxiliaire de poids pour combler les déficits de toutes sortes...
En face de Royal, l'expérience : Fabius, DSK mais aussi Sarkozy ! En face d'Obama, l'experience : Hillary Clinton et probablement le républicain John McCain. Le problème de tous ces expérimentés, c'est que l'expérience ne s'aquiert que par l'exercice du pouvoir. Deux inconvénients : les casseroles, puisque gouverner c'est aussi assumer, erreurs comprises, et surtout, on ne peut plus représenter le changement par sa simple personne, par de simples mots. On ne peut plus incarner ce qui fait le sens (de moins en moins, il est vrai) de l'engagement politique. Or, que peut-on faire espérer, que peut-on promettre, comment peut-on faire "Croire au changement" alors qu'on gouverne déjà ? C'est toute l'équation que doivent résoudre nos politiques aussi bien en France, qu'aux USA ou ailleurs : accumuler une expérience précieuse tout en se préservant pour pouvoir incarner la force de l'espérance et la tranquille sagesse. Au fond, et au-delà de toutes ces considérations finalement bien peu politiques, je crois que cette sage espérance et cette force tranquille résident d'une part dans la volonté de changer les choses du candidat, beaucoup se contentent du statu quo à des fins personnelles, et d'autre part dans le sérieux de son programme, c'est à dire sa sincérité et non dans un pseudo-réalisme dont la traduction est également le statu quo...
Pour faire croire au changement, il faut d'abord y croire soi-même ! Pour faire le changement, il faut sincèrement le vouloir ! Avis à Barack et Hillary. Avis aux défaits.
Je reviendrai sur cette notion de "changement", qui me semble essentielle pour pouvoir espérer un jour "penser autrement".
A suivre...
Thomas
00:55 Publié dans Etats-Unis 2008, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Barack Obama, Hillary Clinton, Espoir, Expérience, Etats-Unis, changement, Institutions
06 janvier 2008
Réhabilitation de l'honneur
Bonjour à toutes et à tous,
Aujourd'hui, c'est décidé, je fais dans le trash ! Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'honneur. Je ne sais pas pourquoi, c'est un mot qui revient beaucoup dans ma tête ces derniers temps. Ce mot parait tellement anachronique, et pourtant, je pense qu'on en a jamais eu autant besoin. Qu'est ce que l'honneur ? Pourquoi vient elle titiller mes neurones en ce moment ?
L'honneur, c'est d'abord une valeur qui consiste à reconnaitre celle de l'autre. Mon dieu, quelle bravitude ce Sarkozy ! Je l'observe depuis tellement de temps maintenant. Combien de temps j'ai pu le vomir, lui et sa petitesse. Ses petitesses. Combien de temps j'ai pu le combattre, lui et ses expressions déplacées, ses attitudes agressives. Combien de temps j'ai pu le détester pour tout ce qu'il prenait un malin plaisir à détruire : la solidarité, la nation française, la Gauche aussi ! L'honneur de notre pays quand il va se prosterner devant W. Bush, quand il se permet de passer par dessus la parole et les choix du peuple de France à propos du Traité Européen (dont il n'a aucunement l'apanage). Quel culot quand même. Et pourtant... Quel maître ! Celui qui ne le reconnait pas n'en a pas, d'honneur. Voir à quel point il arrive à mener son affaire, même si la direction est mauvaise et les mots, toujours excessifs, ne sont pas moins honteux et dangeureux pour la communauté nationale. Devant lui, ou devrais-je dire en dessous de lui, c'est le néant, il n'y a rien sinon le bruit assourdissant des sifflements du vent et du vide. Je vois des fourmis, que dis-je, des microbes qui, puisqu'on a tapé dans leur ruche tranquille, puisqu'on a tué leur roi et sa reine, vont tous dans des sens opposés. Dans une ruche comme dans une fourmilière, le chacun pour soi est un non sens, il signifie la mort. Et pendant ce temps, Sarkozy a repêché sur sa chaloupe quelques sujets égarrés. Il voyage dans nos journaux comme autour du globe : Chine, Jordanie, Algérie, Europe, Usa... Il a même retrouvé une femme ! Tout ce que je vous raconte est un peu décousu, c'est volontaire. La Gauche n'est elle pas décousue ? On ne va quand même pas me reprocher de vouloir m'insérer au groupe, pour une fois que je fais l'effort... Pour tout dire, la situation me parait tellement pathétique que je préfers en rire qu'en pleurer. Applaudissons quand même le Président pour la maîtrise technique ! A moins qu'il ne faille taper une fois de plus sur les éléphant-e-s* pour tout ce qu'ils font honte aux Français qu'ils sont sensés représenter ?
L'honneur, c'est aussi une valeur qui consiste à tenir parole. Une parole est une parole. Manquer à sa parole en fonction des aléas, c'est perdre son honneur. On peut dire qu'ils sont nombreux ceux qui ont perdu leur honneur ces derniers temps. Aperçus. Je viens de voir Bernard Kouchner sur France 2 ce soir. On peut dire qu'il ne manque pas de culot ce médecin sans frontière. Faire campagne pour un camp et défendre le président sans sourciller pendant 15 minutes chrono, pieds et poings, j'ai rarement vu pire. Je ne lui reproche pas ses idées, mais dans ce cas, il aurait dû faire comme Besson : défendre le projet auquel il croyait. De deux choses l'une, soit il trouvait le projet de Sarkozy meilleur, et alors il devait le défendre, soit ce n'était pas le cas et cela signifie qu'il a laisser ses idées, ses valeurs, ses engagements pour des ambitions personnels, pour un pseudo prestige, par orgueil ou pour l'argent. Dans tous les cas, son honneur, il l'a perdu. Autre cas, non moins troublant : Ségolène Royal. Elle fait encore mieux, si je puis dire. Elle a défendu un projet pendant six mois auquel elle ne croyait pas elle-même. Pas étonnant dès lors qu'elle ait perdu ! Elle travaille depuis près d'un an à contre dire point par point ledit projet. Les smic, les 35 heures, la démocratie participative, le référendum européen... et j'en passe, je ne les compte plus. Tout passe à la trappe. Engagements, valeurs, idées. C'est "l'implosion perpétuelle de l'atomisation de tout et de rien", et je rajouterai "de façon circulaire positive et convergente dans la vertu du dépit participatif" ! (Ben quoi, je fais du Ségolène, qui d'autre pourrait dire ca ? Je m'intègre quoi...) Elle pourrait cependant être championne dans un sport : le tombé de journaliste. Oui, ils sont nombreux ceux qui tombent de leurs chaises dès qu'elle ouvre la bouche. Il faut dire qu'elle ne manque pas de cynisme pour s'autoproclamer messie de la rénovation et proclamer ses ambitions personnelles dans un moment si difficile pour les Français, et pas seulement socialistes, et pas seulement de gauche. Ca me parait tellement indécent que là aussi, je préfers en rire qu'en pleurer. Quel manque d'honneur. Je reviendrais sur la (longue) liste de ses incohérences plus tard, ce n'est pas le sujet...
L'honneur, c'est enfin une valeur qui consiste à reconnaitre ses fautes et les assumer. Je me suis beaucoup trompé ces derniers temps. Politiquement j'entends. Je le reconnais plutôt deux fois qu'une. J'ai d'abord fait l'erreur, mais on ne m'y reprendra plus, de vraiment croire un, en l'occurence une, politique. Horreur, malheurs ! Moi qui disait toujours qu'il fallait garder la tête froide, moi qui disait qu'il fallait jouer avec nos politiques comme eux jouent avec nous, moi qui disait qu'il ne fallait croire personne sauf les idées. Je me suis trompé, j'ai cru en Ségolène, "erreur fatale" ? Je ne sais. Mais ce n'est pas le plus grave. Qui n'est pas tombé dans le panneau du renard ? Qui n'a pas perdu son fromage au moins une fois dans sa vie ? Je me suis autrement et plus lourdement trompé. J'ai fait l'erreur de m'inscrire à nouveau dans un parti. Moi qui n'a jamais rien fait d'autre que dénoncer leurs méthodes, leurs militants souvent fermés sur eux-même, ces notables éléphantesques et dont, sauf exceptions, la médiocrité n'a d'égale que le cynisme. Mais qu'est ce que j'ai été faire dans ce nid aux serpents ? J'ai rarement vu les Socialistes sur le terrain, quotidiennement, jamais je n'en ai vu un rester une journée dehors pour une pétition, je ne vois jamais aucune affiche socialiste (quand on en voit) défendre autre chose que des personnes là où d'autres (les verts, les communistes mais aussi les chevènementistes) défendent presque tout le temps des idées. Comment ai-je pu me tromper à ce point ? Aujourd'hui, c'est décidé, j'assume. Je ne reculerai plus. J'y suis, j'y reste. Je vais essayer de changer les choses, malgré ce que j'ai pu dire ou penser. J'ai un idéal et je vais passer par le réel pour le construire. Je suis aujourd'hui dans un parti et je vais le travailler pour le faire changer.
C'est aussi ça "voir le monde tel qu'il est". Mais le voir tel qu'il est ne sert à rien si on n'a pas l'ambition de le faire tel qu'on le veut : Complètement différent !
Quant à l'honneur, j'en reparlerai très bientôt, c'est une valeur à réhabiliter et ce n'est qu'un début....
Thomas.
* : les élections américaines sont de retour. Le parti de l'éléphant, outre Atlantique, c'est le Parti Républicain, le fameux GOP, Grand Old Party. Parallèle assez piquant s'il en est ;-) Remarquez, en face, ils ne sont pas mieux lotis lol A suivre...
23:20 Publié dans Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : honneur, ségolène royal, bernard kouchner, ethique, valeurs, parti socialiste
02 janvier 2008
Enfumage
Bonjour à toutes et à tous,
2008, interdiction de fumer dans les lieux publics. Interdiction, encore. Ce Nain de jardin va devenir Roi en matière d'interdictions. "Car tel est son bon plaisir". Devenir Roi, un comble pour un nain... Tout cela ressemble à une vieille vanne fumeuse, et pourtant...
Les gens "semblent" apprécier ce nouvel écran de fumée. Moi-même qui n'ai jamais trouvé quelconque plaisir à avaler ce goudron dioxydé, je ne comprends pas comment on peut approuver une privation de liberté supplémentaire alors qu'on nous demande sans cesse des efforts de l'autre côté. Je ne peux pas dire que je n'aime pas nos cafés, ces fêtes, ces styles, ces soirées où les fumées tamisent et diffusent la lumière dans tout l'espace. La brume intérieure ne fait pas tout, certes, mais elle est là, elle fait partie du décor et de ces moments de plaisir. Une soirée sans fumée, c'est comme une fête sans musique, un gateau sans crème... Et je ne parle même pas de ces bons salons narguileh ! Couchés sur nos divans, un thé à la menthe à la mains, l'embout du narguileh dans le bec à regarder un bon match de football, à faire des ronds dans l'air ou à papotter avec les inconnus assis juste à côté. Ambiance chaleureuse. Et toutes ces saveurs. Menthe bien entendu mais aussi citron, fruits rouges, noix de coco, mangue, fraise, pomme qui embaument toute la pièce et imprègnent les vêtements, les tissus, les cheveux... Cela fait partie des endroits les plus conviviaux que je connaisse dans lesquels on parle vraiment aux autres. C'est tellement rare de nos jours ce genre d'endroit, qu'il faut le souligner. Et tout ca c'est aussi grâce à la fumée.
2008, interdiction de fumer dans les lieux publics. Après tout, puisque l'Etat se comporte comme un père ordonnateur, je me dis que c'est parce qu'il considère ses citoyens comme des enfants irresponsables. Je n'aime pas qu'on me dise comment je dois vivre ou pas et je considère qu'infantiliser le citoyen est certainement le meilleur moyen de légitimer toute privation de liberté. Voilà comment du domaine de la santé on passe au domaine des moeurs, et du domaine des moeurs au domaine politique. Finalement, on aboutit au totalitarisme parfait puisqu'il serait légitime, appuyé à coup de sondages approbateurs. Cette méthode est indolore, incolore... Et tout le monde parait content de vivre dans ce monde duquel la vie a été extirpée. Aujourd'hui la fumée de cigarette, demain l'alcool, et après ? Les thrillers ? Les jeux vidéos ? Et pourquoi pas certaines musiques ? Les barbecues dégagent un nombre incalculable de particules bien plus nocives que la fumée de cigarette ! A quand l'interdictions des merguez grillées ? Ils trouveront bien un moyen de nous dire que c'est mauvais pour nous, et il y aura bien un sondage tout frais et "largement" approbateur pour légitimer une nouvelle interdiction. S'il fallait interdire tout ce qui est mauvais pour notre corps, ils devraient commencer par le début : interdire la vie. Après tout l'Homme n'est il pas un loup pour l'Homme ? Tuer l'Homme serait donc un moyen de le protéger lui-même et la planète... Ne rigolez pas, ce raisonnement est de la même accabie que celui utilisé par notre cher Mickey Mouse. Il est simplement mis à nu et sans effet rhétorique.
2008, interdiction de fumer dans les lieux publics. Ras le bol de ceux qui savent, ou prétendent savoir, pour les autres. Aujourd'hui, je veux qu'on me laisse juge de ce qui est bon ou pas pour moi. Je veux qu'on me laisse vivre dans une société qui vit, une société vivante. Pas cette société asceptisée où tout le monde sort du même moule et où chacun doit rentrer dans le sien. L'Homme n'est pas fait pour vivre toute sa vie dans une éprouvette de laboratoire. L'Homme n'est pas condamné à vivre dans un hopital où tout est désinffecté à l'eau de javel, dans une boite hermétique où personne ne se touche et qu'on lui façonne progressivement en lui faisant croire que c'est lui qui le demande. Voilà le nouveau totalitarisme. Il ne cherche pas à contrôler les idées mais les habitudes avec une apparence d'assentiment. Le totalitarisme consentant. Il faut savoir regarder en face ces lois qui ne sont que des écrans de fumée. Elle cachent souvent un plus gros sinistre que ce que les médias et les politiques veulent bien nous montrer. Sachons reconnaitre l'odeur du brulé quand il se présente à nos narines car elle est certainement plus nocive que celle de la cigarette !
Oui à la fumée de cigarette dans nos lieux de vie, oui à la convivialité irremplaçable des bars à chicha et oui au droit de vivre dans un pays qui doit rester vivant !
2008. Je ne vous la souhaite pas bonne, elle ne le sera pas. Autant être lucide.
A très bientôt.
Thomas.
14:15 Publié dans Autour du pot, Europe et pays européens, Institutions, Pauvreté, exclusion, Valeurs et Perspectives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Liberté,


